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Jean-Baptiste Malet, Les tomates de la colère Jean-Baptiste Malet, Les tomates de la colère
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Jean-Baptiste Malet, Les tomates de la colère Jean-Baptiste Malet, Les tomates de la colère

Jean-Baptiste Malet, Les tomates de la colère

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16.11 - Fête du Livre du Var - Stand Charlemagne - Toulon

 

Un toulonnais Prix Albert-Londres, cela n’arrive pas tous les jours. Jean-Baptiste est journaliste, et collabore au Monde Diplomatique. Ce prix sacre le meilleur ouvrage journalistique de l’année par un journaliste de moins de quarante ans. Son livre «L’empire de l’or rouge» révèle les dessous de l’industrie de la tomate, qui s’avère bien loin de l’innocente tomate que l’on connait.

 

Pourquoi avoir choisi de vous intéresser à la tomate d’industrie ?
En 2011, je découvre l’existence d’une conserverie dans le Vaucluse, « Le Cabanon », rachetée par l’armée chinoise en 2004. Etonné par la présence de l’Armée populaire dans un domaine si éloigné des préoccupations militaires, je demande à rencontrer les dirigeants de l’entreprise chinoise, lesquels refusent catégoriquement de me recevoir, ou même de me faire visiter le site. Loin de me décourager, en me rendant sur place, je jette un coup d’œil à travers les grilles. J’aperçois des barils, de grands fûts bleus de 230 kg de triple concentré, étiquetés « Made in China ». Cette découverte m’a longtemps hanté, et l’envie m’est venue de remonter la filière. Pourquoi des barils Made in China en pleine Provence ? Pourquoi tout ce silence autour de leur fabrication ? J’étais d’autant plus intrigué que j’ai grandi en observant ma grand-mère faire ses conserves de tomates. Il y a quelques dizaines d’années en Provence, c’était un rituel familial que de transformer ses propres tomates en coulis. Découvrir des barils de concentré de tomates venant de Chine, dans le Vaucluse, m’a semblé insensé.

Vous venez de recevoir le prix Albert-Londres, pour vous c’est une consécration ?
C’est un grand honneur et la conclusion d’une très belle aventure, parfois difficile, parfois compliquée, jalonnée de moments de doute. Car se mettre en tête d’arpenter le monde pour raconter l’histoire de cette marchandise universelle qu’est la tomate d’industrie était un projet extrêmement ambitieux. Se consacrer pendant deux ans et demi à un sujet comme celui-ci signifie énormément de solitude, de moments loin de chez soi, de longues lectures en bibliothèque… Malgré tout, je ne le regrette absolument pas, c’était mon choix et j’avais l’intuition qu’il fallait aller jusqu’au bout.

En Italie, un des pays roi de la cuisine à la sauce tomate, un industriel de la tomate, Giaguaro, a réussi  à faire interdire votre livre. Comment expliquez-vous ce genre de pratiques ?
Le groupe Mondadori et mon éditeur Piemme ont été extrêmement lâches dans cette histoire… A sa sortie en Italie, en décembre 2017, mon livre a été attaqué en justice par Giaguaro, une entreprise de la province de Salerne, en Campanie, spécialisée dans l’industrie de la tomate et dans l’alimentation en conserve. Une entreprise qui a très mauvaise réputation au sein de cette filière et à laquelle je consacre deux pages de mon livre. Mondadori (le groupe auquel appartient Piemme) a alors négocié avec Giaguaro. Et l’avocat de Mondadori m’a contacté pour me demander si j’acceptais de m’engager à ne plus jamais parler de Giaguaro. J’ai évidemment répondu qu’il n’en était pas question, que je ne faisais pas ce genre d’enquête pour me coucher devant un industriel. Après cela, je n’ai plus eu aucune nouvelle de lui. Quelques semaines plus tard, mon livre était retiré du catalogue de Piemme. Giaguaro n’en est pas à sa première tentative d’intimidation : en 2014, un journaliste de France 3, Marc Dana, qui avait évoqué les activités de l’entreprise dans un reportage [La Mafia dans l’assiette, ndlr], a également subi des menaces sur place, dans le sud de l’Italie.

L’auteur sera présent à la Fête du livre du Var pour un Grand entretien sur la scène littéraire de 18 h 30 à 19 h 30 puis dédicacera son livre sur le stand de la librairie Charlemagne Toulon.

 

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Un toulonnais Prix Albert-Londres, cela n’arrive pas tous les jours. Jean-Baptiste est journaliste, et collabore au Monde Diplomatique. Ce prix sacre le meilleur ouvrage journalistique de l’année par un journaliste de moins de quarante ans. Son livre «L’empire de l’or rouge» révèle les dessous de l’industrie de la tomate, qui s’avère bien loin de l’innocente tomate que l’on connait.

 

Pourquoi avoir choisi de vous intéresser à la tomate d’industrie ?
En 2011, je découvre l’existence d’une conserverie dans le Vaucluse, « Le Cabanon », rachetée par l’armée chinoise en 2004. Etonné par la présence de l’Armée populaire dans un domaine si éloigné des préoccupations militaires, je demande à rencontrer les dirigeants de l’entreprise chinoise, lesquels refusent catégoriquement de me recevoir, ou même de me faire visiter le site. Loin de me décourager, en me rendant sur place, je jette un coup d’œil à travers les grilles. J’aperçois des barils, de grands fûts bleus de 230 kg de triple concentré, étiquetés « Made in China ». Cette découverte m’a longtemps hanté, et l’envie m’est venue de remonter la filière. Pourquoi des barils Made in China en pleine Provence ? Pourquoi tout ce silence autour de leur fabrication ? J’étais d’autant plus intrigué que j’ai grandi en observant ma grand-mère faire ses conserves de tomates. Il y a quelques dizaines d’années en Provence, c’était un rituel familial que de transformer ses propres tomates en coulis. Découvrir des barils de concentré de tomates venant de Chine, dans le Vaucluse, m’a semblé insensé.

Vous venez de recevoir le prix Albert-Londres, pour vous c’est une consécration ?
C’est un grand honneur et la conclusion d’une très belle aventure, parfois difficile, parfois compliquée, jalonnée de moments de doute. Car se mettre en tête d’arpenter le monde pour raconter l’histoire de cette marchandise universelle qu’est la tomate d’industrie était un projet extrêmement ambitieux. Se consacrer pendant deux ans et demi à un sujet comme celui-ci signifie énormément de solitude, de moments loin de chez soi, de longues lectures en bibliothèque… Malgré tout, je ne le regrette absolument pas, c’était mon choix et j’avais l’intuition qu’il fallait aller jusqu’au bout.

En Italie, un des pays roi de la cuisine à la sauce tomate, un industriel de la tomate, Giaguaro, a réussi  à faire interdire votre livre. Comment expliquez-vous ce genre de pratiques ?
Le groupe Mondadori et mon éditeur Piemme ont été extrêmement lâches dans cette histoire… A sa sortie en Italie, en décembre 2017, mon livre a été attaqué en justice par Giaguaro, une entreprise de la province de Salerne, en Campanie, spécialisée dans l’industrie de la tomate et dans l’alimentation en conserve. Une entreprise qui a très mauvaise réputation au sein de cette filière et à laquelle je consacre deux pages de mon livre. Mondadori (le groupe auquel appartient Piemme) a alors négocié avec Giaguaro. Et l’avocat de Mondadori m’a contacté pour me demander si j’acceptais de m’engager à ne plus jamais parler de Giaguaro. J’ai évidemment répondu qu’il n’en était pas question, que je ne faisais pas ce genre d’enquête pour me coucher devant un industriel. Après cela, je n’ai plus eu aucune nouvelle de lui. Quelques semaines plus tard, mon livre était retiré du catalogue de Piemme. Giaguaro n’en est pas à sa première tentative d’intimidation : en 2014, un journaliste de France 3, Marc Dana, qui avait évoqué les activités de l’entreprise dans un reportage [La Mafia dans l’assiette, ndlr], a également subi des menaces sur place, dans le sud de l’Italie.

L’auteur sera présent à la Fête du livre du Var pour un Grand entretien sur la scène littéraire de 18 h 30 à 19 h 30 puis dédicacera son livre sur le stand de la librairie Charlemagne Toulon.

 

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