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Franck Cassenti - Des héros de romans d’aventure.

Franck Cassenti - Des héros de romans d’aventure.

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| MUSIQUE

Saison de jazz à Hyères

 

Cinéaste et musicien, Frank dirige le Festival Jazz à Porquerolles, qui vient de fêter ses vingt ans. Et durant l’année, il assure une programmation jazz éclectique et de qualité dans divers lieux, et principalement à Hyères. Il nous livre son amour du jazz, et sa programmation.

 

Qu’est-ce qui fait votre amour du jazz ?

Mon amour de la vie. Très jeune, je suis tombé dans la musique. A seize ans, j’ai créé un club de jazz, avec un copain de la Ciotat. On avait un groupe de jazz Nouvelle Orléans. Le chanteur Christophe était d’ailleurs le pianiste du groupe ! Dans les années 80, j’ai rencontré Michel Petrucciani, Archie Shepp et Bernard Lubat. J’avais déjà réalisé des longs métrages, et j’ai commencé à faire des documentaires sur le jazz. Shepp a vraiment été un élément détonateur. Par ailleurs, je suis également musicien. En 2002, j’ai créé Jazz à Porquerolles, avec comme parrains Archie Shepp et Aldo Romano. J’avais aussi travaillé au Festival de Marciac pendant vingt ans, où j’ai filmé tous les grands du jazz. Les jazzmen portent en eux toute l’histoire du siècle, ce sont de vrais héros de romans d’aventure. L’image pour moi est le reflet du monde, et en tant que cinéaste on a une responsabilité quand on crée des images. Mon dernier film, qui est sur Archie Shepp, s’intitule d’ailleurs "Changer le monde". Le site Cinémutins propose une dizaine de mes films.

 

Parlez-nous des lieux avec lesquels vous collaborez...

Dès le départ, nous avons eu le soutien de François Carrassan, adjoint à la culture de la municipalité d’Hyères. On collabore avec la mairie en toute liberté, cette ville aime la musique et la culture. Le Festival a pris de l’importance au fil des années. Aujourd’hui, nous travaillons avec la Fondation Carmignac également, avec qui nous sommes sur la même longueur d’ondes. Nous organisons nos concerts toute l’année au Théâtre Denis, ce théâtre à l’italienne avec une formidable acoustique, à l’Eglise Anglicane, au Liberté avec Charles Berling avec qui nous avons une relation amicale et professionnelle...

 

Quelle est la programmation cette année ?

Le 10 décembre, nous avons un musicien formidable, Jacky Terrasson, l’un des plus grands pianistes de jazz en Europe. C’est un ami du festival. On ne cherche pas à faire des coups médiatiques avec la programmation, ce qui nous intéresse c’est la musique. Chaque année, Archie Shepp vient avec des projets différents, ces artistes ont un spectre musical tellement large... Jacky Terrasson est un musicien de cette dimension. En première partie, nous aurons un groupe émergent, Go to the dogs ! C’est du jazz d’aujourd’hui, très libre, assez novateur... C’est important pour nous également de soutenir ces jeunes artistes. Le 18 février, nous accueillons Carlos Maza, pianiste et multi-instrumentiste, qui appartient à la communauté mapuche. Il vient avec sa fille violoniste, pour un programme de chanson chilienne. En première partie, nous aurons Fur, jeunes musiciens qui ont eu le prix du jury au dernier tremplin jazz Porquerolles. Le 11 mars, au théâtre Denis, ce sera particulier, car c’est moi qui joue. Enfin qui lit. Avec Michel Benita à la contrebasse et Nguyên Lê, à la guitare, qui improviseront, je ferai une lecture autour de Novecento, d’après le très célèbre roman d’Alessandro Baricco. Ce texte est très musical, c’est presque du slam. Enfin, le 29 avril à l’Eglise Anglicane, nous aurons Sprezza World, un concert qui marie musique baroque et musiques du monde, pour un moment très spirituel. Nous retrouvons le côté vraiment sacré de cette musique mais avec du swing, des percussions, et c’est chanté par un contre-ténor. Pour cet été, je vous donne une exclu. Nous placerons le festival sous le signe de la Réunion, le pays et le terme, et nous accueillerons le grand représentant de la musique de ce pays : Danyel Waro. Autre événement qui me tient à cœur : le 4 décembre, nous organisons une soirée cinéma festive à La Ciotat en soutien au Cinéma Lumière, un cinéma d’Art et Essai, créé en 1913. La municipalité souhaite le détruire pour créer une halle commerciale. Nous projetterons mon film "Changer le monde" et je donnerai un concert avec le groupe Amoucaché.


Discipline: Articles, Musique



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Saison de jazz à Hyères

 

Cinéaste et musicien, Frank dirige le Festival Jazz à Porquerolles, qui vient de fêter ses vingt ans. Et durant l’année, il assure une programmation jazz éclectique et de qualité dans divers lieux, et principalement à Hyères. Il nous livre son amour du jazz, et sa programmation.

 

Qu’est-ce qui fait votre amour du jazz ?

Mon amour de la vie. Très jeune, je suis tombé dans la musique. A seize ans, j’ai créé un club de jazz, avec un copain de la Ciotat. On avait un groupe de jazz Nouvelle Orléans. Le chanteur Christophe était d’ailleurs le pianiste du groupe ! Dans les années 80, j’ai rencontré Michel Petrucciani, Archie Shepp et Bernard Lubat. J’avais déjà réalisé des longs métrages, et j’ai commencé à faire des documentaires sur le jazz. Shepp a vraiment été un élément détonateur. Par ailleurs, je suis également musicien. En 2002, j’ai créé Jazz à Porquerolles, avec comme parrains Archie Shepp et Aldo Romano. J’avais aussi travaillé au Festival de Marciac pendant vingt ans, où j’ai filmé tous les grands du jazz. Les jazzmen portent en eux toute l’histoire du siècle, ce sont de vrais héros de romans d’aventure. L’image pour moi est le reflet du monde, et en tant que cinéaste on a une responsabilité quand on crée des images. Mon dernier film, qui est sur Archie Shepp, s’intitule d’ailleurs "Changer le monde". Le site Cinémutins propose une dizaine de mes films.

 

Parlez-nous des lieux avec lesquels vous collaborez...

Dès le départ, nous avons eu le soutien de François Carrassan, adjoint à la culture de la municipalité d’Hyères. On collabore avec la mairie en toute liberté, cette ville aime la musique et la culture. Le Festival a pris de l’importance au fil des années. Aujourd’hui, nous travaillons avec la Fondation Carmignac également, avec qui nous sommes sur la même longueur d’ondes. Nous organisons nos concerts toute l’année au Théâtre Denis, ce théâtre à l’italienne avec une formidable acoustique, à l’Eglise Anglicane, au Liberté avec Charles Berling avec qui nous avons une relation amicale et professionnelle...

 

Quelle est la programmation cette année ?

Le 10 décembre, nous avons un musicien formidable, Jacky Terrasson, l’un des plus grands pianistes de jazz en Europe. C’est un ami du festival. On ne cherche pas à faire des coups médiatiques avec la programmation, ce qui nous intéresse c’est la musique. Chaque année, Archie Shepp vient avec des projets différents, ces artistes ont un spectre musical tellement large... Jacky Terrasson est un musicien de cette dimension. En première partie, nous aurons un groupe émergent, Go to the dogs ! C’est du jazz d’aujourd’hui, très libre, assez novateur... C’est important pour nous également de soutenir ces jeunes artistes. Le 18 février, nous accueillons Carlos Maza, pianiste et multi-instrumentiste, qui appartient à la communauté mapuche. Il vient avec sa fille violoniste, pour un programme de chanson chilienne. En première partie, nous aurons Fur, jeunes musiciens qui ont eu le prix du jury au dernier tremplin jazz Porquerolles. Le 11 mars, au théâtre Denis, ce sera particulier, car c’est moi qui joue. Enfin qui lit. Avec Michel Benita à la contrebasse et Nguyên Lê, à la guitare, qui improviseront, je ferai une lecture autour de Novecento, d’après le très célèbre roman d’Alessandro Baricco. Ce texte est très musical, c’est presque du slam. Enfin, le 29 avril à l’Eglise Anglicane, nous aurons Sprezza World, un concert qui marie musique baroque et musiques du monde, pour un moment très spirituel. Nous retrouvons le côté vraiment sacré de cette musique mais avec du swing, des percussions, et c’est chanté par un contre-ténor. Pour cet été, je vous donne une exclu. Nous placerons le festival sous le signe de la Réunion, le pays et le terme, et nous accueillerons le grand représentant de la musique de ce pays : Danyel Waro. Autre événement qui me tient à cœur : le 4 décembre, nous organisons une soirée cinéma festive à La Ciotat en soutien au Cinéma Lumière, un cinéma d’Art et Essai, créé en 1913. La municipalité souhaite le détruire pour créer une halle commerciale. Nous projetterons mon film "Changer le monde" et je donnerai un concert avec le groupe Amoucaché.