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Georgia Sinicorni - L'amour ou la richesse ?

Georgia Sinicorni - L'amour ou la richesse ?

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Baignant depuis son plus jeune âge dans une ambiance familiale engagée, elle ne renonce pas au plaisir d’une féminité affirmée et joyeuse. Giorgia Sinicorni nous propose ici une nouvelle version du spectacle culte d’Audrey Vernon « Comment épouser un milliardaire ? », enrichie par l’actualité économique et sociale. Plusieurs milliardaires seront convoqués dans ce seule en scène hors norme qui décrypte le monde des ultras-riches.

 

Pourquoi avez-vous choisi de réactualiser ce spectacle d’Audrey Vernon ?

Je l’ai découvert il y a deux ans et demi lors du Festival d’Avignon. J’ai trouvé le texte intelligent et tellement drôle. Également très factuel et politique. Je n’aurai pas pu faire mieux. Je suis donc allée voir Audrey, et lui ai demandé si je pouvais l’adapter et le reprendre en italien. Elle était d’accord pour collaborer.. et m’a demandé de le refaire en France. On a fini par devenir copines. Pour que je puisse m’approprier ce One-woman-show, Audrey m’a laissé beaucoup de liberté.J’ai eu des difficultés au début, ce qui est normal, mais finalement je lui en suis reconnaissante. Le plus intéressant dans ce spectacle, c’est qu’il existe depuis dix ans. Au début, personne ne connaissait les milliardaires. Aujourd’hui tout le monde connait les références et les thèmes abordés sont toujours d’actualité.

Avez-vous procédé à une réécriture pour vous approprier plus facilement « comment épouser un milliardaire ? » ?

Il y a forcément eu un travail de réécriture. Nous devions adapter le spectacle à l’actualité italienne, donc aux milliardaires italiens. Les différences sont assez importantes, parce qu’on a plus de milliardaires en Italie, mais ils sont moins riches. La concentration de richesse est bien moins forte qu’en France. Certains milliardaires sont parmi les plus riches au monde, comme Bernard Arnault par exemple. Donc le travail de réécriture consistait surtout à actualiser les informations par rapport au territoire italien, la structure du spectacle restant la même. Quant à la mise en scène, elle devait rester légère. Dans le cas du stand-up, il y en a peu ou pas, mais dans un seul en scène on utilise plus de scénographie. Ici, avec le metteur en scène, Mikael Chirinian, nous avons cherché à illustrer les informations contenues dans le texte, en utilisant par exemple des photos des milliardaires dont on parle.

Vous êtes une actrice italienne, mais vous avez déjà travaillé en France, et maintenant vous reprenez même un spectacle français. Qu’est-ce qui vous lie si étroitement à la France ?

J’habite depuis trois ans en France. Mais ça fait déjà quinze ans que je suis tombée amoureuse de ce pays. J’ai même réussi à créer une dynamique me permettant de travailler dans les deux pays et c’est très agréable. La France est mon deuxième pays, ma deuxième langue. Même quand je parle italien, certains mots sortent en français (rires). Ça me donne un double regard, une double culture, et j’adore ça.

Un milliardaire pourrait-il faire partie de vos spectateurs sans se sentir mal à l’aise ?

Une fois, nous sommes allées à Monaco avec Audrey, et sur place nous nous sommes rendues compte que les personnes vraiment très riches possèdent une sorte de cynisme ironique à leur égard. Si vous feuilletez le magazine « Challenge » par exemple, vous pourrez voir diverses blagues, vignettes humoristiques à propos des milliardaires. Donc je pense qu’en tant que spectateur, ils pourraient facilement en rire. Mais tout le monde ne réceptionne pas les informations de la même façon, que l’on soit riche ou non.

 


Discipline: Articles, Sur les planches,



Catégories : Articles, Sur les planches,

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Baignant depuis son plus jeune âge dans une ambiance familiale engagée, elle ne renonce pas au plaisir d’une féminité affirmée et joyeuse. Giorgia Sinicorni nous propose ici une nouvelle version du spectacle culte d’Audrey Vernon « Comment épouser un milliardaire ? », enrichie par l’actualité économique et sociale. Plusieurs milliardaires seront convoqués dans ce seule en scène hors norme qui décrypte le monde des ultras-riches.

 

Pourquoi avez-vous choisi de réactualiser ce spectacle d’Audrey Vernon ?

Je l’ai découvert il y a deux ans et demi lors du Festival d’Avignon. J’ai trouvé le texte intelligent et tellement drôle. Également très factuel et politique. Je n’aurai pas pu faire mieux. Je suis donc allée voir Audrey, et lui ai demandé si je pouvais l’adapter et le reprendre en italien. Elle était d’accord pour collaborer.. et m’a demandé de le refaire en France. On a fini par devenir copines. Pour que je puisse m’approprier ce One-woman-show, Audrey m’a laissé beaucoup de liberté.J’ai eu des difficultés au début, ce qui est normal, mais finalement je lui en suis reconnaissante. Le plus intéressant dans ce spectacle, c’est qu’il existe depuis dix ans. Au début, personne ne connaissait les milliardaires. Aujourd’hui tout le monde connait les références et les thèmes abordés sont toujours d’actualité.

Avez-vous procédé à une réécriture pour vous approprier plus facilement « comment épouser un milliardaire ? » ?

Il y a forcément eu un travail de réécriture. Nous devions adapter le spectacle à l’actualité italienne, donc aux milliardaires italiens. Les différences sont assez importantes, parce qu’on a plus de milliardaires en Italie, mais ils sont moins riches. La concentration de richesse est bien moins forte qu’en France. Certains milliardaires sont parmi les plus riches au monde, comme Bernard Arnault par exemple. Donc le travail de réécriture consistait surtout à actualiser les informations par rapport au territoire italien, la structure du spectacle restant la même. Quant à la mise en scène, elle devait rester légère. Dans le cas du stand-up, il y en a peu ou pas, mais dans un seul en scène on utilise plus de scénographie. Ici, avec le metteur en scène, Mikael Chirinian, nous avons cherché à illustrer les informations contenues dans le texte, en utilisant par exemple des photos des milliardaires dont on parle.

Vous êtes une actrice italienne, mais vous avez déjà travaillé en France, et maintenant vous reprenez même un spectacle français. Qu’est-ce qui vous lie si étroitement à la France ?

J’habite depuis trois ans en France. Mais ça fait déjà quinze ans que je suis tombée amoureuse de ce pays. J’ai même réussi à créer une dynamique me permettant de travailler dans les deux pays et c’est très agréable. La France est mon deuxième pays, ma deuxième langue. Même quand je parle italien, certains mots sortent en français (rires). Ça me donne un double regard, une double culture, et j’adore ça.

Un milliardaire pourrait-il faire partie de vos spectateurs sans se sentir mal à l’aise ?

Une fois, nous sommes allées à Monaco avec Audrey, et sur place nous nous sommes rendues compte que les personnes vraiment très riches possèdent une sorte de cynisme ironique à leur égard. Si vous feuilletez le magazine « Challenge » par exemple, vous pourrez voir diverses blagues, vignettes humoristiques à propos des milliardaires. Donc je pense qu’en tant que spectateur, ils pourraient facilement en rire. Mais tout le monde ne réceptionne pas les informations de la même façon, que l’on soit riche ou non.