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Frank Micheletti - Des artistes qui parlent au plus grand nombre.

Frank Micheletti - Des artistes qui parlent au plus grand nombre.

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DANSE              

Festival Constellations
Du 17 au 20 septembre
à Toulon et à Hyères   

Rares sont les festivals qui ont pu être maintenus cette année. Nous nous réjouissons donc que Frank ait réussi à organiser son festival danse/musique/performances Constellations. D’autant que c’est la dixième édition ! Nous sommes également fiers d’en être partenaires, alors n’hésitez pas à venir nous y retrouver.

Comment as-tu choisi les artistes de cette édition ?

Cette édition flotte sous la bannière « Panorama iridescent/Panorama sensoriel ». Les artistes inventent des langues hautes en couleurs qui échappent au langage unifié et homogène. Elles relaient la multisensorialité de nos vies et de nos corps. Qu’est-ce que porte, contient et garde un corps ? Certains artistes sondent la mémoire, les archives du passé pour relancer ce qu’il a d’actif, d’audacieux, de vigoureux dans les fibres du temps. Je pense à Ola Maciejewska qui revisite la « Dancing Dress » inventée par Loie Fuller (pionnière de la danse moderne) ou Samuel Mathieu qui nous parle d’un virus en 1518 qui faisait danser frénétiquement les gens jusqu'à la mort. Jozef Trefeli & Gabor Varga recyclent le folklore avec leur duo « Créature » qui repense tradition et modernité. Échos lointains pour de nouveaux actes d’invention. D’autres composent des alternatives pour disposer plus amplement de nos corps. Cette dixième édition accompagne les artistes qui s’éloignent des syntaxes établies cherchant de nouvelles voies. Celles et ceux qui font « collisionner » des univers éloignés en révélant d’autres imaginaires. Les artistes relaient les soubresauts du monde. Ils guettent des principes actifs pour agir avec lui. Le poète martiniquais Edouard Glissant disait : « Permettre de connaitre l’inextricable sans en être embarrassé ».

Parle-nous des deux destinations que propose Constellations ?

Je me suis rendu au Mozambique la première fois en 2001, et en suis tombé amoureux. En 2005, j’y ai rencontré Idio, le principal complice de Kubilai Khan. Le continent africain se révèle être un continent au bouillonnement artistique incroyable. Pack N’Djamena, Edna Jaime et Idio Chichava sont chorégraphes et posent la question des modèles culturels qui sont suivis. Ils refusent les prêt-à-porter mal ajustés et posent des gestes inédits. Concernant la Villa Kujoyama, je précise quelle est la première résidence artistique française de recherche pluridisciplinaire implantée en Asie. Depuis vingt-cinq ans, plus de trois cent cinquante artistes ont séjourné pour des durées de deux à six mois. Constellations poursuit sa collaboration avec Kyoto en invitant trois chorégraphes résidents de la Villa à présenter leurs travaux : Camille Mutel, Nach et Benjamin Bertrand. Camille Mutel remonte son premier solo « Effraction de l’oubli » qu’elle confronte à une image du plasticien SMITH. Nach s’aventure dans une recherche du geste qui transcende les codes et les cultures. Électron libre du Krump, elle propose une conférence dansée. Benjamin Bertrand, quant à lui, interroge la notion de vestige, moins paysage d’une disparition qu'oasis invisible ayant survécue au passage du temps.

Pour ces dix ans, tu as une programmation entre Toulon et Hyères…

L’enthousiasme et la curiosité des publics m’ont confirmé que les gens avaient envie de voir des artistes singuliers. Je crois que plus un artiste porte une voix personnelle plus il parle au plus grand nombre. A Hyères, nous déplaçons nos présences vers des scènes inhabituelles : un lavoir et un lieu de culte. Dans la Collégiale Saint-Paul nous verrons « Deal » de Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde, créée à partir du texte de Koltès : « Dans la solitude des champs de coton ». Ces artistes font valser les étiquettes et les catégories : ils ont une formation de circassiens, sont devenus chorégraphes/danseurs, et font danser un des textes mythiques du théâtre contemporain. A Toulon, nous aurons deux jours au théâtre Liberté et au Cercle Naval (vendredi et dimanche) ; le QG de Constellations restant la Tour Royale le samedi. Au Liberté, le brésilien Luiz de Abreu dans un solo radical mesure l’urgence d’aborder la question décoloniale. Sa pièce formule sans détour une critique de la condition subalterne à laquelle les noirs sont assignés au Brésil. Au Cercle Naval, Betty Tchomanga évoque Mami Wata, sirène échouée, déesse des eaux, figure des bas-fonds, de la nuit et de la sexualité, dans son solo « Mascarade ». A la Tour Royale, Maxime Cozic fera parler son étonnante gestuelle syncopée et incisive dans sa création « Emprise », et la chorégraphe israélienne Meytal Blanaru questionne le conformisme lié aux identités de genre, à l’objectivation du corps féminin.

Malgré les circonstances, la musique reste présente…

Malheureusement moins, les concerts debout étant encore impossible à proposer… Aussi, je vous conseille vivement le concert de L’Ocelle Mare. J’ai rarement vu un musicien aussi incarné. Musique inédite, bouleversante intensité polyphonique, soutenue par une pulsion primordiale qui ne ressemble à rien de connu. Je me produirai également avec Yaguara pour une Deep Listening Party. Mention importante : le festival est entièrement gratuit, il vous faudra seulement cette année réserver car certaines jauges seront limitées.

Site internet de : https://www.kubilai-khan-constellations.com/ - http://www.kubilai-khan-investigations.com/?ID=51&lg=fr 

Page Facebook : Festival Constellations 

Festival Constellations#9 - Toulon, Hyères

 


Discipline: Articles, Musique, Arts graphiques, Sur les planches, Initiatives, Événements



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Festival Constellations
Du 17 au 20 septembre
à Toulon et à Hyères   

Rares sont les festivals qui ont pu être maintenus cette année. Nous nous réjouissons donc que Frank ait réussi à organiser son festival danse/musique/performances Constellations. D’autant que c’est la dixième édition ! Nous sommes également fiers d’en être partenaires, alors n’hésitez pas à venir nous y retrouver.

Comment as-tu choisi les artistes de cette édition ?

Cette édition flotte sous la bannière « Panorama iridescent/Panorama sensoriel ». Les artistes inventent des langues hautes en couleurs qui échappent au langage unifié et homogène. Elles relaient la multisensorialité de nos vies et de nos corps. Qu’est-ce que porte, contient et garde un corps ? Certains artistes sondent la mémoire, les archives du passé pour relancer ce qu’il a d’actif, d’audacieux, de vigoureux dans les fibres du temps. Je pense à Ola Maciejewska qui revisite la « Dancing Dress » inventée par Loie Fuller (pionnière de la danse moderne) ou Samuel Mathieu qui nous parle d’un virus en 1518 qui faisait danser frénétiquement les gens jusqu'à la mort. Jozef Trefeli & Gabor Varga recyclent le folklore avec leur duo « Créature » qui repense tradition et modernité. Échos lointains pour de nouveaux actes d’invention. D’autres composent des alternatives pour disposer plus amplement de nos corps. Cette dixième édition accompagne les artistes qui s’éloignent des syntaxes établies cherchant de nouvelles voies. Celles et ceux qui font « collisionner » des univers éloignés en révélant d’autres imaginaires. Les artistes relaient les soubresauts du monde. Ils guettent des principes actifs pour agir avec lui. Le poète martiniquais Edouard Glissant disait : « Permettre de connaitre l’inextricable sans en être embarrassé ».

Parle-nous des deux destinations que propose Constellations ?

Je me suis rendu au Mozambique la première fois en 2001, et en suis tombé amoureux. En 2005, j’y ai rencontré Idio, le principal complice de Kubilai Khan. Le continent africain se révèle être un continent au bouillonnement artistique incroyable. Pack N’Djamena, Edna Jaime et Idio Chichava sont chorégraphes et posent la question des modèles culturels qui sont suivis. Ils refusent les prêt-à-porter mal ajustés et posent des gestes inédits. Concernant la Villa Kujoyama, je précise quelle est la première résidence artistique française de recherche pluridisciplinaire implantée en Asie. Depuis vingt-cinq ans, plus de trois cent cinquante artistes ont séjourné pour des durées de deux à six mois. Constellations poursuit sa collaboration avec Kyoto en invitant trois chorégraphes résidents de la Villa à présenter leurs travaux : Camille Mutel, Nach et Benjamin Bertrand. Camille Mutel remonte son premier solo « Effraction de l’oubli » qu’elle confronte à une image du plasticien SMITH. Nach s’aventure dans une recherche du geste qui transcende les codes et les cultures. Électron libre du Krump, elle propose une conférence dansée. Benjamin Bertrand, quant à lui, interroge la notion de vestige, moins paysage d’une disparition qu'oasis invisible ayant survécue au passage du temps.

Pour ces dix ans, tu as une programmation entre Toulon et Hyères…

L’enthousiasme et la curiosité des publics m’ont confirmé que les gens avaient envie de voir des artistes singuliers. Je crois que plus un artiste porte une voix personnelle plus il parle au plus grand nombre. A Hyères, nous déplaçons nos présences vers des scènes inhabituelles : un lavoir et un lieu de culte. Dans la Collégiale Saint-Paul nous verrons « Deal » de Jean-Baptiste André et Dimitri Jourde, créée à partir du texte de Koltès : « Dans la solitude des champs de coton ». Ces artistes font valser les étiquettes et les catégories : ils ont une formation de circassiens, sont devenus chorégraphes/danseurs, et font danser un des textes mythiques du théâtre contemporain. A Toulon, nous aurons deux jours au théâtre Liberté et au Cercle Naval (vendredi et dimanche) ; le QG de Constellations restant la Tour Royale le samedi. Au Liberté, le brésilien Luiz de Abreu dans un solo radical mesure l’urgence d’aborder la question décoloniale. Sa pièce formule sans détour une critique de la condition subalterne à laquelle les noirs sont assignés au Brésil. Au Cercle Naval, Betty Tchomanga évoque Mami Wata, sirène échouée, déesse des eaux, figure des bas-fonds, de la nuit et de la sexualité, dans son solo « Mascarade ». A la Tour Royale, Maxime Cozic fera parler son étonnante gestuelle syncopée et incisive dans sa création « Emprise », et la chorégraphe israélienne Meytal Blanaru questionne le conformisme lié aux identités de genre, à l’objectivation du corps féminin.

Malgré les circonstances, la musique reste présente…

Malheureusement moins, les concerts debout étant encore impossible à proposer… Aussi, je vous conseille vivement le concert de L’Ocelle Mare. J’ai rarement vu un musicien aussi incarné. Musique inédite, bouleversante intensité polyphonique, soutenue par une pulsion primordiale qui ne ressemble à rien de connu. Je me produirai également avec Yaguara pour une Deep Listening Party. Mention importante : le festival est entièrement gratuit, il vous faudra seulement cette année réserver car certaines jauges seront limitées.

Site internet de : https://www.kubilai-khan-constellations.com/ - http://www.kubilai-khan-investigations.com/?ID=51&lg=fr 

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