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Milan Garcin -  Éternel Exil. Milan Garcin -  Éternel Exil.
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Milan Garcin - Éternel Exil.

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ARTS PLASTIQUES

Exposition
« Ulysse, voyage dans une Méditerranée de légendes »
HDE Var - Draguignan
Du 23 avril au 22 août (reporté)

“Ulysse, voyage dans une Méditerranée de légendes” est loin d’être l’exposition classique de collectivités que nous nous imaginons. Nous ne témoignons ici que d’une infime partie des idées et connaissances passionnantes que le commissaire d’exposition Milan Garcin nous a généreusement partagées. Des paroles à boire. Un regard aiguisé sur le monde d’hier et d'aujourd'hui.

Comment est née cette exposition ?

Le département du Var m’a demandé de faire une exposition sur un sujet transversal, et Ulysse était déjà l'une des pistes de réflexion. L'Odyssée commence par la fin de l'histoire, lorsqu’Ulysse est chez Calypso et désespère de rentrer chez lui. Mais commencer par la fin était très compliqué: c’est difficile de mettre en scène un flash-back dans une exposition ! On a préféré se concentrer sur l'ordre des aventures telles qu'Ulysse les raconte, pour que le visiteur se mette dans les pas du héros. On peut ainsi montrer des œuvres de toutes les époques. L'œuvre la plus ancienne de l’exposition provient de la collection des antiquités de Munich et date du VIIIème siècle avant notre ère. Les plus récentes ont été créées cette année.

Quel est votre rapport à l'Odyssée ?

Je suis spécialiste d’artistes du XXème siècle, pas d'art antique. Mais ce qui m'intéresse, c’est la transversalité. J’ai toujours été intéressé par la source de notre culture occidentale, d’un point de vue philosophique, la façon dont se forme l’imaginaire collectif et comment les artistes se saisissent de l’histoire de l’art.

Dans cette exposition, nous pouvons donc découvrir qu’Ulysse représente des choses différentes selon les époques. D’après vous, quelles sont les préoccupations contemporaines autour de lui ?

On pense évidemment à la souffrance engendrée par l’exil et aux migrants, même si ça n’a pas fait l’objet d’un sujet dans l’exposition. C’est au visiteur de la lire sous le prisme de nos enjeux contemporains. Il est aussi question d’univers maritime, de retour à l’identité, qui sont des éléments symboliques forts du récit. Pour répondre à cette question, j’ai demandé à Anne et Patrick Poirier, Camille Grandval et Damien MacDonald de réaliser des œuvres pour l’exposition. Ils avaient tous, dès le départ, ces éléments à l’esprit, mais le sujet est encore plus universel. Tous se sont saisis, naturellement et à divers degrés, de ce qu'est l'imaginaire collectif. L'Odyssée, en étant à la source de notre culture, a déterminé une grande partie de l'histoire de l'art occidental. La lire, c'est traverser l'histoire à rebours. Finalement, faire une œuvre qui parle de l'Odyssée, c'est parler de l'imaginaire collectif.

Comment avez-vous choisi les œuvres ?

Il me semblait important de faire découvrir Ulysse sous un nouvel angle. Une grande partie des œuvres issues de prêts internationaux, soit plus de la moitié de celles que nous exposons, n’ont jamais été montrées en France. Je pense notamment à un relief monumental du massacre des prétendants datant du IVème siècle av JC qui vient d’une tombe d’Asie Mineure. Nous avons de très beaux prêts d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, de Grèce, de Russie, du Royaume-Uni, du Danemark...

 En dehors d’Ulysse, avez-vous un personnage préféré ?

Celui de Circé. Il y a une hypothèse historique selon laquelle l'on passe d’une société matriarcale à un système patriarcal entre le XIIe et le VIIIe siècle av JC, soit juste avant la mise par écrit de l'Odyssée. Or le mythe est plus ancien, probablement préhistorique. L'omniprésence des femmes de pouvoir avec Nausicaa, Pénélope et Calypso, est le signe de ce glissement sociétal. On le voit en particulier autour de l’iconographie de Circé qui est représentée comme une Potnia Theron, qui est une figure démiurgique, maîtresse des animaux, parfois montrée avec des figures d'orants, masculins. C’est un symbole de pouvoir. Dans le récit, c’est Circé qui détient le secret pour convoquer les morts, qui connaît les végétaux et qui peut transformer les hommes en cochons. Les hommes la vénèrent ! Maureen Gontier

Site Internet : Milan Garcin 

Avril 2021


Discipline: Articles, Arts graphiques



Catégories : Articles, Arts graphiques

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ARTS PLASTIQUES

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« Ulysse, voyage dans une Méditerranée de légendes »
HDE Var - Draguignan
Du 23 avril au 22 août (reporté)

“Ulysse, voyage dans une Méditerranée de légendes” est loin d’être l’exposition classique de collectivités que nous nous imaginons. Nous ne témoignons ici que d’une infime partie des idées et connaissances passionnantes que le commissaire d’exposition Milan Garcin nous a généreusement partagées. Des paroles à boire. Un regard aiguisé sur le monde d’hier et d'aujourd'hui.

Comment est née cette exposition ?

Le département du Var m’a demandé de faire une exposition sur un sujet transversal, et Ulysse était déjà l'une des pistes de réflexion. L'Odyssée commence par la fin de l'histoire, lorsqu’Ulysse est chez Calypso et désespère de rentrer chez lui. Mais commencer par la fin était très compliqué: c’est difficile de mettre en scène un flash-back dans une exposition ! On a préféré se concentrer sur l'ordre des aventures telles qu'Ulysse les raconte, pour que le visiteur se mette dans les pas du héros. On peut ainsi montrer des œuvres de toutes les époques. L'œuvre la plus ancienne de l’exposition provient de la collection des antiquités de Munich et date du VIIIème siècle avant notre ère. Les plus récentes ont été créées cette année.

Quel est votre rapport à l'Odyssée ?

Je suis spécialiste d’artistes du XXème siècle, pas d'art antique. Mais ce qui m'intéresse, c’est la transversalité. J’ai toujours été intéressé par la source de notre culture occidentale, d’un point de vue philosophique, la façon dont se forme l’imaginaire collectif et comment les artistes se saisissent de l’histoire de l’art.

Dans cette exposition, nous pouvons donc découvrir qu’Ulysse représente des choses différentes selon les époques. D’après vous, quelles sont les préoccupations contemporaines autour de lui ?

On pense évidemment à la souffrance engendrée par l’exil et aux migrants, même si ça n’a pas fait l’objet d’un sujet dans l’exposition. C’est au visiteur de la lire sous le prisme de nos enjeux contemporains. Il est aussi question d’univers maritime, de retour à l’identité, qui sont des éléments symboliques forts du récit. Pour répondre à cette question, j’ai demandé à Anne et Patrick Poirier, Camille Grandval et Damien MacDonald de réaliser des œuvres pour l’exposition. Ils avaient tous, dès le départ, ces éléments à l’esprit, mais le sujet est encore plus universel. Tous se sont saisis, naturellement et à divers degrés, de ce qu'est l'imaginaire collectif. L'Odyssée, en étant à la source de notre culture, a déterminé une grande partie de l'histoire de l'art occidental. La lire, c'est traverser l'histoire à rebours. Finalement, faire une œuvre qui parle de l'Odyssée, c'est parler de l'imaginaire collectif.

Comment avez-vous choisi les œuvres ?

Il me semblait important de faire découvrir Ulysse sous un nouvel angle. Une grande partie des œuvres issues de prêts internationaux, soit plus de la moitié de celles que nous exposons, n’ont jamais été montrées en France. Je pense notamment à un relief monumental du massacre des prétendants datant du IVème siècle av JC qui vient d’une tombe d’Asie Mineure. Nous avons de très beaux prêts d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, de Grèce, de Russie, du Royaume-Uni, du Danemark...

 En dehors d’Ulysse, avez-vous un personnage préféré ?

Celui de Circé. Il y a une hypothèse historique selon laquelle l'on passe d’une société matriarcale à un système patriarcal entre le XIIe et le VIIIe siècle av JC, soit juste avant la mise par écrit de l'Odyssée. Or le mythe est plus ancien, probablement préhistorique. L'omniprésence des femmes de pouvoir avec Nausicaa, Pénélope et Calypso, est le signe de ce glissement sociétal. On le voit en particulier autour de l’iconographie de Circé qui est représentée comme une Potnia Theron, qui est une figure démiurgique, maîtresse des animaux, parfois montrée avec des figures d'orants, masculins. C’est un symbole de pouvoir. Dans le récit, c’est Circé qui détient le secret pour convoquer les morts, qui connaît les végétaux et qui peut transformer les hommes en cochons. Les hommes la vénèrent ! Maureen Gontier

Site Internet : Milan Garcin 

Avril 2021