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Laurent Lacotte, montrer ce que l’on ne peut pas montrer. Laurent Lacotte, montrer ce que l’on ne peut pas montrer.
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Comme chez les sauvages - jusqu’au 14 mai - Metaxu - Toulon

Laurent Lacotte se nourrit du réel. Provincial réfugié à Paris, il a migré quelques temps vers Toulon, à l’invitation de l’équipe du Metaxu où il nous livre le temps d’une exposition sa vision de notre ville et par extension de notre société. Attention, art engagé

Tu crées principalement des œuvres éphémères, en résidence dans le lieu où tu exposes, pourquoi avoir choisi ce type d’expression ?

C’est né de ma façon d’être en général, j’adore me déplacer et suis attaché au contexte. Je suis un hyper curieux. J’aime pouvoir parler des choses que je rencontre. Le contrat tacite est de me donner carte blanche. J’ai la nécessité de me frotter à tout ça, d’aller sur place, de rencontrer les espaces, les gens, de recueillir des témoignages. Ma première œuvre connue est née de mon arrivée à Paris. Je ne trouvais pas de logement, j’avais peu de revenus, et je voyais la pauvreté tous les jours. J’ai construit une cabane en carton, à échelle humaine, je suis allé la placer rue Montorgueil, et j’ai envoyé une invitation au vernissage à l’adresse de la cabane, où j’avais installé une soupe populaire. 

 

Dans cette expo tu nous parles d’(im)migration, pourquoi cette thématique à Toulon ?

L’équipe m’a invité en sachant que je faisais du travail contextuel. Ils m’ont parlé de la reconstruction du centre, mais je ne voulais pas trop me renseigner. Je suis parti d’une vision fantasmée du territoire, et celle de Toulon est ce qu’elle est : une histoire politique (l’extrême droite ndlr), une vision dure, voire hostile. J’ai lancé un titre qui parlait de cette ambiguïté. C’était le prétexte à un questionnement : qui sont les sauvages ? Ceux qui composent cette population ou ceux discriminés par eux ? Pour arriver au constat qu’on l’est finalement un peu tous. Après, il y a la réalité : Toulon est un port sur la méditerranée, une porte d’entrée en France, et une porte vers l’Afrique. J’ai donc créé une exposition autour des migrations, de ce que nous sommes : des français provenant de tous horizons, et autour de cette proximité avec l’Afrique. Dès que l’on rentre il y a un mouvement suggéré par un tourniquet un peu particulier. Après son passage, on est confrontés à des pièces empruntées au réel, à ce mur de barbelés, une pièce centrale immersive. Ce monde que l’on a construit est empli de disparités, c’est un monde dur. L’expo a une dimension très politique, toutes les pièces sont des prétextes à questionner notre identité, nos actions, notre histoire, notre positionnement en tant que femmes et hommes et en tant que citoyens. C’est un petit voyage en France, non dogmatique, car je n’impose aucune vision. C’est le rôle d’un artiste : apporter un autre regard sur le monde, qui ne va pas passer uniquement par des éléments historiques donnés ou des éléments journalistiques mais aussi par l’affectif et la poésie.

 

Tu ne peux vivre ton art qu’à travers l’engagement ?

Les artistes qui m’intéressent personnellement sont politiques et engagés. C’est ma sensibilité. J’ai besoin que l’art vienne se mettre en dialogue avec le réel. Je n’ai pas d’idée de grande carrière, de rentrer dans la postérité, je suis de passage et j’interagis avec le monde dans lequel je vis. J’ai simplement envie d’avoir un regard un peu distancié sur un réel partagé.

 

Qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

Ces choses qui me touchent en tant qu’humain, liées à l’exclusion, la pauvreté, la maltraitance. Nous sommes un pays porteur de belles valeurs, héritier des lumières, et à Paris je suis constamment confronté à la misère, à des gens qui ne se regardent plus. Cette belle notion d’accueil est mise à mal. Moi, je suis né du bon côté de la barrière, je suis blanc, j’ai pu étudier facilement. Mon art est engagé, ce n’est pas un gros mot. Je parle de ce qui me fait peur par extrapolation. C’est cauchemardesque de penser qu’on peut tous être victimes un jour. Quand je fais une pièce sur un SDF, j’ai très peur d’être à sa place. Je ne m’engage pas dans des associations, mais à travers mon art. Je veux montrer ce qu’on ne peut pas montrer. Nous faisons souvent les choses sans réfléchir, et je ne pense pas que cela aide les gens à vivre mieux et ensemble.

 

Site internet de Laurent Lacotte

 

 


Discipline: Articles, Arts graphiques,



Catégories : Articles, Arts graphiques,

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Comme chez les sauvages - jusqu’au 14 mai - Metaxu - Toulon

Laurent Lacotte se nourrit du réel. Provincial réfugié à Paris, il a migré quelques temps vers Toulon, à l’invitation de l’équipe du Metaxu où il nous livre le temps d’une exposition sa vision de notre ville et par extension de notre société. Attention, art engagé

Tu crées principalement des œuvres éphémères, en résidence dans le lieu où tu exposes, pourquoi avoir choisi ce type d’expression ?

C’est né de ma façon d’être en général, j’adore me déplacer et suis attaché au contexte. Je suis un hyper curieux. J’aime pouvoir parler des choses que je rencontre. Le contrat tacite est de me donner carte blanche. J’ai la nécessité de me frotter à tout ça, d’aller sur place, de rencontrer les espaces, les gens, de recueillir des témoignages. Ma première œuvre connue est née de mon arrivée à Paris. Je ne trouvais pas de logement, j’avais peu de revenus, et je voyais la pauvreté tous les jours. J’ai construit une cabane en carton, à échelle humaine, je suis allé la placer rue Montorgueil, et j’ai envoyé une invitation au vernissage à l’adresse de la cabane, où j’avais installé une soupe populaire. 

 

Dans cette expo tu nous parles d’(im)migration, pourquoi cette thématique à Toulon ?

L’équipe m’a invité en sachant que je faisais du travail contextuel. Ils m’ont parlé de la reconstruction du centre, mais je ne voulais pas trop me renseigner. Je suis parti d’une vision fantasmée du territoire, et celle de Toulon est ce qu’elle est : une histoire politique (l’extrême droite ndlr), une vision dure, voire hostile. J’ai lancé un titre qui parlait de cette ambiguïté. C’était le prétexte à un questionnement : qui sont les sauvages ? Ceux qui composent cette population ou ceux discriminés par eux ? Pour arriver au constat qu’on l’est finalement un peu tous. Après, il y a la réalité : Toulon est un port sur la méditerranée, une porte d’entrée en France, et une porte vers l’Afrique. J’ai donc créé une exposition autour des migrations, de ce que nous sommes : des français provenant de tous horizons, et autour de cette proximité avec l’Afrique. Dès que l’on rentre il y a un mouvement suggéré par un tourniquet un peu particulier. Après son passage, on est confrontés à des pièces empruntées au réel, à ce mur de barbelés, une pièce centrale immersive. Ce monde que l’on a construit est empli de disparités, c’est un monde dur. L’expo a une dimension très politique, toutes les pièces sont des prétextes à questionner notre identité, nos actions, notre histoire, notre positionnement en tant que femmes et hommes et en tant que citoyens. C’est un petit voyage en France, non dogmatique, car je n’impose aucune vision. C’est le rôle d’un artiste : apporter un autre regard sur le monde, qui ne va pas passer uniquement par des éléments historiques donnés ou des éléments journalistiques mais aussi par l’affectif et la poésie.

 

Tu ne peux vivre ton art qu’à travers l’engagement ?

Les artistes qui m’intéressent personnellement sont politiques et engagés. C’est ma sensibilité. J’ai besoin que l’art vienne se mettre en dialogue avec le réel. Je n’ai pas d’idée de grande carrière, de rentrer dans la postérité, je suis de passage et j’interagis avec le monde dans lequel je vis. J’ai simplement envie d’avoir un regard un peu distancié sur un réel partagé.

 

Qu’est-ce qui t’inspire le plus ?

Ces choses qui me touchent en tant qu’humain, liées à l’exclusion, la pauvreté, la maltraitance. Nous sommes un pays porteur de belles valeurs, héritier des lumières, et à Paris je suis constamment confronté à la misère, à des gens qui ne se regardent plus. Cette belle notion d’accueil est mise à mal. Moi, je suis né du bon côté de la barrière, je suis blanc, j’ai pu étudier facilement. Mon art est engagé, ce n’est pas un gros mot. Je parle de ce qui me fait peur par extrapolation. C’est cauchemardesque de penser qu’on peut tous être victimes un jour. Quand je fais une pièce sur un SDF, j’ai très peur d’être à sa place. Je ne m’engage pas dans des associations, mais à travers mon art. Je veux montrer ce qu’on ne peut pas montrer. Nous faisons souvent les choses sans réfléchir, et je ne pense pas que cela aide les gens à vivre mieux et ensemble.

 

Site internet de Laurent Lacotte