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Francis Huster - Molière au Panthéon ?

Francis Huster - Molière au Panthéon ?

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7.12 - Dédicaces Librairie Charlemagne - Hyères / 7.12 - "Pourvu qu'il soit heureux" - Casino de Hyères - Hyères

Voici quarante ans que je connais et suis Francis Huster… avec difficulté car il n’est jamais là où on l’attend : il joue deux pièces en alternance quand ce n’est pas trois, il parcourt la province lorsqu’il ne joue pas à Paris, il tourne un film, une télé, il écrit un livre…

Francis est un boulimique qui ne sait pas ce qu’est le repos. A quinze ans, il sait déjà ce qu’il veut faire. C’est alors le conservatoire du XVIIIème, le cours Florent où plus tard il enseignera, le conservatoire National d’Art Dramatique où il sort à chaque fois avec des prix, puis la Comédie Française où il rentre en 71, devient sociétaire en 77 et démissionne en 81 pour aller retrouver au cinéma Lelouch, Gainsbourg, Giovanni, Veber, Chouraqui et bien d’autres dont Nina Companeez qui sera sa compagne et le fera jouer dans plusieurs de ses films dont «Colinot Trousse chemise» aux côtés de Brigitte Bardot puis dans la magnifique saga «Les dames de la côte». Il sera aussi de deux séries marquantes : «Terre indigo» et «Zodiac». Mais sa vie c’est le théâtre et il y jouera Giraudoux, Musset, Camus, Pagnol, Shakespeare, Sweig, Hugo et bien d’autres, dont Molière qui est et reste son maître, sa référence… son Dieu, écrit-il dans son dernier livre en hommage au grand auteur, comédien et metteur en scène.

Parlons donc de «Molière, mon Dieu» paru chez Armand Colin. C’est un plaidoyer pour faire entrer Molière au Panthéon ?

C’est absolument inadmissible qu’aucun comédien ne soit au Panthéon ! Il y a des écrivains, des politiques et pas un seul comédien ! Alors qu’on parle de la langue française comme « La langue de Molière ». J’ai donc fait une lettre au président de la République et une pétition sur Internet. J’espère que d’ici le 15 janvier 2022, date du quatre centième anniversaire de sa naissance, le président Macron va y réfléchir. Il a deux ans pour le faire !

Déjà dans ton précédent livre «N’abandonnez jamais, ne renoncez à rien» (Ed Cherche Midi) tu fais un parallèle avec Molière, sa vie, son œuvre, son modernisme… et toi !

Molière, c’est la modernité totale et plus on se rapproche de 2022, plus on va se rendre compte qu’il est devenu la sauveur des dix ans à venir. Plus on avance, plus on s’aperçoit que la modernité de Molière fait mouche auprès du public, par sa force, sa morale politique.

Qu’est-ce que tu aimes chez Molière ?

C’est un homme de justice et de droit, discipline dans dans laquelle il a fait ses études. C’est à la fois un homme de théâtre et un homme politique qui a voulu à son tour faire entendre sa voix. Il a décidé de servir le théâtre par ambition politique. Il a en fait été le premier ministre de la culture, sous Louis XIV. Aujourd’hui, s’il y avait un nouveau Molière, il parlerait du féminicide, il écrirait un « Misanthrope à l’Elysée », il se régalerait !

Tu te retrouves en lui ?

Je crois avoir beaucoup de points communs avec lui : la première chose est la passion du théâtre : jouer, écrire, mettre en scène. J’ai été chef de troupe comme lui, je parcours des kilomètres, certainement plus facilement que lui en son temps. J’ai cette passion dévorante dont je connais toutes les joies, tous les doutes, les affres de la création, les succès, les échecs…

Bien entendu, à chacune de nos rencontres, tu n’as pas un mais «des» projets ! Raconte.

Jusqu’en décembre, je suis en tournée avec la pièce de Laurent Ruquier « Pourvu qu’ils soient heureux » avec Fanny Cottençon et Louis le Barazer Je serai donc le 7 décembre au Casino de Hyères. Ce même jour je signerai mon livre à la librairie Charlemagne d’Hyères de 16h à 18h. Puis je pars en tournée en janvier et février avec Yves le Moign’ et mon spectacle « Molière » (Lundi 13 janvier à la Chaudronnerie, la Ciotat et lundi 25 février au Théâtre Anthea, Antipolis). Puis, je serai de retour à Paris pour ma création annuelle au théâtre Hébertot : je reprends la pièce «L’affrontement» de Mass Appeal que Jean Piat avait créée et mise en scène, avec Francis Lalanne puis que j’avais jouée avec Davy Sardou. Davy l’a remaniée. Elle s’appellera « Transmission » car il pose cette question : est-ce que c’est le prêtre qui va aller vers le jeune, qui représente la vie, où le prêtre qui influencera le jeune vers la foi ? Je la jouerai avec un jeune comédien magnifique : Valentin de Carbonières, qui a eu le Molière de la révélation masculine 2019 pour « sept morts sur ordonnance ». Tu vois, je suis entouré de Molières ! Tu verras, la fin est étonnante.

Tu m’avais aussi parlé d’une série télé…

Oui, je tourne une série de quatre épisodes pour France 3 « De Gaulle, l’éclat et le secret » réalisée par François Vellle. C’est Samuel Labarthe qui joue de Gaulle, je joue Malraux… C’est lui qui a fait entrer Jean Moulin au Panthéon.

 

Propos recueillis par Jacques Brachet.


Discipline: Articles, Littérature, Sur les planches,



Catégories : Articles, Littérature, Sur les planches,

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7.12 - Dédicaces Librairie Charlemagne - Hyères / 7.12 - "Pourvu qu'il soit heureux" - Casino de Hyères - Hyères

Voici quarante ans que je connais et suis Francis Huster… avec difficulté car il n’est jamais là où on l’attend : il joue deux pièces en alternance quand ce n’est pas trois, il parcourt la province lorsqu’il ne joue pas à Paris, il tourne un film, une télé, il écrit un livre…

Francis est un boulimique qui ne sait pas ce qu’est le repos. A quinze ans, il sait déjà ce qu’il veut faire. C’est alors le conservatoire du XVIIIème, le cours Florent où plus tard il enseignera, le conservatoire National d’Art Dramatique où il sort à chaque fois avec des prix, puis la Comédie Française où il rentre en 71, devient sociétaire en 77 et démissionne en 81 pour aller retrouver au cinéma Lelouch, Gainsbourg, Giovanni, Veber, Chouraqui et bien d’autres dont Nina Companeez qui sera sa compagne et le fera jouer dans plusieurs de ses films dont «Colinot Trousse chemise» aux côtés de Brigitte Bardot puis dans la magnifique saga «Les dames de la côte». Il sera aussi de deux séries marquantes : «Terre indigo» et «Zodiac». Mais sa vie c’est le théâtre et il y jouera Giraudoux, Musset, Camus, Pagnol, Shakespeare, Sweig, Hugo et bien d’autres, dont Molière qui est et reste son maître, sa référence… son Dieu, écrit-il dans son dernier livre en hommage au grand auteur, comédien et metteur en scène.

Parlons donc de «Molière, mon Dieu» paru chez Armand Colin. C’est un plaidoyer pour faire entrer Molière au Panthéon ?

C’est absolument inadmissible qu’aucun comédien ne soit au Panthéon ! Il y a des écrivains, des politiques et pas un seul comédien ! Alors qu’on parle de la langue française comme « La langue de Molière ». J’ai donc fait une lettre au président de la République et une pétition sur Internet. J’espère que d’ici le 15 janvier 2022, date du quatre centième anniversaire de sa naissance, le président Macron va y réfléchir. Il a deux ans pour le faire !

Déjà dans ton précédent livre «N’abandonnez jamais, ne renoncez à rien» (Ed Cherche Midi) tu fais un parallèle avec Molière, sa vie, son œuvre, son modernisme… et toi !

Molière, c’est la modernité totale et plus on se rapproche de 2022, plus on va se rendre compte qu’il est devenu la sauveur des dix ans à venir. Plus on avance, plus on s’aperçoit que la modernité de Molière fait mouche auprès du public, par sa force, sa morale politique.

Qu’est-ce que tu aimes chez Molière ?

C’est un homme de justice et de droit, discipline dans dans laquelle il a fait ses études. C’est à la fois un homme de théâtre et un homme politique qui a voulu à son tour faire entendre sa voix. Il a décidé de servir le théâtre par ambition politique. Il a en fait été le premier ministre de la culture, sous Louis XIV. Aujourd’hui, s’il y avait un nouveau Molière, il parlerait du féminicide, il écrirait un « Misanthrope à l’Elysée », il se régalerait !

Tu te retrouves en lui ?

Je crois avoir beaucoup de points communs avec lui : la première chose est la passion du théâtre : jouer, écrire, mettre en scène. J’ai été chef de troupe comme lui, je parcours des kilomètres, certainement plus facilement que lui en son temps. J’ai cette passion dévorante dont je connais toutes les joies, tous les doutes, les affres de la création, les succès, les échecs…

Bien entendu, à chacune de nos rencontres, tu n’as pas un mais «des» projets ! Raconte.

Jusqu’en décembre, je suis en tournée avec la pièce de Laurent Ruquier « Pourvu qu’ils soient heureux » avec Fanny Cottençon et Louis le Barazer Je serai donc le 7 décembre au Casino de Hyères. Ce même jour je signerai mon livre à la librairie Charlemagne d’Hyères de 16h à 18h. Puis je pars en tournée en janvier et février avec Yves le Moign’ et mon spectacle « Molière » (Lundi 13 janvier à la Chaudronnerie, la Ciotat et lundi 25 février au Théâtre Anthea, Antipolis). Puis, je serai de retour à Paris pour ma création annuelle au théâtre Hébertot : je reprends la pièce «L’affrontement» de Mass Appeal que Jean Piat avait créée et mise en scène, avec Francis Lalanne puis que j’avais jouée avec Davy Sardou. Davy l’a remaniée. Elle s’appellera « Transmission » car il pose cette question : est-ce que c’est le prêtre qui va aller vers le jeune, qui représente la vie, où le prêtre qui influencera le jeune vers la foi ? Je la jouerai avec un jeune comédien magnifique : Valentin de Carbonières, qui a eu le Molière de la révélation masculine 2019 pour « sept morts sur ordonnance ». Tu vois, je suis entouré de Molières ! Tu verras, la fin est étonnante.

Tu m’avais aussi parlé d’une série télé…

Oui, je tourne une série de quatre épisodes pour France 3 « De Gaulle, l’éclat et le secret » réalisée par François Vellle. C’est Samuel Labarthe qui joue de Gaulle, je joue Malraux… C’est lui qui a fait entrer Jean Moulin au Panthéon.

 

Propos recueillis par Jacques Brachet.