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Jean-François Zygel - L’art du ciné-concert. Jean-François Zygel - L’art du ciné-concert.
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Jean-François Zygel - L’art du ciné-concert. Jean-François Zygel - L’art du ciné-concert.

Jean-François Zygel - L’art du ciné-concert.

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ESPACE DES ARTS               

Mercredi 18 novembre à 18h au Pradet

Jean-François Zygel, maître français de l’improvisation classique, est parrain du FiMé, festival qu’il suit depuis ses débuts et auquel il a souvent participé. Cette année, il guidera les pianistes de l’atelier cinéphonique dans la création qu’ils donneront à l’Espace des Arts.

Quel musicien êtes-vous ?

Je suis sans doute un musicien un peu à part dans le paysage classique. Déjà le fait d’être un pianiste improvisateur, non un interprète de répertoire ! Les musiciens de jazz improvisent volontiers, mais beaucoup plus rarement les classiques, il faut bien l’avouer... Ensuite, le fait que ma musique se nourrisse à la fois des musiques savantes du XXe siècle (Debussy, Stravinsky, Hindemith, Franck Martin, Bartók...) et de mes rencontres sur scène avec des musiciens de jazz, de musiques traditionnelles ou de musiques urbaines (Didier Lockwood, Bobby McFerrin, Ibrahim Maalouf, Jacky Terrasson, Antoine Hervé, Thomas Enhco, Médéric Collignon, Didier Malherbe, Art Point M, Abd Al Malik... ). C’est ainsi que chaque année, je mets au point cinq ou six nouveaux formats de concert, essayant à chaque fois de trouver une identité, un principe, un “concept” comme on dit maintenant, des propositions nouvelles qui soient comme des rêves éveillés !

Quels sont vos liens avec le FiMé ?

Parrain, compagnon de route, invité régulier... C’est vrai que j’ai vu naître ce beau festival et que j’en suis l’un des plus fervents défenseurs ! J’y ai déjà participé plusieurs fois comme pianiste ! Notamment en 2016 au Théâtre Denis de Hyères, sur un magnifique Bösendorfer Vienna de concert, j’avais mis en musique l’un de mes films préférés, le « Siegfried » de Fritz Lang, et tout dernièrement à l’Opéra de Toulon, le flambloyant « Fantôme de l’Opéra », dans le cadre de Transmission, le temps fort du Conservatoire TPM.

Parlez-nous de l’art du ciné-concert...

Vous savez que c’est moi qui ai inventé le mot « ciné-concert » au début des années 90 ? C’était plus court que « séance de cinéma muet avec accompagnement musical » ! En tout cas, c’est un art qui laisse peu de gens insensibles une fois qu’ils y ont goûté, l’intensité du flot musical démultipliant la puissance de l’image. Voyez-vous, l’invention musicale au pied de l’écran est d’une nature particulière. Déjà, il nous faut générer de vastes flux musicaux, quand une composition sur le vif dépasse rarement les cinq ou six minutes. Ensuite, il nous faut manier l’art subtil du contrepoint entre image et musique, amplifiant certains effets, en complétant d’autres, prenant le parti de certains personnages, découpant la scène par le rythme et le tempo. En un mot, trouver la juste adéquation entre deux arts ayant chacun leur propre logique...

Comment imaginez-vous le travail avec les participants à l’atelier cinéphonique ?

Difficile de vous répondre ! Tout l’art de l’enseignement, c’est de s’adapter à la personne qu’on a en face de soi, d’avoir rapidement l’intuition de ce qu’on pourrait lui donner, de ce qui lui manque, de ce qui va l’éclairer, de ce qui va nourrir sa réflexion ou sa pratique. C’est donc en écoutant le plus attentivement possible chacun de ces jeunes musiciens que naîtra en moi, sur le moment, le contenu de ces ateliers d’improvisation à l’image... C’est pour moi un beau prolongement de ma résidence toulonnaise de la saison dernière et de toutes ces passionnantes rencontres et ateliers au Conservatoire TPM !

Jean-François Zygel

Jean-François Zygel occupe une place singulière dans le monde musical : pianiste et compositeur, il est un maître reconnu de l’improvisation, cet art de l’invention et de l’instant. Son éclectisme et sa curiosité le mènent à partager régulièrement la scène avec des artistes de tous horizons, renouvelant le format du concert avec une intarissable créativité. Pour la saison 2020-2021, ses projets mêleront improvisation, composition et répertoire, avec comme principaux ports d’attache La Seine Musicale, dont il vient d’être nommé artiste associé, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et la Philharmonie Luxembourg, où il est en résidence pour la septième saison consécutive. Renommé en France et à l’étranger comme l’un des meilleurs spécialistes de l’accompagnement en concert de films muets, Jean-François Zygel a ainsi donné plus d’une centaine de ciné-concerts au cours de ces dix dernières années : Théâtre du Châtelet, Philharmonie de Paris, Cinémathèque française, Auditorium de Lyon, Chorégies d’Orange, Opéra de Monte-Carlo, Théâtre national de Toulouse, Opéra de Nice, Arsenal de Metz, Opéra de Toulon, Philharmonie de Varsovie, Festival international de Jérusalem, Festival Musica de Strasbourg, Festival Enesco … Il transmet son art de l’improvisation dans sa classe du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, engageant de nombreux partenariats avec des institutions comme la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ou la Cinémathèque française. Après la parution d’un disque intitulé tout simplement « Improvisations » (naïve), il remporte plusieurs récompenses avec « Double Messieurs » (naïve), un album enregistré en duo avec le grand pianiste de jazz français Antoine Hervé. Son dernier opus, « L’Alchimiste », un alliage subtil entre chanson française et piano classique, est récemment paru chez Sony.

Page Facebook de : Jean-François Zygel


Discipline: Articles, Musique, Cinéma



Catégories : Articles, Musique, Cinéma

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Mercredi 18 novembre à 18h au Pradet

Jean-François Zygel, maître français de l’improvisation classique, est parrain du FiMé, festival qu’il suit depuis ses débuts et auquel il a souvent participé. Cette année, il guidera les pianistes de l’atelier cinéphonique dans la création qu’ils donneront à l’Espace des Arts.

Quel musicien êtes-vous ?

Je suis sans doute un musicien un peu à part dans le paysage classique. Déjà le fait d’être un pianiste improvisateur, non un interprète de répertoire ! Les musiciens de jazz improvisent volontiers, mais beaucoup plus rarement les classiques, il faut bien l’avouer... Ensuite, le fait que ma musique se nourrisse à la fois des musiques savantes du XXe siècle (Debussy, Stravinsky, Hindemith, Franck Martin, Bartók...) et de mes rencontres sur scène avec des musiciens de jazz, de musiques traditionnelles ou de musiques urbaines (Didier Lockwood, Bobby McFerrin, Ibrahim Maalouf, Jacky Terrasson, Antoine Hervé, Thomas Enhco, Médéric Collignon, Didier Malherbe, Art Point M, Abd Al Malik... ). C’est ainsi que chaque année, je mets au point cinq ou six nouveaux formats de concert, essayant à chaque fois de trouver une identité, un principe, un “concept” comme on dit maintenant, des propositions nouvelles qui soient comme des rêves éveillés !

Quels sont vos liens avec le FiMé ?

Parrain, compagnon de route, invité régulier... C’est vrai que j’ai vu naître ce beau festival et que j’en suis l’un des plus fervents défenseurs ! J’y ai déjà participé plusieurs fois comme pianiste ! Notamment en 2016 au Théâtre Denis de Hyères, sur un magnifique Bösendorfer Vienna de concert, j’avais mis en musique l’un de mes films préférés, le « Siegfried » de Fritz Lang, et tout dernièrement à l’Opéra de Toulon, le flambloyant « Fantôme de l’Opéra », dans le cadre de Transmission, le temps fort du Conservatoire TPM.

Parlez-nous de l’art du ciné-concert...

Vous savez que c’est moi qui ai inventé le mot « ciné-concert » au début des années 90 ? C’était plus court que « séance de cinéma muet avec accompagnement musical » ! En tout cas, c’est un art qui laisse peu de gens insensibles une fois qu’ils y ont goûté, l’intensité du flot musical démultipliant la puissance de l’image. Voyez-vous, l’invention musicale au pied de l’écran est d’une nature particulière. Déjà, il nous faut générer de vastes flux musicaux, quand une composition sur le vif dépasse rarement les cinq ou six minutes. Ensuite, il nous faut manier l’art subtil du contrepoint entre image et musique, amplifiant certains effets, en complétant d’autres, prenant le parti de certains personnages, découpant la scène par le rythme et le tempo. En un mot, trouver la juste adéquation entre deux arts ayant chacun leur propre logique...

Comment imaginez-vous le travail avec les participants à l’atelier cinéphonique ?

Difficile de vous répondre ! Tout l’art de l’enseignement, c’est de s’adapter à la personne qu’on a en face de soi, d’avoir rapidement l’intuition de ce qu’on pourrait lui donner, de ce qui lui manque, de ce qui va l’éclairer, de ce qui va nourrir sa réflexion ou sa pratique. C’est donc en écoutant le plus attentivement possible chacun de ces jeunes musiciens que naîtra en moi, sur le moment, le contenu de ces ateliers d’improvisation à l’image... C’est pour moi un beau prolongement de ma résidence toulonnaise de la saison dernière et de toutes ces passionnantes rencontres et ateliers au Conservatoire TPM !

Jean-François Zygel

Jean-François Zygel occupe une place singulière dans le monde musical : pianiste et compositeur, il est un maître reconnu de l’improvisation, cet art de l’invention et de l’instant. Son éclectisme et sa curiosité le mènent à partager régulièrement la scène avec des artistes de tous horizons, renouvelant le format du concert avec une intarissable créativité. Pour la saison 2020-2021, ses projets mêleront improvisation, composition et répertoire, avec comme principaux ports d’attache La Seine Musicale, dont il vient d’être nommé artiste associé, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse et la Philharmonie Luxembourg, où il est en résidence pour la septième saison consécutive. Renommé en France et à l’étranger comme l’un des meilleurs spécialistes de l’accompagnement en concert de films muets, Jean-François Zygel a ainsi donné plus d’une centaine de ciné-concerts au cours de ces dix dernières années : Théâtre du Châtelet, Philharmonie de Paris, Cinémathèque française, Auditorium de Lyon, Chorégies d’Orange, Opéra de Monte-Carlo, Théâtre national de Toulouse, Opéra de Nice, Arsenal de Metz, Opéra de Toulon, Philharmonie de Varsovie, Festival international de Jérusalem, Festival Musica de Strasbourg, Festival Enesco … Il transmet son art de l’improvisation dans sa classe du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, engageant de nombreux partenariats avec des institutions comme la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ou la Cinémathèque française. Après la parution d’un disque intitulé tout simplement « Improvisations » (naïve), il remporte plusieurs récompenses avec « Double Messieurs » (naïve), un album enregistré en duo avec le grand pianiste de jazz français Antoine Hervé. Son dernier opus, « L’Alchimiste », un alliage subtil entre chanson française et piano classique, est récemment paru chez Sony.

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