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A444 ,Sortir de l’abstinence musicale. A444 ,Sortir de l’abstinence musicale.
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A444 ,Sortir de l’abstinence musicale. A444 ,Sortir de l’abstinence musicale.

A444 ,Sortir de l’abstinence musicale.

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Musique
Passage - 17 juin
Sur Facebook
Moko Festival - 26 juin
La Tour Royale - Toulon

Entre la recherche sonore et l’improvisation, la musique du toulonnais A444 est, selon ses mots, ambiante, émotionnelle et mélancolique. Nous l’avons rencontré à l’occasion de sa participation à la première édition de PASSAGE, les concerts en livestream proposés par Stéphane Boudet Santamaria.

Comment définirais-tu ta musique ?

Je la vois comme une musique rituelle, qui accompagne une sacralité que j’ai imaginée. Je suis très attiré par la spiritualité, le recueillement, les formes de méditation, de concentration, le chamanisme ... Quand je fais de la musique, c’est une sorte de méditation, un moyen de me connecter à une force personnelle. Je ne me réfère pas aux grandes religions monothéistes, je vais plutôt piocher des éléments dans les musiques sacrées du monde, par exemple le Mantra, qui est basé sur la répétition, la transe, toutes ces choses que l’on retrouve dans les musiques primitives sacrées. Ce sont des musiques assez simples et répétitives qui permettent à l’esprit de décrocher et de se connecter à une part de soi plus profonde.

Ta musique est plus méditative que dansante alors ?

Oui, totalement. J’essaie de m’adresser à l’esprit, à l’âme. Les rythmes sont là pour guider le corps mais pas pour la danse, plutôt dans une idée d’écoute paisible, de voyage immobile. 

Parle-nous de ton processus créatif ?

J’aime beaucoup travailler les textures, j’assemble des morceaux de sons que je récupère à droite à gauche. J’aime aussi jouer avec les différences de qualité technique : je vais prendre un son sur YouTube, sur une vieille cassette, ou l’enregistrer moi-même avec un micro, etc. et utiliser ces différentes esthétiques. Ce qui m’intéresse c’est de travailler par exemple un son HD avec un son Lo-fi. Il s’agit d’un son volontairement en basse qualité, avec un grain, un souffle, un peu râpé et usé comme un vêtement vintage, ce que je trouve très beau. J’enregistre beaucoup de mes sons sur des cassettes : j’efface leur contenu pour ré-enregistrer par dessus, car j’aime l’idée de me servir des énergies de leur vie antérieure. C’est aussi pour cela que j’aime utiliser des vieux claviers, des vieux synthétiseurs que je choppe sur Cash Converter ou le Bon coin. J’utilise également des outils plus modernes, avec un son plus clean : c’est le mélange des deux qui m’intéresse. Je n’utilise pas d’ordinateur, c’est une volonté de ma part, je n’utilise que mes machines : un sampler, un looper, etc. Lorsque je fais ma musique, j’ai une approche assez visuelle du son, influencée par ma formation aux Beaux Arts. Je raisonne en plans : premier plan, deuxième plan, fond... Je travaille en semi-improvisation. D’un live à l’autre, on va reconnaître des éléments, une esthétique sonore, mais je vais changer la dramaturgie du set. Je ne vais pas mettre en scène mes éléments sonores de la même façon, je vais changer la durée, etc. 

Et ta session pour Passage ?

Je suis content d’avoir été invité et de pouvoir contribuer à cette première mouture du média parce j’aime l’idée de travailler sur la recherche vidéo et de questionner la captation d’un concert live. Plus qu’un DJ set, le live vidéo de par la scénographie ou la direction artistique permet vraiment de rentrer dans l’univers de l’artiste. Ça donne vraiment beaucoup de possibilités. Entre ça et le Moko Festival [ndlr : festival de musique indépendante à la Tour Royale, Toulon] je suis vraiment content de retourner sur scène après un an d’abstinence musicale.

 

Le Bûcher des Incohérences par A444

Juin 2021


Discipline: Articles, Musique



Catégories : Articles, Musique

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Moko Festival - 26 juin
La Tour Royale - Toulon

Entre la recherche sonore et l’improvisation, la musique du toulonnais A444 est, selon ses mots, ambiante, émotionnelle et mélancolique. Nous l’avons rencontré à l’occasion de sa participation à la première édition de PASSAGE, les concerts en livestream proposés par Stéphane Boudet Santamaria.

Comment définirais-tu ta musique ?

Je la vois comme une musique rituelle, qui accompagne une sacralité que j’ai imaginée. Je suis très attiré par la spiritualité, le recueillement, les formes de méditation, de concentration, le chamanisme ... Quand je fais de la musique, c’est une sorte de méditation, un moyen de me connecter à une force personnelle. Je ne me réfère pas aux grandes religions monothéistes, je vais plutôt piocher des éléments dans les musiques sacrées du monde, par exemple le Mantra, qui est basé sur la répétition, la transe, toutes ces choses que l’on retrouve dans les musiques primitives sacrées. Ce sont des musiques assez simples et répétitives qui permettent à l’esprit de décrocher et de se connecter à une part de soi plus profonde.

Ta musique est plus méditative que dansante alors ?

Oui, totalement. J’essaie de m’adresser à l’esprit, à l’âme. Les rythmes sont là pour guider le corps mais pas pour la danse, plutôt dans une idée d’écoute paisible, de voyage immobile. 

Parle-nous de ton processus créatif ?

J’aime beaucoup travailler les textures, j’assemble des morceaux de sons que je récupère à droite à gauche. J’aime aussi jouer avec les différences de qualité technique : je vais prendre un son sur YouTube, sur une vieille cassette, ou l’enregistrer moi-même avec un micro, etc. et utiliser ces différentes esthétiques. Ce qui m’intéresse c’est de travailler par exemple un son HD avec un son Lo-fi. Il s’agit d’un son volontairement en basse qualité, avec un grain, un souffle, un peu râpé et usé comme un vêtement vintage, ce que je trouve très beau. J’enregistre beaucoup de mes sons sur des cassettes : j’efface leur contenu pour ré-enregistrer par dessus, car j’aime l’idée de me servir des énergies de leur vie antérieure. C’est aussi pour cela que j’aime utiliser des vieux claviers, des vieux synthétiseurs que je choppe sur Cash Converter ou le Bon coin. J’utilise également des outils plus modernes, avec un son plus clean : c’est le mélange des deux qui m’intéresse. Je n’utilise pas d’ordinateur, c’est une volonté de ma part, je n’utilise que mes machines : un sampler, un looper, etc. Lorsque je fais ma musique, j’ai une approche assez visuelle du son, influencée par ma formation aux Beaux Arts. Je raisonne en plans : premier plan, deuxième plan, fond... Je travaille en semi-improvisation. D’un live à l’autre, on va reconnaître des éléments, une esthétique sonore, mais je vais changer la dramaturgie du set. Je ne vais pas mettre en scène mes éléments sonores de la même façon, je vais changer la durée, etc. 

Et ta session pour Passage ?

Je suis content d’avoir été invité et de pouvoir contribuer à cette première mouture du média parce j’aime l’idée de travailler sur la recherche vidéo et de questionner la captation d’un concert live. Plus qu’un DJ set, le live vidéo de par la scénographie ou la direction artistique permet vraiment de rentrer dans l’univers de l’artiste. Ça donne vraiment beaucoup de possibilités. Entre ça et le Moko Festival [ndlr : festival de musique indépendante à la Tour Royale, Toulon] je suis vraiment content de retourner sur scène après un an d’abstinence musicale.

 

Le Bûcher des Incohérences par A444

Juin 2021