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Laetitia Dosch - A duo de cheval.

Laetitia Dosch - A duo de cheval.

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27.03 & 28.03 - Hate - Châteauvallon scène Nationale - Ollioules

 

C’est un dialogue entre humain et animal, entre deux êtres qui ne parlent pas la même langue et qui sont tellement différents. « Hate », c’est un combat contre la haine que nous éprouvons envers la différence, un combat contre notre besoin impérieux de domination sur chaque chose qui nous entoure. En duo avec Corazon, Laetitia Dosch se met à nu et nous raconte une fable, sur cette femme et ce cheval que tout devrait opposer. Pourtant, lorsqu’on apprend à écouter l’être à nos côtés, le monde commence à s’apaiser..

D’où vous est venue cette idée de jeu en duo avec un cheval ?

Sur le tournage d’un western aux Etats-Unis. Je tournais avec un cheval et me suis aperçue que leur monde semblait plus grand que le nôtre. Beaucoup de choses me paraissaient futiles lorsqu’il était là, comme si les problèmes n’avaient plus le même impact. Je souhaitais trouver un moyen de parler d’une époque en crise, tout en restant poétique. Cela m’a donné envie de travailler avec un cheval en instaurant une relation d’égalité. C’est le but de ce spectacle !

Comment écrit-on un texte entre un être humain et un cheval ?

Le texte s’est construit petit à petit. Au départ ça ressemblait à des poèmes, à propos de mes différents voyages à travers la France : ce que je voyais, les choses intimes que je vivais… L’idée du récit m’est venue ensuite : une fable dans laquelle une femme va voir un cheval pour vivre une sorte d’histoire d’amour avec lui. Cette femme racontant sa vie à ce cheval, c’est proche du discours que l’on tient durant un speed dating. J’ai écrit le texte sur deux ans. Quand j’ai commencé à travailler avec Corazon, l’histoire a pris la forme d’une vie de couple. J’ai commencé à doubler sa voix, créant ainsi un dialogue d’égal à égal. Pendant la journée nous improvisions, le soir j’écoutais les dialogues et réécrivais le récit. Mais le texte n’est jamais terminé : Corazon est un auteur à part entière qui improvise de nouveaux mouvements à chaque représentation ! C’est pour cette raison que je double Corazon en direct, avec une technique de ventriloque, une voix-off ne pouvait pas s’adapter à ses improvisations.

Comment faites-vous pour vous y adapter justement ?

Toutes les représentations sont différentes, le texte n’est jamais définitif mais on a une trame qui nous permet de garder des bases solides pour le spectacle. Quand Corazon décide qu’il n’a pas envie de faire quelque chose, ou que ce n’est pas le bon moment, la situation entière change. C’est drôle parce que le public s’en rend compte, et me voit m’adapter à son jeu, aux nouvelles idées qu’il amène ! Avec toutes les libertés que s’est octroyé le cheval, le spectacle fait aujourd’hui dix minutes de plus. C’est vraiment génial, car on ne voit pas souvent des animaux agir de la sorte sur des plateaux. A ce titre on peut dire que son jeu est spectaculaire. On le voit choisir des directions et des actions, et non pas exécuter des ordres donnés. C’est une sorte d’antidressage.

Quelles sont les particularités de la mise en scène ?

On a beaucoup travaillé sur la scène, son cadre, pour que le public voit au mieux nos actions et qu’elle s’adapte aux déplacements de Corazon, surtout aux imprévus. On met d’ailleurs tout en place pour que le public pense que tout est prévu ! Derrière moi, vous aurez une reproduction géante d’une toile romantique du XVIIIème, qui représente la nature. La mise en scène est très imagée, conçue un peu comme dans les tableaux représentant Lady Godiva sur son cheval. Et je suis aussi nue que Corazon. On pense aux femmes nues sur des objets d’art, dans des tableaux, ou au mythe d’Adam et Eve… Jouer nue me permet de casser les codes à propos du corps de la femme car, pour moi, un corps reste un corps.


Discipline: Articles, Sur les planches,



Catégories : Articles, Sur les planches,

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27.03 & 28.03 - Hate - Châteauvallon scène Nationale - Ollioules

 

C’est un dialogue entre humain et animal, entre deux êtres qui ne parlent pas la même langue et qui sont tellement différents. « Hate », c’est un combat contre la haine que nous éprouvons envers la différence, un combat contre notre besoin impérieux de domination sur chaque chose qui nous entoure. En duo avec Corazon, Laetitia Dosch se met à nu et nous raconte une fable, sur cette femme et ce cheval que tout devrait opposer. Pourtant, lorsqu’on apprend à écouter l’être à nos côtés, le monde commence à s’apaiser..

D’où vous est venue cette idée de jeu en duo avec un cheval ?

Sur le tournage d’un western aux Etats-Unis. Je tournais avec un cheval et me suis aperçue que leur monde semblait plus grand que le nôtre. Beaucoup de choses me paraissaient futiles lorsqu’il était là, comme si les problèmes n’avaient plus le même impact. Je souhaitais trouver un moyen de parler d’une époque en crise, tout en restant poétique. Cela m’a donné envie de travailler avec un cheval en instaurant une relation d’égalité. C’est le but de ce spectacle !

Comment écrit-on un texte entre un être humain et un cheval ?

Le texte s’est construit petit à petit. Au départ ça ressemblait à des poèmes, à propos de mes différents voyages à travers la France : ce que je voyais, les choses intimes que je vivais… L’idée du récit m’est venue ensuite : une fable dans laquelle une femme va voir un cheval pour vivre une sorte d’histoire d’amour avec lui. Cette femme racontant sa vie à ce cheval, c’est proche du discours que l’on tient durant un speed dating. J’ai écrit le texte sur deux ans. Quand j’ai commencé à travailler avec Corazon, l’histoire a pris la forme d’une vie de couple. J’ai commencé à doubler sa voix, créant ainsi un dialogue d’égal à égal. Pendant la journée nous improvisions, le soir j’écoutais les dialogues et réécrivais le récit. Mais le texte n’est jamais terminé : Corazon est un auteur à part entière qui improvise de nouveaux mouvements à chaque représentation ! C’est pour cette raison que je double Corazon en direct, avec une technique de ventriloque, une voix-off ne pouvait pas s’adapter à ses improvisations.

Comment faites-vous pour vous y adapter justement ?

Toutes les représentations sont différentes, le texte n’est jamais définitif mais on a une trame qui nous permet de garder des bases solides pour le spectacle. Quand Corazon décide qu’il n’a pas envie de faire quelque chose, ou que ce n’est pas le bon moment, la situation entière change. C’est drôle parce que le public s’en rend compte, et me voit m’adapter à son jeu, aux nouvelles idées qu’il amène ! Avec toutes les libertés que s’est octroyé le cheval, le spectacle fait aujourd’hui dix minutes de plus. C’est vraiment génial, car on ne voit pas souvent des animaux agir de la sorte sur des plateaux. A ce titre on peut dire que son jeu est spectaculaire. On le voit choisir des directions et des actions, et non pas exécuter des ordres donnés. C’est une sorte d’antidressage.

Quelles sont les particularités de la mise en scène ?

On a beaucoup travaillé sur la scène, son cadre, pour que le public voit au mieux nos actions et qu’elle s’adapte aux déplacements de Corazon, surtout aux imprévus. On met d’ailleurs tout en place pour que le public pense que tout est prévu ! Derrière moi, vous aurez une reproduction géante d’une toile romantique du XVIIIème, qui représente la nature. La mise en scène est très imagée, conçue un peu comme dans les tableaux représentant Lady Godiva sur son cheval. Et je suis aussi nue que Corazon. On pense aux femmes nues sur des objets d’art, dans des tableaux, ou au mythe d’Adam et Eve… Jouer nue me permet de casser les codes à propos du corps de la femme car, pour moi, un corps reste un corps.