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Matthieu Priol - Une Fête de la Musique virtuelle.

Matthieu Priol - Une Fête de la Musique virtuelle.

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Chaque année, la ville de Toulon mandate l’association No Id d’organiser et de coordonner toutes les scènes de la Fête de la Musique de la ville. Mais cette fête ne peut voir lieu physiquement cette année. Cela n’a pas arrêté Matthieu, qui après trois mois sans organiser d’événement ne pouvait pas se résigner à rester sans rien faire.

La Fête de la Musique arrive à grands pas, que nous préparez-vous pour l’occasion ?

Nous préparons une fête de la musique virtuelle. Elle se fera via un multiplex sur internet, visible sur téléphone, tablette et ordinateur ! Il y aura dix canaux en tout. Nous voulons nous appuyer sur plusieurs partenaires. Nous proposerons une scène à chacun. Cité des Arts en construira bien sûr une. Les dix canaux auront une thématique différente et verront passer plusieurs groupes. Un multiplex sur la culture est une première en France. Il y a eu beaucoup de livestreams pendant le confinement, mais ils passaient par des plateformes existantes. Nous, nous avons notre propre bande passante, et un site dédié. Nous pourrons reproduire d’autres évènements similaires plus tard, des e-festivals. Sur chaque canal, nous aurons un chat pour créer de l’interaction. Nous aurons aussi une chaîne relais qui annoncera ce qui se passe sur les autres chaines et pourra avoir du contenu : interviews d’acteurs culturels locaux, showcases acoustique… L’appel à candidature pour les groupes a été lancé. Nous souhaitons développer des partenariats avec les acteurs culturels locaux, structures, institutions, lieux, festivals. Avec la crise du COVID-19 qui s’ajoute à celle des attentats, ça devient de plus en plus compliqué d’organiser des événements. Nous devons trouver de nouvelles propositions pour maintenir le live en vie car il est très important pour un artiste.

Comment votre association a-t-elle été impactée ?

Tous nos événements ont été annulés. Au départ, nous pensions que ça ne durerait pas plus d’un mois. Mais il était difficile de nous remettre au travail sans savoir si nos dates auraient lieu. Nous échangions beaucoup au départ, avec les organisateurs de festivals notamment, pour suivre l’évolution de la situation. Puis petit à petit, les échanges se sont taris. Au bout de quelques semaines c’est devenu très difficile de se projeter. J’ai un ami, avec qui nous passons des heures à réfléchir à de nouveaux projets. Là, on s’est mis à réfléchir au 2.0. Tout s’était arrêté sous nos yeux, je n’avais plus de travail et nous ne savions pas jusqu’à quand. Je me suis rendu compte que mon métier c’est de produire du live. La solution que nous proposons pour la Fête de la Musique n’est pas vouée à remplacer des événements physiques, elle est complémentaire, et pourra avoir lieu même sans crise sanitaire.

Comment penses-tu que la situation évolue ?

Les dégâts risquent d’être considérables. Nous ferons un premier point en décembre 2020 et le second en juillet 2021. Je pense que les salariés et bénévoles du monde culturel vont être très impactés. La culture risque d’être moins alternative et les propositions vont sûrement diminuer, seules les institutions bien ancrées survivront. Cela fait quelques années déjà que les pouvoirs publics réduisent petit à petit leurs subventions aux petites structures. La crise va probablement amplifier cela. Si les partenaires institutionnels continuent de se retirer, il n’y aura plus beaucoup d’acteurs culturels. La scène alternative émergente va avoir du mal à perdurer. Nous y perdrions beaucoup en dynamisme.

 

Inscriptions : Fête de la Musique virtuelle 

Site internet : NO/ID Lab


Discipline: Articles, Musique, Arts graphiques, Sur les planches, Initiatives, Événements



Catégories : Articles, Musique, Arts graphiques, Sur les planches, Initiatives, Événements

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Chaque année, la ville de Toulon mandate l’association No Id d’organiser et de coordonner toutes les scènes de la Fête de la Musique de la ville. Mais cette fête ne peut voir lieu physiquement cette année. Cela n’a pas arrêté Matthieu, qui après trois mois sans organiser d’événement ne pouvait pas se résigner à rester sans rien faire.

La Fête de la Musique arrive à grands pas, que nous préparez-vous pour l’occasion ?

Nous préparons une fête de la musique virtuelle. Elle se fera via un multiplex sur internet, visible sur téléphone, tablette et ordinateur ! Il y aura dix canaux en tout. Nous voulons nous appuyer sur plusieurs partenaires. Nous proposerons une scène à chacun. Cité des Arts en construira bien sûr une. Les dix canaux auront une thématique différente et verront passer plusieurs groupes. Un multiplex sur la culture est une première en France. Il y a eu beaucoup de livestreams pendant le confinement, mais ils passaient par des plateformes existantes. Nous, nous avons notre propre bande passante, et un site dédié. Nous pourrons reproduire d’autres évènements similaires plus tard, des e-festivals. Sur chaque canal, nous aurons un chat pour créer de l’interaction. Nous aurons aussi une chaîne relais qui annoncera ce qui se passe sur les autres chaines et pourra avoir du contenu : interviews d’acteurs culturels locaux, showcases acoustique… L’appel à candidature pour les groupes a été lancé. Nous souhaitons développer des partenariats avec les acteurs culturels locaux, structures, institutions, lieux, festivals. Avec la crise du COVID-19 qui s’ajoute à celle des attentats, ça devient de plus en plus compliqué d’organiser des événements. Nous devons trouver de nouvelles propositions pour maintenir le live en vie car il est très important pour un artiste.

Comment votre association a-t-elle été impactée ?

Tous nos événements ont été annulés. Au départ, nous pensions que ça ne durerait pas plus d’un mois. Mais il était difficile de nous remettre au travail sans savoir si nos dates auraient lieu. Nous échangions beaucoup au départ, avec les organisateurs de festivals notamment, pour suivre l’évolution de la situation. Puis petit à petit, les échanges se sont taris. Au bout de quelques semaines c’est devenu très difficile de se projeter. J’ai un ami, avec qui nous passons des heures à réfléchir à de nouveaux projets. Là, on s’est mis à réfléchir au 2.0. Tout s’était arrêté sous nos yeux, je n’avais plus de travail et nous ne savions pas jusqu’à quand. Je me suis rendu compte que mon métier c’est de produire du live. La solution que nous proposons pour la Fête de la Musique n’est pas vouée à remplacer des événements physiques, elle est complémentaire, et pourra avoir lieu même sans crise sanitaire.

Comment penses-tu que la situation évolue ?

Les dégâts risquent d’être considérables. Nous ferons un premier point en décembre 2020 et le second en juillet 2021. Je pense que les salariés et bénévoles du monde culturel vont être très impactés. La culture risque d’être moins alternative et les propositions vont sûrement diminuer, seules les institutions bien ancrées survivront. Cela fait quelques années déjà que les pouvoirs publics réduisent petit à petit leurs subventions aux petites structures. La crise va probablement amplifier cela. Si les partenaires institutionnels continuent de se retirer, il n’y aura plus beaucoup d’acteurs culturels. La scène alternative émergente va avoir du mal à perdurer. Nous y perdrions beaucoup en dynamisme.

 

Inscriptions : Fête de la Musique virtuelle 

Site internet : NO/ID Lab