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Gustavo Giacosa, je vois la beauté. Gustavo Giacosa, je vois la beauté.
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Gustavo Giacosa, je vois la beauté. Gustavo Giacosa, je vois la beauté.

Gustavo Giacosa, je vois la beauté.

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Du 11.10 au 13.10 - En chemin  - Le Liberté Scène Nationale - Toulon

« En chemin » est le troisième et dernier volet de l’œuvre de Gustavo sur la symbolique de l’espace urbain. Qualifié de spectacle inclassable, nous voyageons entre musique, danse, théâtre, arts plastiques, dans les méandres créés par les fantômes de notre passé.

 

Outre cette symbolique, vous parlez d’une quête identitaire…
L’idée de chemin amène automatiquement celle de marche. Beaucoup d’écrivains, notamment Whitman, ont fait l’éloge de la marche, qui est synonyme de quête identitaire. Ici c’est un personnage un peu décalé, à côté de ses pompes et qui, dans ses vagabondages, cherche une direction à sa vie. Dans son parcours, il va se perdre dans les images mentales qui naissent dans sa tête. Il est confronté à ses voix cérébrales qui se posent en obstacles, des images de son enfance. C’est assez universel d’être aux prises avec les fantômes de notre passé.


Pourquoi ce choix d’acteurs trisomiques ?
En tant que comédien, j’ai longtemps fait partie de la troupe de Pippo Delbono, qui travaille avec des personnes handicapées. En 2012, j’ai créé ma compagnie SIC.12 à Aix en Provence, et en même temps, ai été commissaire d’exposition avec comme spécialité l’Art Brut. Il y a quelques temps déjà dans les Ardennes belges j’ai rencontré la « S » Grand atelier, qui travaille avec des handicapés mentaux, et se voue à la mixité entre artistes contemporains et artistes porteurs de trisomie. Ces comédiens porteurs de handicap amènent une vérité, une nécessité expressive forte. Ça m’intéresse de partager avec les membres de ma troupe, de dialoguer, de créer ensemble. Je connais ces comédiens depuis longtemps, mais ai attendu des années avant de me sentir prêt à les aborder. Le spectacle représente deux ans de travail, avec une troupe multidisciplinaire, musicien, plasticien, danseuse, comédiens et moi-même, comédien et metteur en scène. Ces artistes handicapés sont plasticiens, dessinent, font de la musique, chantent… Ça change l’image des personnes handicapées. Ils sont très conscients de ce qu’ils font sur scène. Je ne travaille pas à partir d’un texte a priori, mais d’improvisation et de ce que me proposent mes artistes. Moi je ne vois pas le handicap, je vois la beauté.


Comment s’est créé ce spectacle ? Vous parlez de poème musical et visuel…
Quand je pense à mes créations dernièrement, je pense à l’agriculture biologique. C’est un travail très lent, les tomates sont savoureuses, mais n’ont pas une forme de tomate. Aujourd’hui tout va très vite, et le temps c’est un luxe dans la création. Nous travaillons en résidences de création, et je travaille beaucoup à la maison, avec la vidéo. J’ai fait une très belle rencontre avec un auteur-réalisateur qui m’a servi de regard extérieur, Philippe de Pierrepont. Il est auteur de BD, avec « Paysage après la bataille » notamment, récompensé au dernier festival de BD d’Angoulème. Je suis l’auteur des textes, je fais la mise en scène, mais dans la création, il y a beaucoup d’ingrédients. Au niveau plastique, j’ai travaillé avec des bâches en plastique noir qui se transforment, changent de contexte et de signification. J’ai un créateur lumière qui me suit depuis longtemps. La musique est une colonne vertébrale également. Avec Fausto, on travaille beaucoup en dehors, on écrit, on réécrit, on compose, on est partis de très loin pour arriver à la forme qu’aujourd’hui vous allez voir sur scène. Le spectacle est la partie visible de l’iceberg, mais les deux ans de travail en font aussi partie, et pour moi c’est important d’en rendre compte, notamment par le travail des journalistes.

 

Le Liberté Scène Nationale vous soutient pour cette création…

Nous avons commencé avec « La maison », spectacle joué dans la grande salle, très baroque, qui occupait tout l’espace. Là j’ai voulu travailler dans la Salle Fanny Ardant, comme pour « Nannetti, le colonel astral » pour plus de proximité avec le spectateur. Cela convient bien à ce spectacle, à l’équipe plus restreinte, aux travailleurs handicapés. Le public du Liberté est connaisseur. On continuera à travailler ensemble dans les prochaines années, c’est un pilier pour moi.

 

Site web du Liberté Scène Nationale

Site web de la compagnie SIC12

 

 


Discipline: Articles, Sur les planches,



Catégories : Articles, Sur les planches,

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Du 11.10 au 13.10 - En chemin  - Le Liberté Scène Nationale - Toulon

« En chemin » est le troisième et dernier volet de l’œuvre de Gustavo sur la symbolique de l’espace urbain. Qualifié de spectacle inclassable, nous voyageons entre musique, danse, théâtre, arts plastiques, dans les méandres créés par les fantômes de notre passé.

 

Outre cette symbolique, vous parlez d’une quête identitaire…
L’idée de chemin amène automatiquement celle de marche. Beaucoup d’écrivains, notamment Whitman, ont fait l’éloge de la marche, qui est synonyme de quête identitaire. Ici c’est un personnage un peu décalé, à côté de ses pompes et qui, dans ses vagabondages, cherche une direction à sa vie. Dans son parcours, il va se perdre dans les images mentales qui naissent dans sa tête. Il est confronté à ses voix cérébrales qui se posent en obstacles, des images de son enfance. C’est assez universel d’être aux prises avec les fantômes de notre passé.


Pourquoi ce choix d’acteurs trisomiques ?
En tant que comédien, j’ai longtemps fait partie de la troupe de Pippo Delbono, qui travaille avec des personnes handicapées. En 2012, j’ai créé ma compagnie SIC.12 à Aix en Provence, et en même temps, ai été commissaire d’exposition avec comme spécialité l’Art Brut. Il y a quelques temps déjà dans les Ardennes belges j’ai rencontré la « S » Grand atelier, qui travaille avec des handicapés mentaux, et se voue à la mixité entre artistes contemporains et artistes porteurs de trisomie. Ces comédiens porteurs de handicap amènent une vérité, une nécessité expressive forte. Ça m’intéresse de partager avec les membres de ma troupe, de dialoguer, de créer ensemble. Je connais ces comédiens depuis longtemps, mais ai attendu des années avant de me sentir prêt à les aborder. Le spectacle représente deux ans de travail, avec une troupe multidisciplinaire, musicien, plasticien, danseuse, comédiens et moi-même, comédien et metteur en scène. Ces artistes handicapés sont plasticiens, dessinent, font de la musique, chantent… Ça change l’image des personnes handicapées. Ils sont très conscients de ce qu’ils font sur scène. Je ne travaille pas à partir d’un texte a priori, mais d’improvisation et de ce que me proposent mes artistes. Moi je ne vois pas le handicap, je vois la beauté.


Comment s’est créé ce spectacle ? Vous parlez de poème musical et visuel…
Quand je pense à mes créations dernièrement, je pense à l’agriculture biologique. C’est un travail très lent, les tomates sont savoureuses, mais n’ont pas une forme de tomate. Aujourd’hui tout va très vite, et le temps c’est un luxe dans la création. Nous travaillons en résidences de création, et je travaille beaucoup à la maison, avec la vidéo. J’ai fait une très belle rencontre avec un auteur-réalisateur qui m’a servi de regard extérieur, Philippe de Pierrepont. Il est auteur de BD, avec « Paysage après la bataille » notamment, récompensé au dernier festival de BD d’Angoulème. Je suis l’auteur des textes, je fais la mise en scène, mais dans la création, il y a beaucoup d’ingrédients. Au niveau plastique, j’ai travaillé avec des bâches en plastique noir qui se transforment, changent de contexte et de signification. J’ai un créateur lumière qui me suit depuis longtemps. La musique est une colonne vertébrale également. Avec Fausto, on travaille beaucoup en dehors, on écrit, on réécrit, on compose, on est partis de très loin pour arriver à la forme qu’aujourd’hui vous allez voir sur scène. Le spectacle est la partie visible de l’iceberg, mais les deux ans de travail en font aussi partie, et pour moi c’est important d’en rendre compte, notamment par le travail des journalistes.

 

Le Liberté Scène Nationale vous soutient pour cette création…

Nous avons commencé avec « La maison », spectacle joué dans la grande salle, très baroque, qui occupait tout l’espace. Là j’ai voulu travailler dans la Salle Fanny Ardant, comme pour « Nannetti, le colonel astral » pour plus de proximité avec le spectateur. Cela convient bien à ce spectacle, à l’équipe plus restreinte, aux travailleurs handicapés. Le public du Liberté est connaisseur. On continuera à travailler ensemble dans les prochaines années, c’est un pilier pour moi.

 

Site web du Liberté Scène Nationale

Site web de la compagnie SIC12