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Hildegarde Laszack - Mauvais genre. Hildegarde Laszack - Mauvais genre.
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Hildegarde Laszack - Mauvais genre.

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Que ce soit à la Villa Cool ou dans son travail d’artiste, seule ou en collaboration, Hildegarde fait preuve d’une générosité hors du commun. Comme le montre cette vidéo qu’elle nous a offerts. Nous publions sans aucune retouche l’interview qu’elle a rédigée pour notre magazine.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir plasticienne ?

C’est un truc d’adolescent ; je voulais ouvrir un bar ou devenir dessinateur. C’est bizarre parce que l’un est au contact des gens en permanence et l’autre est assez solitaire… Mes parents ont préféré me pousser vers l’art, qui faisait moins « mauvais genre ». J’aimais bien l’idée d’être artiste plasticien, pour le fantasme intellectuel bourgeois. Mais si je suis honnête, il n’y a que le dessin qui m’intéresse, et plus je vieillis, plus je me détache de la version actuelle de l’art contemporain, qui correspond trop peu à mes convictions personnelles. On pourrait en parler trois heures…

Dans tes dessins personnels, tu utilises un style et des thèmes assez provocateurs, pourquoi ?

Probablement pour faire « mauvais genre » — haha. En vrai, il y a en beaucoup qui ne le sont pas du tout, mais c’est plus facile de retenir ceux qui le sont. C’est une problématique générale de la lecture de l’image… Le vulgaire est une arme sociale, politique, quand la société abuse de l’émotion et de la bien-pensance pour justifier l’asservissement volontaire… Expérimenter la censure, pour un dessin, c’est violent. Depuis quatre ou cinq ans, ces sujets ‘provocateurs’ perdent un peu leur sens à mon goût ; où est le drôle de dessiner du cul quand douze meufs de vingt ans mettent le leur en photo sur les réseaux ? Les autres sujets à railler, pfff… il y a des dessinateurs qui se sont fait tuer avec des armes de guerre à Paris… Pas simple d’être bon dans ce contexte.

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Justement, pas de projets en cours en tant qu’artiste. Déjà parce que je ne gagne pas un rond avec. Les dossiers infinis pour faire des résidences, avoir des aides d’infrastructures, ça me gave. J’essaie de réfléchir à des formats qui pourraient être montrés en lien avec ces convictions dont je parlais tout à l’heure. Entre la parentalité, les jobs alimentaires et le job bénévole à la Villa Cool, le lieu associatif avec Jean-Loup Faurat, le temps file. J’ai du mal à développer une réfléxion sociale, philosophique, et esthétique qui me semble qualitative. J’ai du mal à trouver une légitimité à ce que je fais. En attendant je continue mes petits dessins que je poste sur les réseaux sociaux. Ça crée une archive, je trouverai peut-être la bonne forme pour tout ça à un moment. Je m’essaie au tatouage, qui est sûrement la forme la plus radicale du dessin, une sorte de pollution visuelle consentie et définitive, avec du sang. J’adore.

Comme de nombreux artistes actifs locaux, tu sors de l’ESADTPM, que retiens-tu de cette formation ?

J’ai adoré cette période, 2002—2009 si je ne me trompe pas. Ça a beaucoup changé depuis, notamment les conditions d’admissions, on pouvait prétendre au concours sans le bac, ce qui a permis de vrais up à certains. Il y avait un manque de moyen évident pour les étudiants, mais la contrainte de l’économie est formatrice. Pour ma part, j’ai retenu qu’une belle image, qu’une belle technicité n’a pas vraiment de sens sans ancrage. On était loin des réalités du job en sortant, c’était le début des réseaux sociaux… OK BOOMER ! Les subventions, les statuts administratifs, le réseautage, tout ça, on a du l’apprendre sur le tas en sortant, et on l’apprend encore. Ce que les écoles d’arts enseignent, la manière dont elles forment les étudiants, c’est une belle photographie de ce que la société attend du rôle des artistes dans la cité.

Tu travailles beaucoup en collaboration avec d’autres artistes, je pense notamment à la Cie Kubilaï Khan, c’est enrichissant pour toi…

Evidemment, c’est toujours enrichissant de bosser avec d’autres artistes. Financièrement déjà. C’est vraiment agréable d’aller chercher chez les autres des qualités qu’on n’a pas. Frank, de Kubilaï Khan, lit énormément et est très aux faits des évolutions sociales des différentes cultures, c’est une de ses qualités que je préfère. En ce moment, je dessine une pochette pour Hifiklub, on verra si le projet aboutit mais Régis (le leader du groupe) est très précis, exigeant, c’est plaisant aussi pour se diriger quand j’ai tendance à tout prendre à la légère. Il y a plein d’artistes d’ici ou d’ailleurs avec qui j’adorerais travailler, et faire des pochettes d’albums ou de cassettes, c’est top.

Vidéo interview crée par Hildegarde :


Discipline: Articles, Arts graphiques



Catégories : Articles, Arts graphiques

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Que ce soit à la Villa Cool ou dans son travail d’artiste, seule ou en collaboration, Hildegarde fait preuve d’une générosité hors du commun. Comme le montre cette vidéo qu’elle nous a offerts. Nous publions sans aucune retouche l’interview qu’elle a rédigée pour notre magazine.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir plasticienne ?

C’est un truc d’adolescent ; je voulais ouvrir un bar ou devenir dessinateur. C’est bizarre parce que l’un est au contact des gens en permanence et l’autre est assez solitaire… Mes parents ont préféré me pousser vers l’art, qui faisait moins « mauvais genre ». J’aimais bien l’idée d’être artiste plasticien, pour le fantasme intellectuel bourgeois. Mais si je suis honnête, il n’y a que le dessin qui m’intéresse, et plus je vieillis, plus je me détache de la version actuelle de l’art contemporain, qui correspond trop peu à mes convictions personnelles. On pourrait en parler trois heures…

Dans tes dessins personnels, tu utilises un style et des thèmes assez provocateurs, pourquoi ?

Probablement pour faire « mauvais genre » — haha. En vrai, il y a en beaucoup qui ne le sont pas du tout, mais c’est plus facile de retenir ceux qui le sont. C’est une problématique générale de la lecture de l’image… Le vulgaire est une arme sociale, politique, quand la société abuse de l’émotion et de la bien-pensance pour justifier l’asservissement volontaire… Expérimenter la censure, pour un dessin, c’est violent. Depuis quatre ou cinq ans, ces sujets ‘provocateurs’ perdent un peu leur sens à mon goût ; où est le drôle de dessiner du cul quand douze meufs de vingt ans mettent le leur en photo sur les réseaux ? Les autres sujets à railler, pfff… il y a des dessinateurs qui se sont fait tuer avec des armes de guerre à Paris… Pas simple d’être bon dans ce contexte.

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?

Justement, pas de projets en cours en tant qu’artiste. Déjà parce que je ne gagne pas un rond avec. Les dossiers infinis pour faire des résidences, avoir des aides d’infrastructures, ça me gave. J’essaie de réfléchir à des formats qui pourraient être montrés en lien avec ces convictions dont je parlais tout à l’heure. Entre la parentalité, les jobs alimentaires et le job bénévole à la Villa Cool, le lieu associatif avec Jean-Loup Faurat, le temps file. J’ai du mal à développer une réfléxion sociale, philosophique, et esthétique qui me semble qualitative. J’ai du mal à trouver une légitimité à ce que je fais. En attendant je continue mes petits dessins que je poste sur les réseaux sociaux. Ça crée une archive, je trouverai peut-être la bonne forme pour tout ça à un moment. Je m’essaie au tatouage, qui est sûrement la forme la plus radicale du dessin, une sorte de pollution visuelle consentie et définitive, avec du sang. J’adore.

Comme de nombreux artistes actifs locaux, tu sors de l’ESADTPM, que retiens-tu de cette formation ?

J’ai adoré cette période, 2002—2009 si je ne me trompe pas. Ça a beaucoup changé depuis, notamment les conditions d’admissions, on pouvait prétendre au concours sans le bac, ce qui a permis de vrais up à certains. Il y avait un manque de moyen évident pour les étudiants, mais la contrainte de l’économie est formatrice. Pour ma part, j’ai retenu qu’une belle image, qu’une belle technicité n’a pas vraiment de sens sans ancrage. On était loin des réalités du job en sortant, c’était le début des réseaux sociaux… OK BOOMER ! Les subventions, les statuts administratifs, le réseautage, tout ça, on a du l’apprendre sur le tas en sortant, et on l’apprend encore. Ce que les écoles d’arts enseignent, la manière dont elles forment les étudiants, c’est une belle photographie de ce que la société attend du rôle des artistes dans la cité.

Tu travailles beaucoup en collaboration avec d’autres artistes, je pense notamment à la Cie Kubilaï Khan, c’est enrichissant pour toi…

Evidemment, c’est toujours enrichissant de bosser avec d’autres artistes. Financièrement déjà. C’est vraiment agréable d’aller chercher chez les autres des qualités qu’on n’a pas. Frank, de Kubilaï Khan, lit énormément et est très aux faits des évolutions sociales des différentes cultures, c’est une de ses qualités que je préfère. En ce moment, je dessine une pochette pour Hifiklub, on verra si le projet aboutit mais Régis (le leader du groupe) est très précis, exigeant, c’est plaisant aussi pour se diriger quand j’ai tendance à tout prendre à la légère. Il y a plein d’artistes d’ici ou d’ailleurs avec qui j’adorerais travailler, et faire des pochettes d’albums ou de cassettes, c’est top.

Vidéo interview crée par Hildegarde :