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«30 ans et Après...» - Du 08.12 au 24.02
Hôtel Départemental des Arts du Var - Toulon

 

L’Hôtel Départemental des Arts dans sa nouvelle exposition fête les trente ans de l’association varoise ELSTIR destinée à promouvoir l’Art Contemporain et les jeunes plasticiens. A cette occasion il invitent douze lauréats du prix décerné chaque année par l’association. Nous avons rencontré Léna, jeune plasticienne trentenaire, issue de cette prometteuse génération sortie de l’ESADTPM, qui nous fait découvrir son univers.

 

Quelles œuvres présenteras-tu dans cette exposition ?
L’approche est différente de ce que je fais d’habitude. La base de mon travail est la collection d’objets. C’est la partie cachée de mon oeuvre : j’accumule des objets depuis très longtemps. Enfant, j’allais dans les marchés aux puces avec mes parents. J’ai plusieurs façons de montrer mes mises en scène, à travers des photos ou par des installations. Mais ces objets sont toujours présents. Il y a aussi toujours des personnages dans mes photos. Pour l’Hôtel Départemental des Arts du Var, je me suis intéressée aux âges en transition, et aux personnes en marge de notre société. Particulièrement aux pensionnaires de maisons de retraite. Nous devions exposer de nouvelles pièces avec un nouveau projet. Je suis allée dans ces maisons et j’ai observé. Puis je me suis rapprochée de quelques dames, avec qui nous avons longuement parlé. Certaines oubliaient, et me racontaient leurs souvenirs personnels plusieurs fois. Les portraits que je présente évoquent un de leurs souvenirs. Il n’y a aucun de mes objets de collection parce qu’en maison de retraite, vous n’avez que peu d’objets. Les photos sont prises dans les espaces de vie : réfectoire, chambres, infirmerie. J’ai également une nouvelle installation qui présente l’intégralité de mes collections : de la serviette de bain, à l’armoire de chambre à coucher. Ces objets sont placés dans une reconstitution de pièce de vie, avec tapisserie, moquette...

Comment est né cet intérêt pour l’accumulation ?
Ça parle de la société de consommation, de tout ce que l’on jette. Aux puces, je suis impressionnée de voir tout ce dont les gens ne veulent plus. Aucun de mes objets n’est rare. Ils sont amenés à disparaître. Cela fait écho à la fin de vie, des objets et des lieux. J’aime accumuler. On retrouve forcément des objets d’une certaine période, ni trop vieux, ni trop récents, il y en a beaucoup des années 80... J’aime aussi acheter dans ces magasins discount, où il y a tous ces objets fabriqués en Chine. Ces objets colorés sont attractifs pour l’œil au premier abord, puis ils révèlent d’autres choses sur notre société.

Tu mixes objets et personnages, l’un définit l’autre ?

Non, ce n'est pas si simple. Tout est mis en scène, dans mes photos comme dans les installations. Les objets n’appartiennent pas à mes personnages, ils sont issus de mes collections.  Je les choisis, comme les lieux et les personnages, qui sont des gens ordinaires. J’ai commencé avec les femmes de ma famille, puis j’ai étendu. Je leur donne un rôle et tout est méticuleusement fabriqué. La seule chose qui les raccroche à la réalité est leur prénom, présent dans le titre de l'oeuvre. Ce sont des personnages qui peuvent incarner une certaine forme de marginalité. Il y a des dames qui n'entrent pas dans les critères actuels de beauté, des handicapés, des adolescentes, des pensionnaires de maisons de retraite... Cette marge est partout : dans les objets, les personnages, les lieux périurbains ou en transition.

Tes mises en scène sont très cinématographiques, tu souhaites faire de la vidéo ?
J’ai toujours eu envie, mais je ne vois pas pour l’instant ce que je peux ajouter, les mises en scène se suffisent à elles-mêmes. Pour ce projet, j’ai filmé dans la maison de retraite. On est plus dans le reportage, mais il y a des choix de cadrage, je m’attarde sur des détails qui ne se verraient pas forcément. J’ai toujours un regard bienveillant. On pourrait croire que je me moque, mais c’est la démarche inverse : je montre ce que l’on ne montre pas d’habitude. En ce moment je suis une bodybuildeuse. La mise en scène dans ce monde est très importante : ils se peignent en marron, portent des faux ongles... Ce sont également des personnes hors-norme, avec un mode de vie marginal.

 

Site Web de Léna Durr

Site Web de L'ESADTPM


Discipline: Articles, Arts graphiques



Catégories : Articles, Arts graphiques

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Hôtel Départemental des Arts du Var - Toulon

 

L’Hôtel Départemental des Arts dans sa nouvelle exposition fête les trente ans de l’association varoise ELSTIR destinée à promouvoir l’Art Contemporain et les jeunes plasticiens. A cette occasion il invitent douze lauréats du prix décerné chaque année par l’association. Nous avons rencontré Léna, jeune plasticienne trentenaire, issue de cette prometteuse génération sortie de l’ESADTPM, qui nous fait découvrir son univers.

 

Quelles œuvres présenteras-tu dans cette exposition ?
L’approche est différente de ce que je fais d’habitude. La base de mon travail est la collection d’objets. C’est la partie cachée de mon oeuvre : j’accumule des objets depuis très longtemps. Enfant, j’allais dans les marchés aux puces avec mes parents. J’ai plusieurs façons de montrer mes mises en scène, à travers des photos ou par des installations. Mais ces objets sont toujours présents. Il y a aussi toujours des personnages dans mes photos. Pour l’Hôtel Départemental des Arts du Var, je me suis intéressée aux âges en transition, et aux personnes en marge de notre société. Particulièrement aux pensionnaires de maisons de retraite. Nous devions exposer de nouvelles pièces avec un nouveau projet. Je suis allée dans ces maisons et j’ai observé. Puis je me suis rapprochée de quelques dames, avec qui nous avons longuement parlé. Certaines oubliaient, et me racontaient leurs souvenirs personnels plusieurs fois. Les portraits que je présente évoquent un de leurs souvenirs. Il n’y a aucun de mes objets de collection parce qu’en maison de retraite, vous n’avez que peu d’objets. Les photos sont prises dans les espaces de vie : réfectoire, chambres, infirmerie. J’ai également une nouvelle installation qui présente l’intégralité de mes collections : de la serviette de bain, à l’armoire de chambre à coucher. Ces objets sont placés dans une reconstitution de pièce de vie, avec tapisserie, moquette...

Comment est né cet intérêt pour l’accumulation ?
Ça parle de la société de consommation, de tout ce que l’on jette. Aux puces, je suis impressionnée de voir tout ce dont les gens ne veulent plus. Aucun de mes objets n’est rare. Ils sont amenés à disparaître. Cela fait écho à la fin de vie, des objets et des lieux. J’aime accumuler. On retrouve forcément des objets d’une certaine période, ni trop vieux, ni trop récents, il y en a beaucoup des années 80... J’aime aussi acheter dans ces magasins discount, où il y a tous ces objets fabriqués en Chine. Ces objets colorés sont attractifs pour l’œil au premier abord, puis ils révèlent d’autres choses sur notre société.

Tu mixes objets et personnages, l’un définit l’autre ?

Non, ce n'est pas si simple. Tout est mis en scène, dans mes photos comme dans les installations. Les objets n’appartiennent pas à mes personnages, ils sont issus de mes collections.  Je les choisis, comme les lieux et les personnages, qui sont des gens ordinaires. J’ai commencé avec les femmes de ma famille, puis j’ai étendu. Je leur donne un rôle et tout est méticuleusement fabriqué. La seule chose qui les raccroche à la réalité est leur prénom, présent dans le titre de l'oeuvre. Ce sont des personnages qui peuvent incarner une certaine forme de marginalité. Il y a des dames qui n'entrent pas dans les critères actuels de beauté, des handicapés, des adolescentes, des pensionnaires de maisons de retraite... Cette marge est partout : dans les objets, les personnages, les lieux périurbains ou en transition.

Tes mises en scène sont très cinématographiques, tu souhaites faire de la vidéo ?
J’ai toujours eu envie, mais je ne vois pas pour l’instant ce que je peux ajouter, les mises en scène se suffisent à elles-mêmes. Pour ce projet, j’ai filmé dans la maison de retraite. On est plus dans le reportage, mais il y a des choix de cadrage, je m’attarde sur des détails qui ne se verraient pas forcément. J’ai toujours un regard bienveillant. On pourrait croire que je me moque, mais c’est la démarche inverse : je montre ce que l’on ne montre pas d’habitude. En ce moment je suis une bodybuildeuse. La mise en scène dans ce monde est très importante : ils se peignent en marron, portent des faux ongles... Ce sont également des personnes hors-norme, avec un mode de vie marginal.

 

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