zoom
ARTSCÉNICUM, Un été sans répit. ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.
zoom
ARTSCÉNICUM, Un été sans répit. ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.
zoom
ARTSCÉNICUM, Un été sans répit. ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.
zoom
ARTSCÉNICUM, Un été sans répit. ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.
zoom
ARTSCÉNICUM, Un été sans répit. ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.

ARTSCÉNICUM, Un été sans répit.

    Partager sur :

Le Festival d’Avignon, plusieurs représentations à travers le département, l’été va être intense pour la compagnie Artscénicum avec deux pièces «De Gaulle 68, la révérence» et «Les Pieds tanqués». Présentation avec Philippe Chuyen, l’auteur et le fondateur d’une compagnie qui fêtera ses vingt ans cette année.

 

Dans «Les Pieds Tanqués», que vous présenterez à Avignon, vous évoquez la guerre d’Algérie ?

 

Oui, «Les Pieds Tanqués», c’est la guerre d’Algérie vue au travers... d’une partie de pétanque ! Je mets quatre joueurs en scène : un rapatrié, un Français d’origine algérienne, un Provençal pur jus, et un Parisien fraîchement arrivé en Provence. On apprend petit à petit qu’ils ont tous un lien filial et intime avec la guerre d’Algérie, une plaie encore ouverte. Ils vont s’opposer, s’engueuler, se dire leurs vérités. La question que devait poser cette pièce était selon moi : est-ce que des personnes aux origines aussi contradictoires peuvent encore jouer ensemble ?

 

Ce n’est pas évident d’aborder ce thème, même plus de 50 ans après les faits ?


J’ai eu cette idée au moment de l’écriture en 2012 d’évoquer ce coflit au travers de la pétanque, en jouant sur l’étymologie du pied «tanqué» qui signifie le pied planté, enraciné, et d’ouvrir sur l’angle des populations déracinées ou enracinées. C’est une pièce dans laquelle les mémoires s’entrechoquent mais attention, c’est aussi une pièce où on rit beaucoup. C’est le grand conteur du Sud Yvan Audouard qui disait que le jeu de boules était à la Provence ce que le théâtre de Delphes était à la Grèce antique, un lieu de tragédie. Il terminait cependant en disant qu’à la fin tout le monde meurt... de rire ! Au théâtre, on se relève après la mort et on en rit. C’est aussi cela la fonction du théâtre : rire de la mort parce que ça nous tient en vie. Depuis 2012, nous avons déjà joué cette pièce près de trois-cent cinquante fois à travers la France.

 

Avec «De Gaulle 68, la révérence», votre création 2018, vous évoquez un épisode encore trouble de l’histoire contemporaine ?


Je cherchais comment aborder Mai 68 à travers un spectacle. Et c’est le journaliste José Lenzini qui m’a soufflé l’idée : il connaissait en effet et la seule personne qui ait accompagné De Gaulle et son épouse à Baden- Baden le 29 mai 1968 pour une visite secrète au général Massu, le chef des forces françaises en Allemagne.

Cette personne c’est François Flohic, l’ancien aide de camp de de Gaulle, qui a quatre-vingt dix-huit ans et habite à Six-Fours. José m’a présenté ce vieil amiral qui était ravi de nous recevoir : le projet était lancé et j’ai co- écrit la pièce avec José.

 

Quel est l’angle de la pièce ?

 

Je m’intéresse à la personnalité intime de De Gaulle, à ses doutes, ses colères, ses visions. Comment il se rend compte qu’il n’est plus en phase avec les Français, comment il sombre dans le doute et la déprime, mais aussi comment il va rebondir et retourner la situation à son avantage. Tout au long de la pièce, le personnage de François Flohic étaie par des interventions en vidéo les situations abordées sur scène. C’est assez fidèle à la réalité historique, avec cependant un invité surprise, un brillant soixante-huitard, qui va venir contredire de Gaulle, personnifiant ces deux visions du monde qui sont appelées à s’éloigner inexorablement.

 

Propos recueillis par Olivier STEPHAN

 

Les dates dans le Var :

«Les Pieds Tanqués»
Samedi 4 août au Beausset / Mardi 14 août à Montfort-sur-Argens / Lundi 20 août à Cavalaire

«De Gaulle 68, la révérence»
Le 4 juillet à Noves / Le 17 août à Montfort-sur-Argens

 

Site internet Artscénicum

 

 


Discipline: Sur les planches,



Catégories : Sur les planches,

Retour

Le Festival d’Avignon, plusieurs représentations à travers le département, l’été va être intense pour la compagnie Artscénicum avec deux pièces «De Gaulle 68, la révérence» et «Les Pieds tanqués». Présentation avec Philippe Chuyen, l’auteur et le fondateur d’une compagnie qui fêtera ses vingt ans cette année.

 

Dans «Les Pieds Tanqués», que vous présenterez à Avignon, vous évoquez la guerre d’Algérie ?

 

Oui, «Les Pieds Tanqués», c’est la guerre d’Algérie vue au travers... d’une partie de pétanque ! Je mets quatre joueurs en scène : un rapatrié, un Français d’origine algérienne, un Provençal pur jus, et un Parisien fraîchement arrivé en Provence. On apprend petit à petit qu’ils ont tous un lien filial et intime avec la guerre d’Algérie, une plaie encore ouverte. Ils vont s’opposer, s’engueuler, se dire leurs vérités. La question que devait poser cette pièce était selon moi : est-ce que des personnes aux origines aussi contradictoires peuvent encore jouer ensemble ?

 

Ce n’est pas évident d’aborder ce thème, même plus de 50 ans après les faits ?


J’ai eu cette idée au moment de l’écriture en 2012 d’évoquer ce coflit au travers de la pétanque, en jouant sur l’étymologie du pied «tanqué» qui signifie le pied planté, enraciné, et d’ouvrir sur l’angle des populations déracinées ou enracinées. C’est une pièce dans laquelle les mémoires s’entrechoquent mais attention, c’est aussi une pièce où on rit beaucoup. C’est le grand conteur du Sud Yvan Audouard qui disait que le jeu de boules était à la Provence ce que le théâtre de Delphes était à la Grèce antique, un lieu de tragédie. Il terminait cependant en disant qu’à la fin tout le monde meurt... de rire ! Au théâtre, on se relève après la mort et on en rit. C’est aussi cela la fonction du théâtre : rire de la mort parce que ça nous tient en vie. Depuis 2012, nous avons déjà joué cette pièce près de trois-cent cinquante fois à travers la France.

 

Avec «De Gaulle 68, la révérence», votre création 2018, vous évoquez un épisode encore trouble de l’histoire contemporaine ?


Je cherchais comment aborder Mai 68 à travers un spectacle. Et c’est le journaliste José Lenzini qui m’a soufflé l’idée : il connaissait en effet et la seule personne qui ait accompagné De Gaulle et son épouse à Baden- Baden le 29 mai 1968 pour une visite secrète au général Massu, le chef des forces françaises en Allemagne.

Cette personne c’est François Flohic, l’ancien aide de camp de de Gaulle, qui a quatre-vingt dix-huit ans et habite à Six-Fours. José m’a présenté ce vieil amiral qui était ravi de nous recevoir : le projet était lancé et j’ai co- écrit la pièce avec José.

 

Quel est l’angle de la pièce ?

 

Je m’intéresse à la personnalité intime de De Gaulle, à ses doutes, ses colères, ses visions. Comment il se rend compte qu’il n’est plus en phase avec les Français, comment il sombre dans le doute et la déprime, mais aussi comment il va rebondir et retourner la situation à son avantage. Tout au long de la pièce, le personnage de François Flohic étaie par des interventions en vidéo les situations abordées sur scène. C’est assez fidèle à la réalité historique, avec cependant un invité surprise, un brillant soixante-huitard, qui va venir contredire de Gaulle, personnifiant ces deux visions du monde qui sont appelées à s’éloigner inexorablement.

 

Propos recueillis par Olivier STEPHAN

 

Les dates dans le Var :

«Les Pieds Tanqués»
Samedi 4 août au Beausset / Mardi 14 août à Montfort-sur-Argens / Lundi 20 août à Cavalaire

«De Gaulle 68, la révérence»
Le 4 juillet à Noves / Le 17 août à Montfort-sur-Argens

 

Site internet Artscénicum