zoom
La Collégiale, le festival du partage La Collégiale, le festival du partage
zoom
La Collégiale, le festival du partage La Collégiale, le festival du partage

La Collégiale, le festival du partage

    Partager sur :

Le Festival de la Collégiale est une institution pour les amateurs de musique classique, et les autres. Car ce qui anime Jean-Christophe Spinosi, son chef d’orchestre, est de faire partager sa passion à tous. Cette année il met à l’honneur Antonio Vivaldi, à travers un programme imaginé par le célèbre compositeur prêtre lui-même.

 

Pourquoi avoir choisi de mettre Antonio Vivaldi à l’honneur cette année ?
Antonio Vivaldi a écrit six cent concertos. Il était également prêtre, et composait donc en particulier pour les églises, lieu de prédilection pour les concerts aux XVIIème et XVIIIème siècles. Son répertoire est particulièrement adapté à ce lieu superbe qu’est la Collégiale Saint-Pierre de Six-Fours. Mais ce qui m’intéressait particulièrement c’est de recréer des concerts tels que le public de l’époque les vivait. Et pour vous donner une idée de l’ambiance des concertos de musique classique à l’époque dans les églises, on était beaucoup plus proche du gospel que d’une ambiance solennelle. C’était un divertissement avant tout. En ce qui concerne Antonio Vivaldi nous avons la chance de disposer d’un document très rare dans le domaine musical. A l’arrière d’une partition, on retrouve sept mesures, jusqu’à là rien d’exceptionnel. Mais ces mesures sont séparées par des doubles barres, et non des barres simples, comme à l’accoutumée. Cela semble indiquer qu’il s’agit donc de sept morceaux différents. En réalité, ce sont les premières mesures de sept morceaux différents effectivement, que nous connaissons. Vivaldi avait adopté cette notation pour définir un programme de concerto, tout simplement parce que ses morceaux n’avaient pas de nom, et c’était donc une méthode mnémotechnique. Pour la première soirée du Festival, que nous avons appelée « Index pro memoriam », nous allons donc proposer au public un programme de concerto imaginé par Vivaldi lui-même. La virtuosité de ces morceaux est très élevée, et c’est un challenge pour les interprètes, mais nous n’avons pas le choix cette fois-ci. Ensuite, sur une autre pièce de Vivaldi j’ai longtemps réfléchi au fait que deux chœurs se répondent, mais avec strictement la même partition. Ce n’est pas habituel. Mon explication est que leur interprétation était totalement différente. Le 19 juillet, dans ce que nous avons appelé « La bataille des Anges », nous avons donc imaginé deux chœurs qui font une battle, un avec une interprétation baroque classique, l’autre avec une interprétation beaucoup plus groove, plus proche d’un chœur gospel, qui va faire dérailler le premier…


Vous jouez dans des salles prestigieuses, le Carnegie Hall de New York, le Konzerthaus de Vienne... et pourtant vous avez un lien particulier avec la ville de Six-Fours...
Et nous ne faisons aucune différence, nous jouons chaque fois avec la même passion et la même exigence !
Que ce soit à Salzbourg, le Wimbledon du classique, où nous avons partagé l’été dernier une soirée avec Cecilia Bartoli, la Roger Federer du lyrique ; ou à Six-Fours, en plein air, avec vue sur la mer. Mais vous savez, ce qu’il se passe ici, c’est unique. La Collégiale, c’est bien plus qu’un festival, c’est tout simplement un moment de partage, avec une ambiance qu’on rencontre plutôt dans des festivals de rock.


De cette rencontre est né un album avec Cécilia Bartoli sorti cette année…
Cécilia est la plus grande star lyrique depuis La Callas. C’est incroyable d’avoir pu réaliser un album avec elle. Le but de cette artiste est que sa musique soit vraie. Elle veut atteindre l’absolu, que son chant soit le vecteur de la voix de son cœur. Comme elle sait tout faire, c’est très facile de lui demander telle ou telle variation. Elle ne refuse pas, envisage tout ce que vous lui demandez. Pour une artiste de son niveau, c’est exceptionnel. Elle est également de très bons conseils, elle reste par exemple pour les parties non chantées, écoute, et me propose certaines choses, que je suis libre d’accepter ou pas.


Tous les ans, le public répond présent pour ce festival…
Oui, il y a eu une connexion immédiate avec le public de Six-Fours. Il a été séduit par notre démarche, le fait de proposer d’assister gratuitement à des répétitions générales, mettre la musique à la portée de tous. C’est aussi cela l’état d’esprit de notre Ensemble Matheus : faire venir de nouveaux publics vers le classique. Au-delà de notre propre formation, je pense que c’est finalement le vrai enjeu de la culture et des arts qu’on appelle «savants» : partager des émotions, tout simplement, et réinventer des formes de concerts qui vont toucher l’affect des gens.

 

Site Officiel de la Ville de Six-Fours


Discipline: Articles, Événements



Catégories : Articles, Événements

Retour

Le Festival de la Collégiale est une institution pour les amateurs de musique classique, et les autres. Car ce qui anime Jean-Christophe Spinosi, son chef d’orchestre, est de faire partager sa passion à tous. Cette année il met à l’honneur Antonio Vivaldi, à travers un programme imaginé par le célèbre compositeur prêtre lui-même.

 

Pourquoi avoir choisi de mettre Antonio Vivaldi à l’honneur cette année ?
Antonio Vivaldi a écrit six cent concertos. Il était également prêtre, et composait donc en particulier pour les églises, lieu de prédilection pour les concerts aux XVIIème et XVIIIème siècles. Son répertoire est particulièrement adapté à ce lieu superbe qu’est la Collégiale Saint-Pierre de Six-Fours. Mais ce qui m’intéressait particulièrement c’est de recréer des concerts tels que le public de l’époque les vivait. Et pour vous donner une idée de l’ambiance des concertos de musique classique à l’époque dans les églises, on était beaucoup plus proche du gospel que d’une ambiance solennelle. C’était un divertissement avant tout. En ce qui concerne Antonio Vivaldi nous avons la chance de disposer d’un document très rare dans le domaine musical. A l’arrière d’une partition, on retrouve sept mesures, jusqu’à là rien d’exceptionnel. Mais ces mesures sont séparées par des doubles barres, et non des barres simples, comme à l’accoutumée. Cela semble indiquer qu’il s’agit donc de sept morceaux différents. En réalité, ce sont les premières mesures de sept morceaux différents effectivement, que nous connaissons. Vivaldi avait adopté cette notation pour définir un programme de concerto, tout simplement parce que ses morceaux n’avaient pas de nom, et c’était donc une méthode mnémotechnique. Pour la première soirée du Festival, que nous avons appelée « Index pro memoriam », nous allons donc proposer au public un programme de concerto imaginé par Vivaldi lui-même. La virtuosité de ces morceaux est très élevée, et c’est un challenge pour les interprètes, mais nous n’avons pas le choix cette fois-ci. Ensuite, sur une autre pièce de Vivaldi j’ai longtemps réfléchi au fait que deux chœurs se répondent, mais avec strictement la même partition. Ce n’est pas habituel. Mon explication est que leur interprétation était totalement différente. Le 19 juillet, dans ce que nous avons appelé « La bataille des Anges », nous avons donc imaginé deux chœurs qui font une battle, un avec une interprétation baroque classique, l’autre avec une interprétation beaucoup plus groove, plus proche d’un chœur gospel, qui va faire dérailler le premier…


Vous jouez dans des salles prestigieuses, le Carnegie Hall de New York, le Konzerthaus de Vienne... et pourtant vous avez un lien particulier avec la ville de Six-Fours...
Et nous ne faisons aucune différence, nous jouons chaque fois avec la même passion et la même exigence !
Que ce soit à Salzbourg, le Wimbledon du classique, où nous avons partagé l’été dernier une soirée avec Cecilia Bartoli, la Roger Federer du lyrique ; ou à Six-Fours, en plein air, avec vue sur la mer. Mais vous savez, ce qu’il se passe ici, c’est unique. La Collégiale, c’est bien plus qu’un festival, c’est tout simplement un moment de partage, avec une ambiance qu’on rencontre plutôt dans des festivals de rock.


De cette rencontre est né un album avec Cécilia Bartoli sorti cette année…
Cécilia est la plus grande star lyrique depuis La Callas. C’est incroyable d’avoir pu réaliser un album avec elle. Le but de cette artiste est que sa musique soit vraie. Elle veut atteindre l’absolu, que son chant soit le vecteur de la voix de son cœur. Comme elle sait tout faire, c’est très facile de lui demander telle ou telle variation. Elle ne refuse pas, envisage tout ce que vous lui demandez. Pour une artiste de son niveau, c’est exceptionnel. Elle est également de très bons conseils, elle reste par exemple pour les parties non chantées, écoute, et me propose certaines choses, que je suis libre d’accepter ou pas.


Tous les ans, le public répond présent pour ce festival…
Oui, il y a eu une connexion immédiate avec le public de Six-Fours. Il a été séduit par notre démarche, le fait de proposer d’assister gratuitement à des répétitions générales, mettre la musique à la portée de tous. C’est aussi cela l’état d’esprit de notre Ensemble Matheus : faire venir de nouveaux publics vers le classique. Au-delà de notre propre formation, je pense que c’est finalement le vrai enjeu de la culture et des arts qu’on appelle «savants» : partager des émotions, tout simplement, et réinventer des formes de concerts qui vont toucher l’affect des gens.

 

Site Officiel de la Ville de Six-Fours