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Eloise Mercier, Je m’attache à l’insaisissable.

Eloise Mercier, Je m’attache à l’insaisissable.

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« Une goutte d’eau dans un nuage » - 19.03 - La Liberté Scène Nationale - Toulon

 

Eloïse a un parcours atypique. Diplômée d’Ecole de Commerce, elle a travaillé au Liberté Scène Nationale pendant plusieurs années. Mais, amoureuse du verbe, et sortie du Conservatoire de Théâtre, elle décide de créer la « Compagnie Microscopique ». Elle présentera son nouveau Seule en Scène lors d’un Mardi Liberté.

 

As-tu créé ce spectacle spécifiquement pour le Théma actuel « Saïgon » au Liberté ?

J’ai habité à Saïgon, et j’ai vu le spectacle « Saïgon » de Caroline Guiela Nguyen au festival d’Avignon, qui est fabuleux. Le Liberté m’avait proposé de jouer mon spectacle « Cadres de vie », pendant un Mardi Liberté (déjeuner spectacle ndlr). Mais sa forme actuelle était trop longue. Etant en train d’y rajouter une partie sur le Vietnam, et ayant trop de matière, je me suis dit que je pouvais en faire un spectacle complet. Le sous-titre est « Chroniques imaginaires d’une expatriée à Saïgon ». Je pars du réel, y ayant habité et travaillé, mais je dérive vers la fiction. L’histoire part de l’imaginaire du Vietnam, tel que représenté à travers les livres de Duras, et les films sur la guerre du Vietnam. En ce qui concerne les textes et sons, j’ai gardé contact avec une collègue vietnamienne, j’ai des sons d’ambiance de la ville. J’écris tout le temps depuis mon enfance. J’ai retrouvé des textes que j’avais écrits là-bas. De là, j’ai conçu une histoire, faite de tableaux, de paysages, d’impression.

C’est un spectacle assez différent de « Cadres de vie » ton autre Seule en Scène…

Je fais un peu tout sur les spectacles. J’ai besoin de penser les choses dans leur globalité, le texte, la mise en scène, le jeu. Je travaille aussi avec des objets qui m’aident à construire une narration. Dans « Cadres de vie », je joue une galerie de personnages. C’est humoristique, mais ce n’est pas du stand-up. Il y a une histoire, des accessoires. C’est drôle et tragique à la fois. Ça parle du monde du travail, des Ecoles de Commerce, et de comment on décide de déborder des cadres imposés. J’ai commencé à l’écrire il y a longtemps : j’étais encore à l’ESSEC, et je terminais le Conservatoire de Théâtre. La première version a dix ans. Le spectacle petit à petit s’est étoffé.
« Une goutte d’eau dans un nuage » est plus intime et plus feutré, et c’est à la première personne. C’est une forme plus statique, avec plus d’importance accordée au son. Le rapport à l’eau est très présent, car la mousson est impressionnante à Saïgon. Dans l’après-midi, une pluie diluvienne s’abat, et on roule en scooter dans un mètre d’eau. J’avais envie que l’élément liquide apparaisse. De plus, rien ne se transforme plus qu’une goutte d’eau dans un nuage, qui passe d’un état à l’autre en permanence. Ici, une jeune femme part à Saïgon, et sera transformée par ce voyage.

Pourquoi la « Compagnie Microscopique »?

Je m’attache aux petits détails de l’existence, à ce que l’on peut percevoir quand on est attentif, aux petites choses, au discret, à l’insaisissable. Ces choses créent nos trajectoires de vie. Dans ma façon d’écrire, je pars d’attitudes, de phrases saisies au vol, d’une façon de se tenir. N’importe qui peut devenir personnage. Un échange de regard, un soupir, peuvent raconter toute une histoire. Aussi, j’utilise souvent des objets miniatures pour la scénographie.

Tu vas présenter « Cadres de vie » à Avignon cet été, c’est un aboutissement ?
Le théâtre dans lequel j’ai joué l’an dernier à Paris, la Croisée des Chemins, m’a proposé de me programmer à Avignon, car ils reprennent un théâtre pendant le festival. Je vais jouer tous les soirs. J’avais envie de le faire une fois, donc je fonce. Il y a un an et demi, j’ai décidé d’en faire mon métier. Je continue à travailler avec le Liberté mais en tant qu’indépendante. Je développe mes spectacles, je travaille aussi avec le collectif Bim qui fait des performances dans l’espace public en France et en Europe. Et j’écris des chansons (pour Bleu Canyon ndlr) ce qui m’a permis d’être auteure enregistrée.

 

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Eloïse a un parcours atypique. Diplômée d’Ecole de Commerce, elle a travaillé au Liberté Scène Nationale pendant plusieurs années. Mais, amoureuse du verbe, et sortie du Conservatoire de Théâtre, elle décide de créer la « Compagnie Microscopique ». Elle présentera son nouveau Seule en Scène lors d’un Mardi Liberté.

 

As-tu créé ce spectacle spécifiquement pour le Théma actuel « Saïgon » au Liberté ?

J’ai habité à Saïgon, et j’ai vu le spectacle « Saïgon » de Caroline Guiela Nguyen au festival d’Avignon, qui est fabuleux. Le Liberté m’avait proposé de jouer mon spectacle « Cadres de vie », pendant un Mardi Liberté (déjeuner spectacle ndlr). Mais sa forme actuelle était trop longue. Etant en train d’y rajouter une partie sur le Vietnam, et ayant trop de matière, je me suis dit que je pouvais en faire un spectacle complet. Le sous-titre est « Chroniques imaginaires d’une expatriée à Saïgon ». Je pars du réel, y ayant habité et travaillé, mais je dérive vers la fiction. L’histoire part de l’imaginaire du Vietnam, tel que représenté à travers les livres de Duras, et les films sur la guerre du Vietnam. En ce qui concerne les textes et sons, j’ai gardé contact avec une collègue vietnamienne, j’ai des sons d’ambiance de la ville. J’écris tout le temps depuis mon enfance. J’ai retrouvé des textes que j’avais écrits là-bas. De là, j’ai conçu une histoire, faite de tableaux, de paysages, d’impression.

C’est un spectacle assez différent de « Cadres de vie » ton autre Seule en Scène…

Je fais un peu tout sur les spectacles. J’ai besoin de penser les choses dans leur globalité, le texte, la mise en scène, le jeu. Je travaille aussi avec des objets qui m’aident à construire une narration. Dans « Cadres de vie », je joue une galerie de personnages. C’est humoristique, mais ce n’est pas du stand-up. Il y a une histoire, des accessoires. C’est drôle et tragique à la fois. Ça parle du monde du travail, des Ecoles de Commerce, et de comment on décide de déborder des cadres imposés. J’ai commencé à l’écrire il y a longtemps : j’étais encore à l’ESSEC, et je terminais le Conservatoire de Théâtre. La première version a dix ans. Le spectacle petit à petit s’est étoffé.
« Une goutte d’eau dans un nuage » est plus intime et plus feutré, et c’est à la première personne. C’est une forme plus statique, avec plus d’importance accordée au son. Le rapport à l’eau est très présent, car la mousson est impressionnante à Saïgon. Dans l’après-midi, une pluie diluvienne s’abat, et on roule en scooter dans un mètre d’eau. J’avais envie que l’élément liquide apparaisse. De plus, rien ne se transforme plus qu’une goutte d’eau dans un nuage, qui passe d’un état à l’autre en permanence. Ici, une jeune femme part à Saïgon, et sera transformée par ce voyage.

Pourquoi la « Compagnie Microscopique »?

Je m’attache aux petits détails de l’existence, à ce que l’on peut percevoir quand on est attentif, aux petites choses, au discret, à l’insaisissable. Ces choses créent nos trajectoires de vie. Dans ma façon d’écrire, je pars d’attitudes, de phrases saisies au vol, d’une façon de se tenir. N’importe qui peut devenir personnage. Un échange de regard, un soupir, peuvent raconter toute une histoire. Aussi, j’utilise souvent des objets miniatures pour la scénographie.

Tu vas présenter « Cadres de vie » à Avignon cet été, c’est un aboutissement ?
Le théâtre dans lequel j’ai joué l’an dernier à Paris, la Croisée des Chemins, m’a proposé de me programmer à Avignon, car ils reprennent un théâtre pendant le festival. Je vais jouer tous les soirs. J’avais envie de le faire une fois, donc je fonce. Il y a un an et demi, j’ai décidé d’en faire mon métier. Je continue à travailler avec le Liberté mais en tant qu’indépendante. Je développe mes spectacles, je travaille aussi avec le collectif Bim qui fait des performances dans l’espace public en France et en Europe. Et j’écris des chansons (pour Bleu Canyon ndlr) ce qui m’a permis d’être auteure enregistrée.

 

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