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Olivier Bénézech, un metteur en scène doit rendre une oeuvre contemporaine Olivier Bénézech, un metteur en scène doit rendre une oeuvre contemporaine
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Olivier Bénézech, un metteur en scène doit rendre une oeuvre contemporaine Olivier Bénézech, un metteur en scène doit rendre une oeuvre contemporaine

Olivier Bénézech, un metteur en scène doit rendre une oeuvre contemporaine

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Wonderful Town est une comédie musicale majeure de Léonard Bernstein, sorte de prélude au fameux West Side Story. Après des œuvres de Kurt Weil et de Stephen Sondheim, Olivier Bénézech a été de nouveau chargé par notre Opéra de mettre en scène ce chef d’œuvre, épaulé à la direction musicale par Larry Blank, autre maître du genre.

 

Comment réagit-on quand on vous propose d’adapter des œuvres aussi populaires ?

En étant modeste, en essayant de rendre service à l’œuvre, de la rendre intéressante et crédible, avec des préoccupations contemporaines. On se demande comment l’œuvre peut toucher le public d’aujourd’hui. C’est le cas de toute œuvre du répertoire, le travail du metteur en scène est de trouver les clefs pour que l’œuvre reste d’actualité. C’est pour cela que j’ai choisi de transposer l’œuvre à notre époque. J’adore New York, et c’est le sujet ici. C’est une ville en perpétuel renouvellement, rien n’est jamais pareil d’une année sur l’autre, c’est ce qui fait sa force et la rend aussi célèbre. C’est comme ça qu’elle se remet des pires choses, comme le 11 septembre, en se remettant en cause entièrement. Bernstein est un fils de New York.

 

A quoi peut s’attendre le spectateur ?

A voir beaucoup de danse, très contemporaine. Nous allons utiliser des techniques d’aujourd’hui, beaucoup de vidéo, de cinéma. Nous jouons sur un New York bigarré, avec des cultures latino, afro, c’est ce que je mets en scène. Cette Amérique-là est une Amérique ouverte, ça se retrouve sur les attitudes, les costumes, les couleurs. Je garde le souvenir d’une ville vivante, colorée, en explosion permanente, qui nous parle, nous stimule.

La distribution est franco-américaine : des américains qui vivent en France, mais aussi des français. Le niveau des interprètes de comédies musicales en France est aujourd’hui exceptionnel. Les interprètes français font le choix de travailler dans ce domaine-là, se forment, souvent aux Etats-Unis, et reviennent aussi bons que les américains.

 

Comment se déroule ce type de création ?

Nous travaillons environ une année, pour réfléchir à une conception artistique, aux décors, aux costumes, pour monter un casting. Wonderful Town comprend quatorze chanteurs, une équipe constituée uniquement pour cette production. Ce qui compte lorsque l’on monte un ouvrage comme celui-là, c’est la théâtralité, le chanteur est d’abord engagé pour sa personnalité, sa voix vient ensuite, c’est le contraire de l’opéra.

 

Vous avez une relation privilégiée avec l’Opéra de Toulon...


J’y travaille depuis 2005. Nous avons monté plusieurs spectacles, dont de grandes créations, Street Scene de Kurt Weil et Follies et Sweeney Todd de Stephen Sondheim. Nous avons une relation de confiance et d’estime réciproque. En outre, j’aime beaucoup Toulon et sa région, c’est important quand on va séjourner longtemps dans une ville, il faut en apprécier l’environnement. On a besoin de communiquer. Aujourd’hui, je ne peux plus travailler dans un endroit si je n’aime pas les gens qui y travaillent, nous avons une complicité, une connivence, un respect et une admiration réciproques.

 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Cela fait quarante ans que je le fais, sans me poser de questions. C’est une vocation. J’ai fait de longues études universitaires, un doctorat lié à la mise en scène. Je me suis formé pour ça car c’était dans ma peau. Ce n’est jamais un choix anodin, il faut être façonné pour cela, un peu fou, ne pas avoir peur de l’avenir, de l’instabilité. Sur chaque projet, notre sort est remis en cause. Heureusement, en France, nous sommes accompagnés par un très bon système : les intermittents du spectacle.

 

Quelles ont été vos influences ?

Certains maîtres, comme Georgio Strehler ou Patrice Chéreau. Après cela varie selon les spectacles, je me sens proche du cinéma, surtout américain, avec des rythmiques variées. L’an dernier j’ai été enchanté par La La land, je ne copie pas, mais on est influencés par ce que l’on apprécie. 

 

Vos meilleurs souvenirs ?

Toulon en fera partie, quand nous avons créé Follies ou Street Scene, l’enthousiasme était incroyable. Il y a quelques moments désagréables comme dans toute vie, mais chaque projet est forcément dans notre tête le meilleur au moment où on le monte. Il faut être passionné. Ce sont à chaque fois d’excellents souvenirs. Je me souviens, il y a vingt ans à Saint Petersburg, au Théâtre Mariinsky, alors que le régime soviétique venait de tomber. C’était très fort. Ou alors avec des compagnies, quand on va jouer dans des écoles, c’est intense.

 

Les 26, 28 et 30 janvier 2018 à l'Opéra de Toulon

 

 

 


Discipline: Articles, Sur les planches,



Catégories : Articles, Sur les planches,

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Wonderful Town est une comédie musicale majeure de Léonard Bernstein, sorte de prélude au fameux West Side Story. Après des œuvres de Kurt Weil et de Stephen Sondheim, Olivier Bénézech a été de nouveau chargé par notre Opéra de mettre en scène ce chef d’œuvre, épaulé à la direction musicale par Larry Blank, autre maître du genre.

 

Comment réagit-on quand on vous propose d’adapter des œuvres aussi populaires ?

En étant modeste, en essayant de rendre service à l’œuvre, de la rendre intéressante et crédible, avec des préoccupations contemporaines. On se demande comment l’œuvre peut toucher le public d’aujourd’hui. C’est le cas de toute œuvre du répertoire, le travail du metteur en scène est de trouver les clefs pour que l’œuvre reste d’actualité. C’est pour cela que j’ai choisi de transposer l’œuvre à notre époque. J’adore New York, et c’est le sujet ici. C’est une ville en perpétuel renouvellement, rien n’est jamais pareil d’une année sur l’autre, c’est ce qui fait sa force et la rend aussi célèbre. C’est comme ça qu’elle se remet des pires choses, comme le 11 septembre, en se remettant en cause entièrement. Bernstein est un fils de New York.

 

A quoi peut s’attendre le spectateur ?

A voir beaucoup de danse, très contemporaine. Nous allons utiliser des techniques d’aujourd’hui, beaucoup de vidéo, de cinéma. Nous jouons sur un New York bigarré, avec des cultures latino, afro, c’est ce que je mets en scène. Cette Amérique-là est une Amérique ouverte, ça se retrouve sur les attitudes, les costumes, les couleurs. Je garde le souvenir d’une ville vivante, colorée, en explosion permanente, qui nous parle, nous stimule.

La distribution est franco-américaine : des américains qui vivent en France, mais aussi des français. Le niveau des interprètes de comédies musicales en France est aujourd’hui exceptionnel. Les interprètes français font le choix de travailler dans ce domaine-là, se forment, souvent aux Etats-Unis, et reviennent aussi bons que les américains.

 

Comment se déroule ce type de création ?

Nous travaillons environ une année, pour réfléchir à une conception artistique, aux décors, aux costumes, pour monter un casting. Wonderful Town comprend quatorze chanteurs, une équipe constituée uniquement pour cette production. Ce qui compte lorsque l’on monte un ouvrage comme celui-là, c’est la théâtralité, le chanteur est d’abord engagé pour sa personnalité, sa voix vient ensuite, c’est le contraire de l’opéra.

 

Vous avez une relation privilégiée avec l’Opéra de Toulon...


J’y travaille depuis 2005. Nous avons monté plusieurs spectacles, dont de grandes créations, Street Scene de Kurt Weil et Follies et Sweeney Todd de Stephen Sondheim. Nous avons une relation de confiance et d’estime réciproque. En outre, j’aime beaucoup Toulon et sa région, c’est important quand on va séjourner longtemps dans une ville, il faut en apprécier l’environnement. On a besoin de communiquer. Aujourd’hui, je ne peux plus travailler dans un endroit si je n’aime pas les gens qui y travaillent, nous avons une complicité, une connivence, un respect et une admiration réciproques.

 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

Cela fait quarante ans que je le fais, sans me poser de questions. C’est une vocation. J’ai fait de longues études universitaires, un doctorat lié à la mise en scène. Je me suis formé pour ça car c’était dans ma peau. Ce n’est jamais un choix anodin, il faut être façonné pour cela, un peu fou, ne pas avoir peur de l’avenir, de l’instabilité. Sur chaque projet, notre sort est remis en cause. Heureusement, en France, nous sommes accompagnés par un très bon système : les intermittents du spectacle.

 

Quelles ont été vos influences ?

Certains maîtres, comme Georgio Strehler ou Patrice Chéreau. Après cela varie selon les spectacles, je me sens proche du cinéma, surtout américain, avec des rythmiques variées. L’an dernier j’ai été enchanté par La La land, je ne copie pas, mais on est influencés par ce que l’on apprécie. 

 

Vos meilleurs souvenirs ?

Toulon en fera partie, quand nous avons créé Follies ou Street Scene, l’enthousiasme était incroyable. Il y a quelques moments désagréables comme dans toute vie, mais chaque projet est forcément dans notre tête le meilleur au moment où on le monte. Il faut être passionné. Ce sont à chaque fois d’excellents souvenirs. Je me souviens, il y a vingt ans à Saint Petersburg, au Théâtre Mariinsky, alors que le régime soviétique venait de tomber. C’était très fort. Ou alors avec des compagnies, quand on va jouer dans des écoles, c’est intense.

 

Les 26, 28 et 30 janvier 2018 à l'Opéra de Toulon