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Jean-Pascal Faucher - Mayol et Aicard soutiennent l'effort de guerre Jean-Pascal Faucher - Mayol et Aicard soutiennent l'effort de guerre
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Jean-Pascal Faucher - Mayol et Aicard soutiennent l'effort de guerre

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Concert-lecture

Hommage à Félix
Mayol et Jean Aicard »
Dimanche 19 septembre à 17h
Musée Jean Aicard / Paulin Bertrand
La Garde

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, le Musée Jean Aicard organise, le 19 septembre, un récital de chansons de Mayol, interprétées par Mathieu Becquerelle, accompagné par Franck Pantin au piano, ainsi qu’une lecture de textes et de poèmes de Jean Aicard. C’est l’occasion pour Jean-Pascal Faucher, responsable du musée, de revenir sur l’amitié qui unissait les deux hommes et leur patriotisme durant la Première Guerre.

Comment le Musée Jean Aicard a t-il été associé à ce projet ?
J’ai longtemps été médiateur culturel pour la Ville de Toulon. Forcément, il est important pour moi de partager l’histoire de notre patrimoine. Aujourd’hui, en tant que responsable du Musée Jean Aicard, ce personnage est devenu important pour moi. Félix Mayol était un des ses amis : ils ont fait de nombreuses choses ensemble, notamment pendant la guerre. Les Toulonnais connaissent Mayol pour le stade, mais pas pour son œuvre, et encore moins pour son implication humanitaire.

Quel sens cela a-t-il de présenter ce concert-lecture dans ce lieu ?
La maison dans laquelle nous sommes, devenue le Musée Jean Aicard, a été donnée en 1961 à la Ville par la femme du peintre Paulin Bertrand, autre artiste de cette époque. Jean Aicard y a vécu jusqu’à sa mort et y a reçu énormément d’artistes, comme Pierre Loti, Sarah Bernhardt ou Frédéric Mistral. C’était devenu un lieu de rencontre et de création. Félix n’habitait pas très loin, au Clos Mayol. C’était une grande demeure dans laquelle il faisait des spectacles. Quand on voit des photos de Jean et de Félix, ils sont physiquement diamétralement opposés, on a du mal à imaginer leur amitié. Pourtant, ils avaient en commun ce besoin d’échanger, ce même côté humain, au service des autres. Leurs portes n’étaient jamais fermées. Nous avons envie de redonner cette même énergie au lieu. À cette période, nous commémorerons aussi les cent ans de la mort de Jean Aicard avec deux expositions, ici et à Chalucet.

Comment se sont-ils rencontrés ?
Ce que nous avons oublié, c’est qu’ils étaient tous les deux des stars. En 1914, Félix devait faire une tournée aux États-Unis, mais quand la guerre éclate, il veut rester mobilisé en France, car il est très patriote. Étant réformé depuis longtemps, il décide de faire des galas pour lever des fonds afin d’aider les familles de soldats, et de donner des concerts dans les hôpitaux militaires. Mais, son homosexualité étant notoire, ce qui était condamnable par la loi à l’époque, et l’armée étant plutôt fermée sur le sujet, il n’a que peu d’espoir sur l’approbation de l’état-major français. À l’occasion d’une fête organisée chez Mayol, le doyen de la Comédie Française, M. Silvain, invite Jean Aicard, et les deux hommes se lient d’amitié. La réputation d’Aicard et le soutien des soldats vont alors être un appui précieux pour convaincre l’Armée Française. Dans ses mémoires, on peut lire un passage émouvant où ils vont voir en catimini des soldats sur le point de partir au front et où ils chantent tous ensemble.

Pouvez-vous nous parler des œuvres de bienfaisance de Félix Mayol ?
C’était un homme discret, mais d’une rare bonté. Un autre document formidable en atteste : son carnet de route à travers la France. C’est un livre d’or avec des remerciements de tous les soldats et infirmiers, des dessins de poilus, des mots d’amiraux et même du Ministre de la Guerre. Autour du clos Mayol, il avait acheté des petites maisons qu’il mettait à dispositiondes blessés. C’était sa contribution à l’effort de guerre. Un jour, une modiste lui a écrit que son fiancé s’en allait à la guerre. Il lui a envoyé un brin de muguet pour lui souhaiter qu’il revienne vivant. Des années plus tard, ce fiancé l’a remercié. Il y a l’Histoire avec un grand “H”, mais toutes ces petites histoires sont aussi importantes !

Juillet 2021


Discipline: Articles, Musique, Littérature



Catégories : Articles, Musique, Littérature

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Hommage à Félix
Mayol et Jean Aicard »
Dimanche 19 septembre à 17h
Musée Jean Aicard / Paulin Bertrand
La Garde

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, le Musée Jean Aicard organise, le 19 septembre, un récital de chansons de Mayol, interprétées par Mathieu Becquerelle, accompagné par Franck Pantin au piano, ainsi qu’une lecture de textes et de poèmes de Jean Aicard. C’est l’occasion pour Jean-Pascal Faucher, responsable du musée, de revenir sur l’amitié qui unissait les deux hommes et leur patriotisme durant la Première Guerre.

Comment le Musée Jean Aicard a t-il été associé à ce projet ?
J’ai longtemps été médiateur culturel pour la Ville de Toulon. Forcément, il est important pour moi de partager l’histoire de notre patrimoine. Aujourd’hui, en tant que responsable du Musée Jean Aicard, ce personnage est devenu important pour moi. Félix Mayol était un des ses amis : ils ont fait de nombreuses choses ensemble, notamment pendant la guerre. Les Toulonnais connaissent Mayol pour le stade, mais pas pour son œuvre, et encore moins pour son implication humanitaire.

Quel sens cela a-t-il de présenter ce concert-lecture dans ce lieu ?
La maison dans laquelle nous sommes, devenue le Musée Jean Aicard, a été donnée en 1961 à la Ville par la femme du peintre Paulin Bertrand, autre artiste de cette époque. Jean Aicard y a vécu jusqu’à sa mort et y a reçu énormément d’artistes, comme Pierre Loti, Sarah Bernhardt ou Frédéric Mistral. C’était devenu un lieu de rencontre et de création. Félix n’habitait pas très loin, au Clos Mayol. C’était une grande demeure dans laquelle il faisait des spectacles. Quand on voit des photos de Jean et de Félix, ils sont physiquement diamétralement opposés, on a du mal à imaginer leur amitié. Pourtant, ils avaient en commun ce besoin d’échanger, ce même côté humain, au service des autres. Leurs portes n’étaient jamais fermées. Nous avons envie de redonner cette même énergie au lieu. À cette période, nous commémorerons aussi les cent ans de la mort de Jean Aicard avec deux expositions, ici et à Chalucet.

Comment se sont-ils rencontrés ?
Ce que nous avons oublié, c’est qu’ils étaient tous les deux des stars. En 1914, Félix devait faire une tournée aux États-Unis, mais quand la guerre éclate, il veut rester mobilisé en France, car il est très patriote. Étant réformé depuis longtemps, il décide de faire des galas pour lever des fonds afin d’aider les familles de soldats, et de donner des concerts dans les hôpitaux militaires. Mais, son homosexualité étant notoire, ce qui était condamnable par la loi à l’époque, et l’armée étant plutôt fermée sur le sujet, il n’a que peu d’espoir sur l’approbation de l’état-major français. À l’occasion d’une fête organisée chez Mayol, le doyen de la Comédie Française, M. Silvain, invite Jean Aicard, et les deux hommes se lient d’amitié. La réputation d’Aicard et le soutien des soldats vont alors être un appui précieux pour convaincre l’Armée Française. Dans ses mémoires, on peut lire un passage émouvant où ils vont voir en catimini des soldats sur le point de partir au front et où ils chantent tous ensemble.

Pouvez-vous nous parler des œuvres de bienfaisance de Félix Mayol ?
C’était un homme discret, mais d’une rare bonté. Un autre document formidable en atteste : son carnet de route à travers la France. C’est un livre d’or avec des remerciements de tous les soldats et infirmiers, des dessins de poilus, des mots d’amiraux et même du Ministre de la Guerre. Autour du clos Mayol, il avait acheté des petites maisons qu’il mettait à dispositiondes blessés. C’était sa contribution à l’effort de guerre. Un jour, une modiste lui a écrit que son fiancé s’en allait à la guerre. Il lui a envoyé un brin de muguet pour lui souhaiter qu’il revienne vivant. Des années plus tard, ce fiancé l’a remercié. Il y a l’Histoire avec un grand “H”, mais toutes ces petites histoires sont aussi importantes !

Juillet 2021