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André Manoukian, il n'y a qu'une seule musique.

André Manoukian, il n'y a qu'une seule musique.

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DUEL D'IMPRO

10.11 - Théâtre Jules Verne - Bandol

 

En novembre, nous aurons le plaisir de découvrir au théâtre Jules Verne de Bandol, un des pianistes de jazz français les plus doués : André Manoukian. Il y jouera avec son compère et confrère Jean-François Zygel pour nous présenter un exercice ancestral mais que le public connait peu : les duels d’improvisation.

André Antranik Manoukian naît en 1957. C’est son père, pianiste et violoniste, qui lui fit découvrir la musique, et il commence le piano dès six ans. D’abord classique, puis il se tourne vers le jazz pour en faire sa carrière. Le grand public le connait depuis 2003 et l’émission Nouvelle Star. Mais c’est avant tout un musicien et compositeur hors-pair, qui a composé des tubes, notamment ceux de son ex-compagne Liane Foly : Au Fur et à Mesure et Doucement, différents albums pour lui et pour d’autres. Il est également animateur sur France Inter et à la télé, avec notamment de nombreuses émissions sur l’histoire ou la technique musicale.


L’improvisation est une grande tradition du jazz, est-ce un exercice que vous affectionnez particulièrement, et particulièrement le duel ?
Ma préoccupation depuis que je joue du piano, c’est-à-dire depuis enfant, était d’avoir la liberté d’improviser. Au départ, je suis allé vers le classique, mais j’aimais jouer ce que j’entendais à la radio, le reproduire d’oreille. J’ai commencé à improviser à la suite de ça. Pourtant, avant les grands compositeurs classiques improvisaient, Mozart, Chopin, Bach. L’art de la fugue c’était cela. Et c’est pour cela que je prends beaucoup de plaisir avec Jean-François (ZYGEL ndlr), c’est une espèce en voie de disparation les musiciens classiques qui improvisent. Et grâce à son succès, j’espère qu’il va relancer cette tradition dans le classique
Une petite confidence, l’impro c’est un truc de jazzmen… vous allez gagner ??
Est-ce un duel ou un duo ? Qui arbitre ? Qui compte les points ? De toute façon, j’ai fait de nombreux duels avec Jean-François, et c’est toujours lui qui gagne : il donne sa montre à l’arbitre pour cela ! Trèves de plaisanteries, il n’y aura qu’un seul vainqueur ce sera la musique !
Vous avez une formation de piano classique, pourquoi avoir bifurqué vers le jazz ?
J’ai découvert le jazz à treize ans, par hasard. Mon père n’en écoutait pas. C’était un disque de Fats Waller. Ce fut l’illumination. C’était Jean-Sébastien Bach avec du rythme, une musique absolue. J’ai commencé à reproduire, à l’oreille. J’avais trouvé ma musique
Tout comme Zygel, vous faites des émissions didactiques, sur l’histoire de la musique, sur la théorie musicale, sur France Inter, à la télé, pour vous il est important d’éduquer le public à la musique ?
Je ne parle pas d’éducation, plutôt de transmettre ces passions. Les musiques que j’aime, le jazz, les musiques du monde, on ne les entend pas beaucoup dans les média. Et comme on me laisse les jouer sur France Inter, je me dis que c’est l’occasion. Et le minimum quand on joue de la musique c’est de la présenter. La politesse élémentaire est de présenter ce que l’on aime, pour que le public puisse comprendre. C’est comme quand on présente deux amis. J’aime partager des passions, en parler. Et ça met de l’ordre dans mon bordel. La musique c’est l’émotion. Mais il est bon de mettre de l’ordre là-dedans. J’ai appris à le faire à La Nouvelle Star : quand vous avez un gamin de seize ans devant vous, il faut lui expliquer mais vous devez utiliser des métaphores pour qu’il comprenne. Ce sont des musiques difficiles d’accès et pour que le public les comprennent, il ne faut pas lui parler en termes techniques. Certaines musiques demandent de l’initiation, de l’accompagnement. Mais à la fin, il n’y a qu’une seule musique. Le Jazz, le Classique, c’est la même chose. Nous utilisons toujours les mêmes notes les mêmes intervalles, les mêmes harmonies. Depuis Bach et Chopin, Debussy et Ravel sont passés par là
Vous affectionnez particulièrement les collaborations dans la musique…
Oui bien sûr. Et surtout avec les chanteurs. La voix pour moi reste le plus bel instrument qui soit. Depuis toujours tous les instruments de musique ont cherché à imiter la voix, son pouvoir musical, et accompagner des chanteurs qui ont une belle voix c’est un exercice dont je raffole.

 

Vous pouvez retrouver André Manoukian sur facebook: https://www.facebook.com/andremanoukian/  ,twitter: https://twitter.com/andremanou  mais aussi sur son dernier album dont voici un extrait:


Discipline: Articles, Musique, Événements



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En novembre, nous aurons le plaisir de découvrir au théâtre Jules Verne de Bandol, un des pianistes de jazz français les plus doués : André Manoukian. Il y jouera avec son compère et confrère Jean-François Zygel pour nous présenter un exercice ancestral mais que le public connait peu : les duels d’improvisation.

André Antranik Manoukian naît en 1957. C’est son père, pianiste et violoniste, qui lui fit découvrir la musique, et il commence le piano dès six ans. D’abord classique, puis il se tourne vers le jazz pour en faire sa carrière. Le grand public le connait depuis 2003 et l’émission Nouvelle Star. Mais c’est avant tout un musicien et compositeur hors-pair, qui a composé des tubes, notamment ceux de son ex-compagne Liane Foly : Au Fur et à Mesure et Doucement, différents albums pour lui et pour d’autres. Il est également animateur sur France Inter et à la télé, avec notamment de nombreuses émissions sur l’histoire ou la technique musicale.


L’improvisation est une grande tradition du jazz, est-ce un exercice que vous affectionnez particulièrement, et particulièrement le duel ?
Ma préoccupation depuis que je joue du piano, c’est-à-dire depuis enfant, était d’avoir la liberté d’improviser. Au départ, je suis allé vers le classique, mais j’aimais jouer ce que j’entendais à la radio, le reproduire d’oreille. J’ai commencé à improviser à la suite de ça. Pourtant, avant les grands compositeurs classiques improvisaient, Mozart, Chopin, Bach. L’art de la fugue c’était cela. Et c’est pour cela que je prends beaucoup de plaisir avec Jean-François (ZYGEL ndlr), c’est une espèce en voie de disparation les musiciens classiques qui improvisent. Et grâce à son succès, j’espère qu’il va relancer cette tradition dans le classique
Une petite confidence, l’impro c’est un truc de jazzmen… vous allez gagner ??
Est-ce un duel ou un duo ? Qui arbitre ? Qui compte les points ? De toute façon, j’ai fait de nombreux duels avec Jean-François, et c’est toujours lui qui gagne : il donne sa montre à l’arbitre pour cela ! Trèves de plaisanteries, il n’y aura qu’un seul vainqueur ce sera la musique !
Vous avez une formation de piano classique, pourquoi avoir bifurqué vers le jazz ?
J’ai découvert le jazz à treize ans, par hasard. Mon père n’en écoutait pas. C’était un disque de Fats Waller. Ce fut l’illumination. C’était Jean-Sébastien Bach avec du rythme, une musique absolue. J’ai commencé à reproduire, à l’oreille. J’avais trouvé ma musique
Tout comme Zygel, vous faites des émissions didactiques, sur l’histoire de la musique, sur la théorie musicale, sur France Inter, à la télé, pour vous il est important d’éduquer le public à la musique ?
Je ne parle pas d’éducation, plutôt de transmettre ces passions. Les musiques que j’aime, le jazz, les musiques du monde, on ne les entend pas beaucoup dans les média. Et comme on me laisse les jouer sur France Inter, je me dis que c’est l’occasion. Et le minimum quand on joue de la musique c’est de la présenter. La politesse élémentaire est de présenter ce que l’on aime, pour que le public puisse comprendre. C’est comme quand on présente deux amis. J’aime partager des passions, en parler. Et ça met de l’ordre dans mon bordel. La musique c’est l’émotion. Mais il est bon de mettre de l’ordre là-dedans. J’ai appris à le faire à La Nouvelle Star : quand vous avez un gamin de seize ans devant vous, il faut lui expliquer mais vous devez utiliser des métaphores pour qu’il comprenne. Ce sont des musiques difficiles d’accès et pour que le public les comprennent, il ne faut pas lui parler en termes techniques. Certaines musiques demandent de l’initiation, de l’accompagnement. Mais à la fin, il n’y a qu’une seule musique. Le Jazz, le Classique, c’est la même chose. Nous utilisons toujours les mêmes notes les mêmes intervalles, les mêmes harmonies. Depuis Bach et Chopin, Debussy et Ravel sont passés par là
Vous affectionnez particulièrement les collaborations dans la musique…
Oui bien sûr. Et surtout avec les chanteurs. La voix pour moi reste le plus bel instrument qui soit. Depuis toujours tous les instruments de musique ont cherché à imiter la voix, son pouvoir musical, et accompagner des chanteurs qui ont une belle voix c’est un exercice dont je raffole.

 

Vous pouvez retrouver André Manoukian sur facebook: https://www.facebook.com/andremanoukian/  ,twitter: https://twitter.com/andremanou  mais aussi sur son dernier album dont voici un extrait: