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LAURENCE MONTI - Violon super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon. LAURENCE MONTI - Violon super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon.
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LAURENCE MONTI - Violon super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon. LAURENCE MONTI - Violon super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon.

LAURENCE MONTI - Violon super soliste de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon.

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En tant que violon super soliste, Laurence fait le lien entre le chef et l’orchestre. A l’image d’une sportive de haut niveau, elle nous révélait que pendant ce confinement, elle continue de pratiquer tous les jours son instrument. Elle espère pouvoir très rapidement pouvoir retrouver ses collègues de l’orchestre de l’Opéra et recommencer à répéter pour nous présenter toutes ces oeuvres magistrales que nous avons le plaisir d’y voir tout au long de l'année.

Comment s’est passée votre première rencontre avec le violon ?

Accidentellement. Je ne pouvais plus pratiquer la danse, ma mère m’a donc proposé de faire connaissance avec la musique. Je voulais faire du piano, mais il n’y avait plus de place au Conservatoire de Nice. Quant à la harpe, ma mère fut effrayée par le prix. Alors j’ai choisi le violon, et j’ai eu la chance de rencontrer un professeur extraordinaire. L’apprentissage du violon peut être compliqué, car il faut un encadrement dès le départ, notamment pour accorder l’instrument. Cette rencontre a été primordiale. Nous sommes seule avec notre professeur, qui doit être compréhensif et nous donner l’envie de prendre notre instrument seul et de nous exercer.

Quelle est la particularité de votre rôle au sein de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon ?

Le violon super soliste a un contact direct avec le chef d’orchestre. Il a assez souvent une ligne musicale de solo qui s’échappe des participations. Mais également une autorité morale : il doit faire la connexion entre les musiciens et le chef d’orchestre, c’est un peu le représentant de l’orchestre. Je peux orienter et donner mon avis au chef dans sa direction et j’aime beaucoup le contact avec eux. Nous en voyons beaucoup, souvent de nationalités et d’éducations musicales différentes. J’essaie de traduire sa volonté à tous les pupitres, surtout au quatuor à corde. J’accorde l’orchestre aussi. Le hautbois donne le la et le violon solo reste présent pendant tout l’accord. Le protocole est très important en musique classique, et je dois veiller à ce que tout se passe bien. Avec ma connaissance de l’orchestre, je relaie ses directives dans les répétitions. Je peux l’aider aussi dans sa démarche artistique avec mes coups d’archer (façon d’interpréter certaines notes ndlr).

Vous avez également enregistré pour de la variété et du jazz avec des artistes prestigieux, vous aimez varier vos champs d’action ?

J’adore tout ce qui est de qualité dans la musique, à partir du moment où le résultat est beau. Mon instrument c’est ma voix et elle sert à tout chanter. Ce qui est merveilleux dans notre métier, c’est que, selon les styles, on rencontre des gens très différents qui nous enrichissent par leur propre apprentissage et leur propre démarche.

Vous êtes également professeur de violon, c’est naturel lorsque l’on est passionnée par son instrument, de vouloir transmettre son amour ?

Il est évident que l’enseignement fait partie intégrante de ma vie. J’ai beaucoup de plaisir à voir progresser un étudiant. Je suis parfois très étonnée quand j’ai vu des jeunes débuter de les entendre sortir des sons fabuleux de leurs instruments aujourd’hui. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes musiciens talentueux qui, comme vous, souhaitent faire carrière dans la musique classique ? Le talent ne va pas sans le travail. Pour moi ce ne sont pas toujours les plus talentueux, mais les plus déterminés qui réussissent. Le plus difficile est de convaincre les jeunes que la musique nécessite une grosse astreinte. Aussi qu’il ne faut jamais refuser une opportunité de jouer, car cela nous apporte énormément. Un pianiste au Conservatoire a peu l’occasion de faire des concerts, alors il faut les saisir toutes. 


Discipline: Articles, Musique



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En tant que violon super soliste, Laurence fait le lien entre le chef et l’orchestre. A l’image d’une sportive de haut niveau, elle nous révélait que pendant ce confinement, elle continue de pratiquer tous les jours son instrument. Elle espère pouvoir très rapidement pouvoir retrouver ses collègues de l’orchestre de l’Opéra et recommencer à répéter pour nous présenter toutes ces oeuvres magistrales que nous avons le plaisir d’y voir tout au long de l'année.

Comment s’est passée votre première rencontre avec le violon ?

Accidentellement. Je ne pouvais plus pratiquer la danse, ma mère m’a donc proposé de faire connaissance avec la musique. Je voulais faire du piano, mais il n’y avait plus de place au Conservatoire de Nice. Quant à la harpe, ma mère fut effrayée par le prix. Alors j’ai choisi le violon, et j’ai eu la chance de rencontrer un professeur extraordinaire. L’apprentissage du violon peut être compliqué, car il faut un encadrement dès le départ, notamment pour accorder l’instrument. Cette rencontre a été primordiale. Nous sommes seule avec notre professeur, qui doit être compréhensif et nous donner l’envie de prendre notre instrument seul et de nous exercer.

Quelle est la particularité de votre rôle au sein de l’Orchestre de l’Opéra de Toulon ?

Le violon super soliste a un contact direct avec le chef d’orchestre. Il a assez souvent une ligne musicale de solo qui s’échappe des participations. Mais également une autorité morale : il doit faire la connexion entre les musiciens et le chef d’orchestre, c’est un peu le représentant de l’orchestre. Je peux orienter et donner mon avis au chef dans sa direction et j’aime beaucoup le contact avec eux. Nous en voyons beaucoup, souvent de nationalités et d’éducations musicales différentes. J’essaie de traduire sa volonté à tous les pupitres, surtout au quatuor à corde. J’accorde l’orchestre aussi. Le hautbois donne le la et le violon solo reste présent pendant tout l’accord. Le protocole est très important en musique classique, et je dois veiller à ce que tout se passe bien. Avec ma connaissance de l’orchestre, je relaie ses directives dans les répétitions. Je peux l’aider aussi dans sa démarche artistique avec mes coups d’archer (façon d’interpréter certaines notes ndlr).

Vous avez également enregistré pour de la variété et du jazz avec des artistes prestigieux, vous aimez varier vos champs d’action ?

J’adore tout ce qui est de qualité dans la musique, à partir du moment où le résultat est beau. Mon instrument c’est ma voix et elle sert à tout chanter. Ce qui est merveilleux dans notre métier, c’est que, selon les styles, on rencontre des gens très différents qui nous enrichissent par leur propre apprentissage et leur propre démarche.

Vous êtes également professeur de violon, c’est naturel lorsque l’on est passionnée par son instrument, de vouloir transmettre son amour ?

Il est évident que l’enseignement fait partie intégrante de ma vie. J’ai beaucoup de plaisir à voir progresser un étudiant. Je suis parfois très étonnée quand j’ai vu des jeunes débuter de les entendre sortir des sons fabuleux de leurs instruments aujourd’hui. Quels conseils donneriez-vous aux jeunes musiciens talentueux qui, comme vous, souhaitent faire carrière dans la musique classique ? Le talent ne va pas sans le travail. Pour moi ce ne sont pas toujours les plus talentueux, mais les plus déterminés qui réussissent. Le plus difficile est de convaincre les jeunes que la musique nécessite une grosse astreinte. Aussi qu’il ne faut jamais refuser une opportunité de jouer, car cela nous apporte énormément. Un pianiste au Conservatoire a peu l’occasion de faire des concerts, alors il faut les saisir toutes.