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Guy Villerd - Pour les enfants de trois à soixante-dix sept ans.

Guy Villerd - Pour les enfants de trois à soixante-dix sept ans.

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09.11 - 16h - Théâtre Marelios, La Valette-du-Var.

 

Koko le clown est un personnage créé par les frères Fleischer dans les années 20, qui fut le personnage principal de cent trente cartoons mélant film et animation, et qui ont largement inspiré Walt Disney. Guy Villerd et son collectif ARFI, nous proposent de redécouvrir toutes les richesses de leur cinéma, en les accompagnant avec leurs compositions personnelles, des reprises de standards de jazz, et de l’improvisation.

 

Quelles ont été les motivations à la base de ce projet ?

L’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire est une compagnie de musiciens professionnels, tournés vers le jazz. L’un de nos musiciens est un passionné de cinéma. Lors d’événements importants, il projetait des films muets, et nous avons commencé à jouer dessus. C’est comme cela que nous avons commencé à faire du ciné-concert. C’était en 1977. C’est cette passion, ce lien entre image et son en direct, qui nous a amenés à cela. Pour ce projet spécifique, j’ai découvert, vers 2008, ce film, Koko le Clown, et j’ai eu un coup de cœur. J’étais étonné de la modernité des frères Fleischer. Pour moi, les Walt Disney à côté ne font pas le poids. C’est vraiment plus fou, plus naturel. C’est un cartoon pour les enfants mais aussi pour les adultes. À chaque âge, on peut y trouver quelque chose. Le public reste souvent ébahi : il y a cent ans, les frères Fleischer étaient des précurseurs. C’était anarchiste, on peut même les qualifier de surréalistes alors que le mouvement n’existait pas encore. Ils ont vraiment inventé quelque chose de moderne pour leur époque. Ils n’ont pas cherché, comme leur concurrent, Walt Disney, à brosser les gens dans le sens du poil et à faire des films pour enfants, gentillets et digestes. Nous avons alors fait des recherches, récupéré des films, et le projet s’est lancé, avec Jean Bolcato à la contrebasse et moi-même au saxophone et aux machines.

 

Donc, ce n’est pas un spectacle Jeune Public…

Si, on le joue devant des enfants allant de trois à soixante-dix sept ans ! On l’a joué devant des maternelles, des primaires, des adultes, à l’étranger également... Pour ma part, j’ai fait des spectacles pour enfants pendant trente ans, donc je connais bien le milieu. Il n’y a pas de différence particulière à faire avec le jeune public. Il suffit que la musique soit « habitée », comme on dit, et ça marche à tous les coups, quel que soit le public. Je trouve que les enfants sont beaucoup plus souples et ouverts que les adultes.

 

Vous reprenez des morceaux de grands du jazz, comme Sun Ra...

Oui, je chante une chanson composée par cette grande figure du free jazz. Le spectacle est composé de créations personnelles et de morceaux de compositeurs de jazz. Au sein de l’ARFI, nous ne faisons pas de reprise, cela tourne vraiment autour de compositions. Là, c’est l’occasion de pouvoir faire quelques reprises, pour changer un peu. Cela nous permet de faire des choses qu’on ne ferait pas ailleurs, c’est agréable.

 

Vous faites usage de musique électronique, de machines…

Moi je fais de la musique informatique depuis plus de trente ans. J’avais les premiers ordinateurs musicaux, le tout premier s’appelait le CX5M de Yamaha. C’était au tout début, à la fin des années 80. J’ai composé mes premières musiques de spectacles sur ces ordinateurs. Ces films ont étés réalisés dans les années 20. Ajouter de la musique électronique sur ces images vieilles de presque cent ans, les rend complètement modernes. D’ailleurs, comme je l’ai dit la manière de filmer et le propos de Koko le Clown sont vraiment contemporains. L’acteur également a un jeu très actuel. Contrairement à beaucoup d’autres acteurs de films muets, celui-ci ne surjoue pas, il est naturel, il s’engueule même avec le clown qu’il a créé ! Cette modernité se prête très bien à des traitements avec musique électronique.

 

LE COLLECTIF ARFI :

Type de musique :

Jazz acoustique et électronique

Membres du collectif :

Guy Villerd (Saxophone tenor, laptop, voix)

Jean Bolcato (Contrebasse, voix)

Souvenir de concert :

On a fait deux séances incroyables dans le cadre d’un gros festival, le Wolfi Jazz Festival de 2014, près de Strasbourg. On a joué devant quatre cents maternelles le matin et devant cinq cents primaires l’après midi, c’était énorme. Les conditions étaient formidables : je n’ai jamais vu un projecteur aussi énorme avec une qualité d’image aussi extraordinaire.

 

 

                                                                                                      

 

KOKO LE CLOWN, DES FRERES FLEISCHER

Film muet - Noir & Blanc - USA - 50 min

Les frères Fleischer sont les créateurs de l’une des premières star de l’animation, Koko le Clown, popularisé au début des années 20. Ils ont aussi créé Popeye, Betty Boop et Superman. Les frères Fleischer pratiquent le surréalisme sans même connaître ce mot. L’animation leur permet de verser dans une sorte d’anarchie burlesque où le magique côtoie le rêve et où l’absurde est ami de la Commedia dell’arte. Revoir les « Koko » aujourd’hui, c’est constater l’extraordinaire liberté avec laquelle les deux frères abordaient l’art de l’animation et du cartoon.

Filmographie : La mouche qui agace (1919) - Casse tête (1923) - Voyage sur Mars (1924) - Modèles (1921) - Bulles (1922) - Il est temps de se coucher (1923) - Le petit frère du clown (1920).

 


Discipline: Articles, Musique,



Catégories : Articles, Musique,

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09.11 - 16h - Théâtre Marelios, La Valette-du-Var.

 

Koko le clown est un personnage créé par les frères Fleischer dans les années 20, qui fut le personnage principal de cent trente cartoons mélant film et animation, et qui ont largement inspiré Walt Disney. Guy Villerd et son collectif ARFI, nous proposent de redécouvrir toutes les richesses de leur cinéma, en les accompagnant avec leurs compositions personnelles, des reprises de standards de jazz, et de l’improvisation.

 

Quelles ont été les motivations à la base de ce projet ?

L’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire est une compagnie de musiciens professionnels, tournés vers le jazz. L’un de nos musiciens est un passionné de cinéma. Lors d’événements importants, il projetait des films muets, et nous avons commencé à jouer dessus. C’est comme cela que nous avons commencé à faire du ciné-concert. C’était en 1977. C’est cette passion, ce lien entre image et son en direct, qui nous a amenés à cela. Pour ce projet spécifique, j’ai découvert, vers 2008, ce film, Koko le Clown, et j’ai eu un coup de cœur. J’étais étonné de la modernité des frères Fleischer. Pour moi, les Walt Disney à côté ne font pas le poids. C’est vraiment plus fou, plus naturel. C’est un cartoon pour les enfants mais aussi pour les adultes. À chaque âge, on peut y trouver quelque chose. Le public reste souvent ébahi : il y a cent ans, les frères Fleischer étaient des précurseurs. C’était anarchiste, on peut même les qualifier de surréalistes alors que le mouvement n’existait pas encore. Ils ont vraiment inventé quelque chose de moderne pour leur époque. Ils n’ont pas cherché, comme leur concurrent, Walt Disney, à brosser les gens dans le sens du poil et à faire des films pour enfants, gentillets et digestes. Nous avons alors fait des recherches, récupéré des films, et le projet s’est lancé, avec Jean Bolcato à la contrebasse et moi-même au saxophone et aux machines.

 

Donc, ce n’est pas un spectacle Jeune Public…

Si, on le joue devant des enfants allant de trois à soixante-dix sept ans ! On l’a joué devant des maternelles, des primaires, des adultes, à l’étranger également... Pour ma part, j’ai fait des spectacles pour enfants pendant trente ans, donc je connais bien le milieu. Il n’y a pas de différence particulière à faire avec le jeune public. Il suffit que la musique soit « habitée », comme on dit, et ça marche à tous les coups, quel que soit le public. Je trouve que les enfants sont beaucoup plus souples et ouverts que les adultes.

 

Vous reprenez des morceaux de grands du jazz, comme Sun Ra...

Oui, je chante une chanson composée par cette grande figure du free jazz. Le spectacle est composé de créations personnelles et de morceaux de compositeurs de jazz. Au sein de l’ARFI, nous ne faisons pas de reprise, cela tourne vraiment autour de compositions. Là, c’est l’occasion de pouvoir faire quelques reprises, pour changer un peu. Cela nous permet de faire des choses qu’on ne ferait pas ailleurs, c’est agréable.

 

Vous faites usage de musique électronique, de machines…

Moi je fais de la musique informatique depuis plus de trente ans. J’avais les premiers ordinateurs musicaux, le tout premier s’appelait le CX5M de Yamaha. C’était au tout début, à la fin des années 80. J’ai composé mes premières musiques de spectacles sur ces ordinateurs. Ces films ont étés réalisés dans les années 20. Ajouter de la musique électronique sur ces images vieilles de presque cent ans, les rend complètement modernes. D’ailleurs, comme je l’ai dit la manière de filmer et le propos de Koko le Clown sont vraiment contemporains. L’acteur également a un jeu très actuel. Contrairement à beaucoup d’autres acteurs de films muets, celui-ci ne surjoue pas, il est naturel, il s’engueule même avec le clown qu’il a créé ! Cette modernité se prête très bien à des traitements avec musique électronique.

 

LE COLLECTIF ARFI :

Type de musique :

Jazz acoustique et électronique

Membres du collectif :

Guy Villerd (Saxophone tenor, laptop, voix)

Jean Bolcato (Contrebasse, voix)

Souvenir de concert :

On a fait deux séances incroyables dans le cadre d’un gros festival, le Wolfi Jazz Festival de 2014, près de Strasbourg. On a joué devant quatre cents maternelles le matin et devant cinq cents primaires l’après midi, c’était énorme. Les conditions étaient formidables : je n’ai jamais vu un projecteur aussi énorme avec une qualité d’image aussi extraordinaire.

 

 

                                                                                                      

 

KOKO LE CLOWN, DES FRERES FLEISCHER

Film muet - Noir & Blanc - USA - 50 min

Les frères Fleischer sont les créateurs de l’une des premières star de l’animation, Koko le Clown, popularisé au début des années 20. Ils ont aussi créé Popeye, Betty Boop et Superman. Les frères Fleischer pratiquent le surréalisme sans même connaître ce mot. L’animation leur permet de verser dans une sorte d’anarchie burlesque où le magique côtoie le rêve et où l’absurde est ami de la Commedia dell’arte. Revoir les « Koko » aujourd’hui, c’est constater l’extraordinaire liberté avec laquelle les deux frères abordaient l’art de l’animation et du cartoon.

Filmographie : La mouche qui agace (1919) - Casse tête (1923) - Voyage sur Mars (1924) - Modèles (1921) - Bulles (1922) - Il est temps de se coucher (1923) - Le petit frère du clown (1920).