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Emilie Rasseneur - Supprimer les frontières Emilie Rasseneur - Supprimer les frontières
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Emilie Rasseneur - Supprimer les frontières Emilie Rasseneur - Supprimer les frontières

Emilie Rasseneur - Supprimer les frontières

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THEATRE
Résidence au Liberté Scène Nationale de Toulon.
Le 10 février au Lycée Claret.

Jeune metteuse en scène issue du Conservatoire TPM, Emilie est également éducatrice au CAAA. A la croisée de ses deux passions est né le spectacle « Un voyage aux coeurs de ceux qui traversent les frontières », créé avec les migrants qu’elle encadre au CAAA.

Comment est né ce spectacle ?
Ce projet s’inscrit dans le cadre de mon travail au sein du Comité Accueil Alphabétisation Animation de Toulon, qui apprend le français à des migrants. J’ai imaginé une intégration par la culture sur le principe d’une scène ouverte. Les acteurs peuvent s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ils ont très peu l’opportunité de s’exprimer, alors c’est compliqué pour eux de savoir ce qu’ils ont envie de dire. Nous avons fait une recherche autour de ce qu’ils aiment faire. Je pense à Smahane, qui vient du Maroc, qui me disait : « J’ai envie de faire le spectacle mais je ne suis pas une artiste, je ne sais rien faire et je pense que je n’ai rien à dire. ». Mais, chez elle, elle chante, en faisant la vaisselle. Grâce à ma formation, j’ai pu l’aider à gérer tout ce qui est technique de voix. Ils trouvent le fond, je les aide sur la forme. Certains ont écrit des textes sur leur voyage, qu’ils entreprennent au péril de leur vie, avec un espoir de vie meilleure ailleurs. Je voulais être dans le partage, humain, de cœur. L’idée de ce spectacle est de supprimer les frontières entre les gens et donc symboliquement les pays. Mon deuxième rôle est de construire un seul et même voyage à partir de tous ces fragments. J’essaie de rassembler, d’avoir une curiosité bienveillante, sans préjugé, avec générosité et authenticité.


Quelques exemples des œuvres des comédiens ?
Nous verrons de la danse traditionnelle, brésilienne et afghane, des chant traditionnels, un poème en français récité par une russe, qui adore la culture française. Nous aurons également deux récits de voyage dont celui d’une brésilienne qui était psychologue, ce qui, là-bas, est considérée comme un médecin, et qui, ici, n’est plus rien professionnellement parlant. Également un poème sur la liberté, en Bengali, qui a été récité sur une place publique au Bangladesh, au cours d’une révolution, et que l’acteur a eu envie de réciter dans sa langue. On entendra plusieurs langues d’ailleurs, du portugais, du malien, du bengali, du français…


Comment s’est passée votre résidence au Liberté Scène Nationale ?
Nous devions présenter le spectacle lors d’un Mardi Liberté le 9 février, et bien entendu ce ne sera pas possible. Mais nous sommes allés jusqu’au bout du projet, et je suis très heureuse que nous ayons pu effectuer cette résidence. Nous présenterons tout de même le spectacle, au Lycée Professionnel Claret, le 10 février, devant deux classes qui accueillent des mineurs migrants, une trentaine d’enfants, suivi d’un échange. Il est important pour les comédiens qui vivent cet exil de leur transmettre ce message d’espoir qui est au centre du spectacle. Ils savent pourquoi ils sont partis, pourquoi ils sont là, et ils sont pleins d’espérance. Nous avions déjà joué l’année dernière, le 14 février, au Port des Créateurs, et ça avait bien fonctionné. Nous sommes repartis dans cette aventure avec le Liberté, et espérons pouvoir jouer dans d’autres établissements scolaires notamment.


Parle-nous de ta compagnie, Nava Rasa...
Nava Rasa signifie les neufs saveurs ou états intérieurs, en sanskrit. Rasa, c’est l’essence de l’émotion, tels l’amour, la joie, l’émerveillement, le calme, la colère… Dans la culture indienne, chaque œuvre devrait contenir ces neuf rasa. Nous sommes dans l’universalité de l’émotion, ce lien entre corps et esprit qui affecte nos pensées. Le fil conducteur de la compagnie est l’humain. Tabula Rasa l’autre œuvre sur laquelle nous travaillons parle de l’humain déjà. C’est ce qui va relier nos projets : la curiosité face à l’autre dans l’authenticité et la bienveillance. Avec Tabula Rasa, nous étions en résidence à Châteauvallon en septembre dernier, et en février nous serons à l’Espace des Arts. Nous jouerons le spectacle la saison prochaine au Théâtre Denis. Avec celui-ci, nous avons été également en résidence dans une scène nationale. Pour une jeune compagnie, je suis heureuse du démarrage. J’ai déjà commencé à écrire notre prochain projet, un spectacle jeune public. Retrouvez plus d’informations sur notre Facebook : Nava Rasa.


Discipline: Articles, Sur les planches



Catégories : Articles, Sur les planches

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Résidence au Liberté Scène Nationale de Toulon.
Le 10 février au Lycée Claret.

Jeune metteuse en scène issue du Conservatoire TPM, Emilie est également éducatrice au CAAA. A la croisée de ses deux passions est né le spectacle « Un voyage aux coeurs de ceux qui traversent les frontières », créé avec les migrants qu’elle encadre au CAAA.

Comment est né ce spectacle ?
Ce projet s’inscrit dans le cadre de mon travail au sein du Comité Accueil Alphabétisation Animation de Toulon, qui apprend le français à des migrants. J’ai imaginé une intégration par la culture sur le principe d’une scène ouverte. Les acteurs peuvent s’exprimer sur le sujet de leur choix. Ils ont très peu l’opportunité de s’exprimer, alors c’est compliqué pour eux de savoir ce qu’ils ont envie de dire. Nous avons fait une recherche autour de ce qu’ils aiment faire. Je pense à Smahane, qui vient du Maroc, qui me disait : « J’ai envie de faire le spectacle mais je ne suis pas une artiste, je ne sais rien faire et je pense que je n’ai rien à dire. ». Mais, chez elle, elle chante, en faisant la vaisselle. Grâce à ma formation, j’ai pu l’aider à gérer tout ce qui est technique de voix. Ils trouvent le fond, je les aide sur la forme. Certains ont écrit des textes sur leur voyage, qu’ils entreprennent au péril de leur vie, avec un espoir de vie meilleure ailleurs. Je voulais être dans le partage, humain, de cœur. L’idée de ce spectacle est de supprimer les frontières entre les gens et donc symboliquement les pays. Mon deuxième rôle est de construire un seul et même voyage à partir de tous ces fragments. J’essaie de rassembler, d’avoir une curiosité bienveillante, sans préjugé, avec générosité et authenticité.


Quelques exemples des œuvres des comédiens ?
Nous verrons de la danse traditionnelle, brésilienne et afghane, des chant traditionnels, un poème en français récité par une russe, qui adore la culture française. Nous aurons également deux récits de voyage dont celui d’une brésilienne qui était psychologue, ce qui, là-bas, est considérée comme un médecin, et qui, ici, n’est plus rien professionnellement parlant. Également un poème sur la liberté, en Bengali, qui a été récité sur une place publique au Bangladesh, au cours d’une révolution, et que l’acteur a eu envie de réciter dans sa langue. On entendra plusieurs langues d’ailleurs, du portugais, du malien, du bengali, du français…


Comment s’est passée votre résidence au Liberté Scène Nationale ?
Nous devions présenter le spectacle lors d’un Mardi Liberté le 9 février, et bien entendu ce ne sera pas possible. Mais nous sommes allés jusqu’au bout du projet, et je suis très heureuse que nous ayons pu effectuer cette résidence. Nous présenterons tout de même le spectacle, au Lycée Professionnel Claret, le 10 février, devant deux classes qui accueillent des mineurs migrants, une trentaine d’enfants, suivi d’un échange. Il est important pour les comédiens qui vivent cet exil de leur transmettre ce message d’espoir qui est au centre du spectacle. Ils savent pourquoi ils sont partis, pourquoi ils sont là, et ils sont pleins d’espérance. Nous avions déjà joué l’année dernière, le 14 février, au Port des Créateurs, et ça avait bien fonctionné. Nous sommes repartis dans cette aventure avec le Liberté, et espérons pouvoir jouer dans d’autres établissements scolaires notamment.


Parle-nous de ta compagnie, Nava Rasa...
Nava Rasa signifie les neufs saveurs ou états intérieurs, en sanskrit. Rasa, c’est l’essence de l’émotion, tels l’amour, la joie, l’émerveillement, le calme, la colère… Dans la culture indienne, chaque œuvre devrait contenir ces neuf rasa. Nous sommes dans l’universalité de l’émotion, ce lien entre corps et esprit qui affecte nos pensées. Le fil conducteur de la compagnie est l’humain. Tabula Rasa l’autre œuvre sur laquelle nous travaillons parle de l’humain déjà. C’est ce qui va relier nos projets : la curiosité face à l’autre dans l’authenticité et la bienveillance. Avec Tabula Rasa, nous étions en résidence à Châteauvallon en septembre dernier, et en février nous serons à l’Espace des Arts. Nous jouerons le spectacle la saison prochaine au Théâtre Denis. Avec celui-ci, nous avons été également en résidence dans une scène nationale. Pour une jeune compagnie, je suis heureuse du démarrage. J’ai déjà commencé à écrire notre prochain projet, un spectacle jeune public. Retrouvez plus d’informations sur notre Facebook : Nava Rasa.