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Odezenne - Faire sérieusement les choses sans se prendre au sérieux

Odezenne - Faire sérieusement les choses sans se prendre au sérieux

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15.11 - Espace Malraux - Six-Fours

« Au Baccara », quatrième album studio d’Odezenne sorti en octobre 2018, a été enregistré à Konk, le prestigieux studio des Kinks à Londres. Après plus de vingt millions d’écoutes en moins d’un an, le groupe vient de sortir un nouvel EP : « Pouchkine ». Le son d’Odezenne n’a jamais été aussi limpide, compact et riche à la fois. Alix, Jacques et Mattia sont partis pour une tournée de cent dix dates à travers la France et à l’international.

Depuis « Dolziger » et votre passage à Berlin, vous vous êtes beaucoup plus intéressés à des sonorités électroniques. « Au Baccara » semble être la suite logique de Dolziger...

Jacques : Dès le début, on avait cette ambition de ne pas utiliser de samples, d’acheter des synthétiseurs. Donc c’est juste une évolution des choses, c’est une forme d’ADN qui se construit au fur et à mesure : plus on achète de synthés, plus on fait de la création, moins on utilise de samples, et plus on a un truc qui est singulier et qui nous ressemble.

Vous avez enregistré l’album dans le prestigieux studio des Kinks : le studio Konk...

Comme pour Berlin, on est parti avec un fantasme... Mais avant tout on arrivait au studio à 9h et on repartait à 3h du mat’. Avec les machines que l’on a, pour pousser le son le plus loin possible, il fallait aller mixer là bas. C’est assez fou de passer nos synthés dans ces machines et de chanter dans des micros qui datent de 1950. On y est retourné pour enregistrer « Pouchkine » : on avait déjà nos marques, c’était plus fluide. Quand on a le nez dans le mix on n’y pense pas, mais quand on lève la tête de la console, on se dit que c’est assez fou d’être là. C’est un souvenir impérissable, on est chanceux. Tu te dis « je fais un truc qui me plaît, ça sonne de ouf, et je suis dans un endroit qui me permet de le pousser encore plus loin ». Dans la vie d’un musicien c’est tout ce que je peux souhaiter aux gens.

L’album a reçu un accueil exceptionnel...

Je pense que dans l’art, il y a une constante, qui est très importante à prendre en compte : la chance. Notre chance, c’est faire une œuvre qui va parler au public, qui va se l’approprier. Le public a toujours été bienveillant avec nous. On a trouvé notre propre public, et on le respecte. Malgré tous les streams et les ventes, on reste nous mêmes, et les gens le ressentent. Il faut faire sérieusement les choses sans se prendre au sérieux, c’est très important. Sur scène, on vient comme on est, il n’y a pas de décors, pas de costumes. À l’anglo-saxonne, on monte sur scène, on se donne à fond, au revoir et merci. C’est toujours des moments de fous, surtout dans les salles fermées. C’est comme une cocotte-minute qui se remplit de vapeur et après c’est des explosions de joie et des émotions incroyables. Je souhaiterais que tous les musiciens aient cette chance, cela donne une force créatrice : on peut se dire « je suis bien à ma place, je ne me suis pas trompé, je peux continuer à écrire mes conneries ! »

Vous êtes au beau milieu d’une grande tournée, vous ferez une pause après ?

La tournée a commencé en octobre 2018 avec la sortie de « Au Baccara ». On a refait un Odezenne à la demande. Il y a une centaine de dates sur un peu plus d’un an, en France mais aussi en Allemagne, à Los Angeles, à New York... Une fois qu’on aura fini on se reposera un peu, le temps que le cerveau retourne dans la boîte crânienne. Nous avons aussi acheté un lieu à Bordeaux qu’on est en train de retaper et qui sera un studio de création, avec des pièces à vivre et des chambres, en plein centre-ville. Ça ne se fait pas trop en France. Ça nous permettra de créer et d’inviter des copains à créer avec nous. C’est le grand chantier de 2020.

 


Discipline: Articles, Musique,



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15.11 - Espace Malraux - Six-Fours

« Au Baccara », quatrième album studio d’Odezenne sorti en octobre 2018, a été enregistré à Konk, le prestigieux studio des Kinks à Londres. Après plus de vingt millions d’écoutes en moins d’un an, le groupe vient de sortir un nouvel EP : « Pouchkine ». Le son d’Odezenne n’a jamais été aussi limpide, compact et riche à la fois. Alix, Jacques et Mattia sont partis pour une tournée de cent dix dates à travers la France et à l’international.

Depuis « Dolziger » et votre passage à Berlin, vous vous êtes beaucoup plus intéressés à des sonorités électroniques. « Au Baccara » semble être la suite logique de Dolziger...

Jacques : Dès le début, on avait cette ambition de ne pas utiliser de samples, d’acheter des synthétiseurs. Donc c’est juste une évolution des choses, c’est une forme d’ADN qui se construit au fur et à mesure : plus on achète de synthés, plus on fait de la création, moins on utilise de samples, et plus on a un truc qui est singulier et qui nous ressemble.

Vous avez enregistré l’album dans le prestigieux studio des Kinks : le studio Konk...

Comme pour Berlin, on est parti avec un fantasme... Mais avant tout on arrivait au studio à 9h et on repartait à 3h du mat’. Avec les machines que l’on a, pour pousser le son le plus loin possible, il fallait aller mixer là bas. C’est assez fou de passer nos synthés dans ces machines et de chanter dans des micros qui datent de 1950. On y est retourné pour enregistrer « Pouchkine » : on avait déjà nos marques, c’était plus fluide. Quand on a le nez dans le mix on n’y pense pas, mais quand on lève la tête de la console, on se dit que c’est assez fou d’être là. C’est un souvenir impérissable, on est chanceux. Tu te dis « je fais un truc qui me plaît, ça sonne de ouf, et je suis dans un endroit qui me permet de le pousser encore plus loin ». Dans la vie d’un musicien c’est tout ce que je peux souhaiter aux gens.

L’album a reçu un accueil exceptionnel...

Je pense que dans l’art, il y a une constante, qui est très importante à prendre en compte : la chance. Notre chance, c’est faire une œuvre qui va parler au public, qui va se l’approprier. Le public a toujours été bienveillant avec nous. On a trouvé notre propre public, et on le respecte. Malgré tous les streams et les ventes, on reste nous mêmes, et les gens le ressentent. Il faut faire sérieusement les choses sans se prendre au sérieux, c’est très important. Sur scène, on vient comme on est, il n’y a pas de décors, pas de costumes. À l’anglo-saxonne, on monte sur scène, on se donne à fond, au revoir et merci. C’est toujours des moments de fous, surtout dans les salles fermées. C’est comme une cocotte-minute qui se remplit de vapeur et après c’est des explosions de joie et des émotions incroyables. Je souhaiterais que tous les musiciens aient cette chance, cela donne une force créatrice : on peut se dire « je suis bien à ma place, je ne me suis pas trompé, je peux continuer à écrire mes conneries ! »

Vous êtes au beau milieu d’une grande tournée, vous ferez une pause après ?

La tournée a commencé en octobre 2018 avec la sortie de « Au Baccara ». On a refait un Odezenne à la demande. Il y a une centaine de dates sur un peu plus d’un an, en France mais aussi en Allemagne, à Los Angeles, à New York... Une fois qu’on aura fini on se reposera un peu, le temps que le cerveau retourne dans la boîte crânienne. Nous avons aussi acheté un lieu à Bordeaux qu’on est en train de retaper et qui sera un studio de création, avec des pièces à vivre et des chambres, en plein centre-ville. Ça ne se fait pas trop en France. Ça nous permettra de créer et d’inviter des copains à créer avec nous. C’est le grand chantier de 2020.