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Noëlle Perna, Mado est ancrée dans notre époque Noëlle Perna, Mado est ancrée dans notre époque
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Noëlle Perna, Mado est ancrée dans notre époque Noëlle Perna, Mado est ancrée dans notre époque

Noëlle Perna, Mado est ancrée dans notre époque

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Mado la niçoise sillone la France depuis quinze ans déjà. Avec sa gouaille, son maquillage outrancier, elle apparaît comme une caricature des femmes du Sud. Pourtant Noëlle Perna, observant des clients de son bar niçois, qu’elle possède toujours, a créé un personnage attachant, qui s’attaque à des sujets profonds, ancrés dans notre époque.

 

Quelle est la part de réalité dans le personnage de Mado ?
100% : c’est un personnage inspiré par une cliente de mon bar. Elle s’appelle Mado, a la même gouaille, le même maquillage. Elle est emblématique de certaines femmes de ma région. Elle a assisté à une répétition, elle est très fière, tout le monde la connait. Aujourd’hui il y a toujours des spectateurs qui me disent qu’ils connaissent un personnage similaire. 
 
Que va-t-il se passer dans ce nouveau spectacle ?
Mado va nous surprendre, comme toujours. Elle nous entraîne là où on ne l’attend jamais, même moi elle me surprend parfois ! Elle a une empathie avec le public, ce n’est pas une artiste, elle fait partie du public, c’est un booster d’énergie, on voyage avec elle. Dans Mado, on retrouve mes réflexions, celles de notre époque, où on ne peut plus rien dire, où un mot peut provoquer un cataclysme, mais aussi l’omniprésence de la télé, qui nous entraine dans une pensée formatée, l’importance du foot dans la vie des gens, etc. Il y a des moments de tendresse, de sensibilité. En humour ce n’est pas courant. En général, on est dans la vanne ; ici il y a de vrais moments de voyage émotionnel comme dans cet hommage à la Baie des Anges, chez moi.
 
Comment arriver à faire évoluer un seul personnage au fil des années ?
On n’y arrive que si on évolue également. Le personnage a une semi-autonomie mais si on ne bouge pas dans nos conceptions, on se limite et on finit par désintéresser le public. Mado est très ancrée dans l’actuel, dans ce qui passe ici et maintenant. Elle s’est beaucoup remise en question. Ce peut être déstabilisant pour le public, car il y a une sécurité dans ce que l’on connait déjà, mais aujourd’hui il faut changer les paradigmes. Ce sera encore le cas dans le prochain spectacle que je suis en train d’écrire : Certifié Mado. 
 
Votre implication citoyenne est importante, c’est essentiel de s’impliquer en tant qu’artiste ?
La fonction de l’artiste est aussi de réveiller, de faire se poser des questions. Je ne monte pas sur scène  pour montrer ce que je sais faire mais pour échanger, et pour cela il faut avoir des choses à dire, avoir réfléchi un peu. Je suis marraine de la Ligue contre le Cancer et de Zéro déchet, ça peut sembler éloigné, mais en protégeant la planète, on protège aussi notre santé.
 
Comment créez-vous un spectacle ?
Comme vous créez un article. Je travaille, je prends des notes, il me faut un an pour un spectacle. Nous sommes deux, il faut laisser monter les choses, voir quels sujets jaillissent comme des nécessités. 
 
Vous avez également d’autres activités…
J’ai une chaine Youtube avec des vidéos, c’est pour m’amuser. J’écris des pièces dans mon petit théâtre à Nice, que je fais jouer par des comédiens. J’ai également une chronique sur France Bleu toutes les semaines.
 
Votre meilleur souvenir ?
Quand j’ai joué pour la première fois au Palais des Festivals à Cannes, en 2002, pour le festival Performance d’Acteurs. Il y avait Gad Elmaleh, Jean-Marie Bigard et moi, qui n’était que régionale ! C’est là que tout a basculé, un grand professionnel était là, il m’a dit : « Noëlle il faut aller à Paris ». J’ai eu une standing ovation en plus !
 
 
 
 
 


Discipline: Articles, Sur les planches



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Mado la niçoise sillone la France depuis quinze ans déjà. Avec sa gouaille, son maquillage outrancier, elle apparaît comme une caricature des femmes du Sud. Pourtant Noëlle Perna, observant des clients de son bar niçois, qu’elle possède toujours, a créé un personnage attachant, qui s’attaque à des sujets profonds, ancrés dans notre époque.

 

Quelle est la part de réalité dans le personnage de Mado ?
100% : c’est un personnage inspiré par une cliente de mon bar. Elle s’appelle Mado, a la même gouaille, le même maquillage. Elle est emblématique de certaines femmes de ma région. Elle a assisté à une répétition, elle est très fière, tout le monde la connait. Aujourd’hui il y a toujours des spectateurs qui me disent qu’ils connaissent un personnage similaire. 
 
Que va-t-il se passer dans ce nouveau spectacle ?
Mado va nous surprendre, comme toujours. Elle nous entraîne là où on ne l’attend jamais, même moi elle me surprend parfois ! Elle a une empathie avec le public, ce n’est pas une artiste, elle fait partie du public, c’est un booster d’énergie, on voyage avec elle. Dans Mado, on retrouve mes réflexions, celles de notre époque, où on ne peut plus rien dire, où un mot peut provoquer un cataclysme, mais aussi l’omniprésence de la télé, qui nous entraine dans une pensée formatée, l’importance du foot dans la vie des gens, etc. Il y a des moments de tendresse, de sensibilité. En humour ce n’est pas courant. En général, on est dans la vanne ; ici il y a de vrais moments de voyage émotionnel comme dans cet hommage à la Baie des Anges, chez moi.
 
Comment arriver à faire évoluer un seul personnage au fil des années ?
On n’y arrive que si on évolue également. Le personnage a une semi-autonomie mais si on ne bouge pas dans nos conceptions, on se limite et on finit par désintéresser le public. Mado est très ancrée dans l’actuel, dans ce qui passe ici et maintenant. Elle s’est beaucoup remise en question. Ce peut être déstabilisant pour le public, car il y a une sécurité dans ce que l’on connait déjà, mais aujourd’hui il faut changer les paradigmes. Ce sera encore le cas dans le prochain spectacle que je suis en train d’écrire : Certifié Mado. 
 
Votre implication citoyenne est importante, c’est essentiel de s’impliquer en tant qu’artiste ?
La fonction de l’artiste est aussi de réveiller, de faire se poser des questions. Je ne monte pas sur scène  pour montrer ce que je sais faire mais pour échanger, et pour cela il faut avoir des choses à dire, avoir réfléchi un peu. Je suis marraine de la Ligue contre le Cancer et de Zéro déchet, ça peut sembler éloigné, mais en protégeant la planète, on protège aussi notre santé.
 
Comment créez-vous un spectacle ?
Comme vous créez un article. Je travaille, je prends des notes, il me faut un an pour un spectacle. Nous sommes deux, il faut laisser monter les choses, voir quels sujets jaillissent comme des nécessités. 
 
Vous avez également d’autres activités…
J’ai une chaine Youtube avec des vidéos, c’est pour m’amuser. J’écris des pièces dans mon petit théâtre à Nice, que je fais jouer par des comédiens. J’ai également une chronique sur France Bleu toutes les semaines.
 
Votre meilleur souvenir ?
Quand j’ai joué pour la première fois au Palais des Festivals à Cannes, en 2002, pour le festival Performance d’Acteurs. Il y avait Gad Elmaleh, Jean-Marie Bigard et moi, qui n’était que régionale ! C’est là que tout a basculé, un grand professionnel était là, il m’a dit : « Noëlle il faut aller à Paris ». J’ai eu une standing ovation en plus !