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Laurence Recchia & Luc Benito  -  Le FiMé a quinze ans

Laurence Recchia & Luc Benito - Le FiMé a quinze ans

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Du 08 au 17 Novembre. 

 

En quinze ans, le FiMé s’est imposé comme un festival référence de l’aire toulonnaise. Ce projet osé d’allier un groupe qui joue en direct et un film de cinéma muet, plus ou moins connu, mais aussi de changer de lieu à chaque représentation, s’est avéré un succès. Bien sûr, quinze ans, c’est aussi l’heure d’un certain bilan. Les deux créateurs du festival reviennent avec émotion sur quinze ans de passion.

Comment est né le FiMé ?

Laurence : Le Festival International des Musiques d’Écran a été créé en 2005. Nous étions, sommes toujours, tous deux musiciens et cinéphiles, et souhaitions monter des spectacles autour de la musique de films. Mais rapidement le principe du ciné-concert s’est imposé. C’était plus intéressant que de présenter de simples musiques de films. Nous souhaitions faire redécouvrir des films que peu connaissaient, et revaloriser un domaine parfois déconsidéré. C’étaient les premiers temps du cinéma, avec des musiciens qui jouaient pendant la diffusion du film. À l’époque il ne manquait rien ; c’est à l’avènement du parlant que le cinéma muet est devenu désuet.

Quel est le concept du festival ?

Luc : Tout festival doit montrer quelque chose qui n’existe pas ailleurs. Et les ciné-concerts n’étaient pas souvent programmés dans les saisons culturelles. La collectivité a été sensible à ce pari, qui paraissait très audacieux. Dès la deuxième édition, nous avons créé le concept de films d’hier sur des musiques d’aujourd’hui : du jazz, du rock, des musiques du monde, de la musique électronique. On dit que les musiciens accompagnent le film, mais pour moi les musiciens accompagnent plutôt le public vers le film.

C’est un pari également cette diversité de lieux...

Laurence : Nous sommes partis du principe que c’était une forme de spectacle difficile à défendre. En restant cinq ou six jours dans une même ville, nous n’étions pas sûrs d’attirer du monde tous les jours. Cela permettait aussi d’aller à la rencontre de différents publics. Notre chance a été que l’agglomération était en train de se structurer et nous étions l’un des premiers projets à souhaiter se déployer sur ses villes de manière itinérante. Les lieux étaient très variés. De même, nous ne nous sommes pas cantonnés à un seul style musical. On avait la chance d’avoir des lieux polyvalents. C’est contraignant de changer de lieux tous les jours, mais c’est un gage d’ouverture au public. La formule a fonctionné, le public a accroché et nous a suivis !

Quels sont vos meilleurs souvenirs du FiMé ?

Luc : Je ne sais pas si je parlerais de meilleurs souvenirs, mais il y a eu des moments très marquants pour moi. Je pense déjà à la venue de Pierre Henry en 2010. Après avoir négocié pendant plusieurs années, on a finalement réussi à le faire venir. Et fidèle à sa réputation, il était d’une humeur exécrable et ne voulait pas faire le ciné-concert. Finalement tout s’est bien passé, et il m’a même remercié, en me disant que ce serait sans doute son dernier ciné-concert. Le ciné-concert sur Metropolis à La Garde lors de la deuxième édition, est mémorable pour les fidèles de la première heure. Avec la musique répétitive, d’influence krautrock, du groupe de Romain Turzi, les spectateurs ont été plongés dans l’enfer mécanique du film et ont vécu une expérience aussi intense que physique. Bien sûr, j’ai été particulièrement touché par la proposition sur le documentaire L’homme d’Aran du groupe Hifiklub dont j’ai fait partie tant d’années, mais je me rappelle aussi du tout premier ciné-concert à l’Opéra avec Pierre et le Loup et des rires d’enfants sur les films de Chaplin…

Laurence : Parmi mes meilleurs souvenirs du FiMé, me viennent bien sûr à l’esprit l’ouverture de la première édition en 2005… Nos premiers pas hésitants sur la scène de l’Auditorium du Casino de Hyères, entourés de nos partenaires, et du cinéaste et président actuel de la Cinémathèque Française Costa- Gavras… L’année suivante, comment oublier le duo portugais Dead Combo venu accompagner L’Homme à la caméra de Dziga Vertov mais aussi cuisiner de bons petits plats pour toute l’équipe du festival ! Allez, trois autres coups de coeur ! La création de l’envoûtant cinéconcert La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer avec Les Voix Animées au Liberté, et au cinéma Le Royal, le vibrant Blackmail d’Hitchcock transcendé par la DJ Chloé et le bouleversant Tabu de Murnau, délicatement révélé par les ondes Martenot de Christine Ott… que d’émotions partagées avec le public du FiMé depuis quinze ans !

wwww.fimefestival.fr


Discipline: Articles, Événements,



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Du 08 au 17 Novembre. 

 

En quinze ans, le FiMé s’est imposé comme un festival référence de l’aire toulonnaise. Ce projet osé d’allier un groupe qui joue en direct et un film de cinéma muet, plus ou moins connu, mais aussi de changer de lieu à chaque représentation, s’est avéré un succès. Bien sûr, quinze ans, c’est aussi l’heure d’un certain bilan. Les deux créateurs du festival reviennent avec émotion sur quinze ans de passion.

Comment est né le FiMé ?

Laurence : Le Festival International des Musiques d’Écran a été créé en 2005. Nous étions, sommes toujours, tous deux musiciens et cinéphiles, et souhaitions monter des spectacles autour de la musique de films. Mais rapidement le principe du ciné-concert s’est imposé. C’était plus intéressant que de présenter de simples musiques de films. Nous souhaitions faire redécouvrir des films que peu connaissaient, et revaloriser un domaine parfois déconsidéré. C’étaient les premiers temps du cinéma, avec des musiciens qui jouaient pendant la diffusion du film. À l’époque il ne manquait rien ; c’est à l’avènement du parlant que le cinéma muet est devenu désuet.

Quel est le concept du festival ?

Luc : Tout festival doit montrer quelque chose qui n’existe pas ailleurs. Et les ciné-concerts n’étaient pas souvent programmés dans les saisons culturelles. La collectivité a été sensible à ce pari, qui paraissait très audacieux. Dès la deuxième édition, nous avons créé le concept de films d’hier sur des musiques d’aujourd’hui : du jazz, du rock, des musiques du monde, de la musique électronique. On dit que les musiciens accompagnent le film, mais pour moi les musiciens accompagnent plutôt le public vers le film.

C’est un pari également cette diversité de lieux...

Laurence : Nous sommes partis du principe que c’était une forme de spectacle difficile à défendre. En restant cinq ou six jours dans une même ville, nous n’étions pas sûrs d’attirer du monde tous les jours. Cela permettait aussi d’aller à la rencontre de différents publics. Notre chance a été que l’agglomération était en train de se structurer et nous étions l’un des premiers projets à souhaiter se déployer sur ses villes de manière itinérante. Les lieux étaient très variés. De même, nous ne nous sommes pas cantonnés à un seul style musical. On avait la chance d’avoir des lieux polyvalents. C’est contraignant de changer de lieux tous les jours, mais c’est un gage d’ouverture au public. La formule a fonctionné, le public a accroché et nous a suivis !

Quels sont vos meilleurs souvenirs du FiMé ?

Luc : Je ne sais pas si je parlerais de meilleurs souvenirs, mais il y a eu des moments très marquants pour moi. Je pense déjà à la venue de Pierre Henry en 2010. Après avoir négocié pendant plusieurs années, on a finalement réussi à le faire venir. Et fidèle à sa réputation, il était d’une humeur exécrable et ne voulait pas faire le ciné-concert. Finalement tout s’est bien passé, et il m’a même remercié, en me disant que ce serait sans doute son dernier ciné-concert. Le ciné-concert sur Metropolis à La Garde lors de la deuxième édition, est mémorable pour les fidèles de la première heure. Avec la musique répétitive, d’influence krautrock, du groupe de Romain Turzi, les spectateurs ont été plongés dans l’enfer mécanique du film et ont vécu une expérience aussi intense que physique. Bien sûr, j’ai été particulièrement touché par la proposition sur le documentaire L’homme d’Aran du groupe Hifiklub dont j’ai fait partie tant d’années, mais je me rappelle aussi du tout premier ciné-concert à l’Opéra avec Pierre et le Loup et des rires d’enfants sur les films de Chaplin…

Laurence : Parmi mes meilleurs souvenirs du FiMé, me viennent bien sûr à l’esprit l’ouverture de la première édition en 2005… Nos premiers pas hésitants sur la scène de l’Auditorium du Casino de Hyères, entourés de nos partenaires, et du cinéaste et président actuel de la Cinémathèque Française Costa- Gavras… L’année suivante, comment oublier le duo portugais Dead Combo venu accompagner L’Homme à la caméra de Dziga Vertov mais aussi cuisiner de bons petits plats pour toute l’équipe du festival ! Allez, trois autres coups de coeur ! La création de l’envoûtant cinéconcert La Passion de Jeanne d’Arc de Dreyer avec Les Voix Animées au Liberté, et au cinéma Le Royal, le vibrant Blackmail d’Hitchcock transcendé par la DJ Chloé et le bouleversant Tabu de Murnau, délicatement révélé par les ondes Martenot de Christine Ott… que d’émotions partagées avec le public du FiMé depuis quinze ans !

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