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Palestrina & Victoria - Interview rêvée. Palestrina & Victoria - Interview rêvée.
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Palestrina & Victoria - Interview rêvée.

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Concerts

« Filiatio 2 : Palestrina & Victoria »
Vendredi 20 août à 21h
Tour Royale, Toulon
Samedi 21 août à 18h15
Abbaye du Thoronet
Dimanche 22 août à 18h15
Abbaye du Thoronet

 

Pour les compositeurs du XVIe siècle, le passage par Rome, par la ville éternelle était plus qu’une démarche spirituelle, elle était aussi un véritable rite initiatique. La Chapelle pontificale était le lieu de rencontres et d’échanges où les plus grands chantres-compositeurs se retrouvaient. Tomás Luis de Victoria quitta sa province natale d’Avila pour rejoindre le Collegium Germanicum où il affirma son style musical au contact de Giovanni Pierluigi da Palestrina. Maître et élève participèrent ainsi au remarquable élan créatif initié par la contre-réforme.

Lorsque vous visitez les musées du Vatican, vous aboutissez immanquablement à la Chapelle Sixtine commencée à l’époque du Pape Sixte IV et magnifiée par les fresques célèbres de Michel Ange qui couvrent la voûte et le mur du fond. Votre regard est comme hypnotisé par tant de beauté, d’images et de formes.
Mais qu’entendez-vous ? Aujourd’hui, le brouhaha incessant des touristes venus du monde entier pour découvrir ce lieu unique. Tournez-vous vers le mur de droite, vers la Cantoria, un petit balcon de cinq mètres sur deux de profondeur où pas plus d’une douzaine de chantres pouvait tenir. Vous n’entendez toujours rien ? Je ne parle pas de l’écho du bruissement calfeutré des conclaves. Nulle musique qui pourrait faire contrepoint aux œuvres majeures du peintre ?
Pourtant, cette chapelle en a fait sonner des musiques remarquables au cours des siècles… La musique est un art éphémère et son patrimoine immatériel. Alors, fermez les yeux et laissez-vous emporter par les contre-points savants de Giovanni Pierluigi da Palestrina et de Tomás Luis de Victoria. Leurs motets sont des monuments de notre musique occidentale, des joyaux de la musique sacrée. Les couleurs de Michel Ange sont à peine sèches alors que maître et élève officient avec leurs collègues chantres au rythme du temps liturgique.
Giovanni Pierluigi da Palestrina, si je vous dis : « Tu es Petrus » ?
Le concert des Voix Animées commence par mon motet pour la fête de Saint Pierre et Saint Paul souvent utilisé lors de l’intronisation d’un nouveau Pape… « Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam mea » (Tu es Pierre et sur cette pierre se bâtira mon église). Y a-t-il introduction plus solennelle ?
Tomás Luis de Victoria votre premier motet du programme est « Nigra sum ».
« Nigra sum » (Je suis noire) est l’un des extraits du Cantique des cantiques que vous entendrez ce soir. Ce texte magnifique écrit par Salomon en l’honneur de la Reine de Saba inspira également mon maître Palestrina dont vous entendrez le remarquable « Sicut lilium inter spinas » (Comme le lys au milieu des épines). Pour mes motets, j’ai choisi un effectif à six voix me permettant des effets d’antiphonies alors que Palestrina a préféré l’effectif à cinq voix mettant en valeur sa science du contre-point.
Antiphonie… Contrepoint… je ne suis pas sûr que nos lecteurs vous suivent parfaitement. Pouvez-vous nous éclairer ?
Giovanni Pierluigi da Palestrina :
L’antiphonie est comme son nom l’indique l’opposition des sons. Une telle technique d’écriture musicale est héritée de la pratique liturgique dans les monastères où un groupe de moines répond à un autre groupe de moines en alternance. Dans une écriture à six voix, on peut aisément opposer les voix trois contre trois. Le contre-point quant à lui nous vient directement de l’art des Franco-flamands qui à la suite de Josquin des Près diffusèrent cette technique musicale dans l’ensemble de l’Europe et en particulier à Rome. Ici les voix sont traitées individuellement avec une même importance et chacune dialogue avec les autres. Les partitions riches en notes (points) ressemblent à un jeu subtil de points et de contrepoints…
D’autres musiques viennent compléter ce concert ?
Tomás Luis de Victoria :
Vous entendrez d’autres de nos plus fameux motets… vous savez, ces petites pièces qui accompagnent le propre des offices et sont caractéristiques du temps liturgique.
Ainsi vous entendrez des motets pour la Nativité, la Passion ou l’Assomption. Vous vous demandez comment sonnait la Chapelle Sixtine dans la seconde partie du XVIe siècle ? Et bien… ainsi !

Juillet 2021


Discipline: Articles, Musique



Catégories : Articles, Musique

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« Filiatio 2 : Palestrina & Victoria »
Vendredi 20 août à 21h
Tour Royale, Toulon
Samedi 21 août à 18h15
Abbaye du Thoronet
Dimanche 22 août à 18h15
Abbaye du Thoronet

 

Pour les compositeurs du XVIe siècle, le passage par Rome, par la ville éternelle était plus qu’une démarche spirituelle, elle était aussi un véritable rite initiatique. La Chapelle pontificale était le lieu de rencontres et d’échanges où les plus grands chantres-compositeurs se retrouvaient. Tomás Luis de Victoria quitta sa province natale d’Avila pour rejoindre le Collegium Germanicum où il affirma son style musical au contact de Giovanni Pierluigi da Palestrina. Maître et élève participèrent ainsi au remarquable élan créatif initié par la contre-réforme.

Lorsque vous visitez les musées du Vatican, vous aboutissez immanquablement à la Chapelle Sixtine commencée à l’époque du Pape Sixte IV et magnifiée par les fresques célèbres de Michel Ange qui couvrent la voûte et le mur du fond. Votre regard est comme hypnotisé par tant de beauté, d’images et de formes.
Mais qu’entendez-vous ? Aujourd’hui, le brouhaha incessant des touristes venus du monde entier pour découvrir ce lieu unique. Tournez-vous vers le mur de droite, vers la Cantoria, un petit balcon de cinq mètres sur deux de profondeur où pas plus d’une douzaine de chantres pouvait tenir. Vous n’entendez toujours rien ? Je ne parle pas de l’écho du bruissement calfeutré des conclaves. Nulle musique qui pourrait faire contrepoint aux œuvres majeures du peintre ?
Pourtant, cette chapelle en a fait sonner des musiques remarquables au cours des siècles… La musique est un art éphémère et son patrimoine immatériel. Alors, fermez les yeux et laissez-vous emporter par les contre-points savants de Giovanni Pierluigi da Palestrina et de Tomás Luis de Victoria. Leurs motets sont des monuments de notre musique occidentale, des joyaux de la musique sacrée. Les couleurs de Michel Ange sont à peine sèches alors que maître et élève officient avec leurs collègues chantres au rythme du temps liturgique.
Giovanni Pierluigi da Palestrina, si je vous dis : « Tu es Petrus » ?
Le concert des Voix Animées commence par mon motet pour la fête de Saint Pierre et Saint Paul souvent utilisé lors de l’intronisation d’un nouveau Pape… « Tu es Petrus et super hanc petram aedificabo ecclesiam mea » (Tu es Pierre et sur cette pierre se bâtira mon église). Y a-t-il introduction plus solennelle ?
Tomás Luis de Victoria votre premier motet du programme est « Nigra sum ».
« Nigra sum » (Je suis noire) est l’un des extraits du Cantique des cantiques que vous entendrez ce soir. Ce texte magnifique écrit par Salomon en l’honneur de la Reine de Saba inspira également mon maître Palestrina dont vous entendrez le remarquable « Sicut lilium inter spinas » (Comme le lys au milieu des épines). Pour mes motets, j’ai choisi un effectif à six voix me permettant des effets d’antiphonies alors que Palestrina a préféré l’effectif à cinq voix mettant en valeur sa science du contre-point.
Antiphonie… Contrepoint… je ne suis pas sûr que nos lecteurs vous suivent parfaitement. Pouvez-vous nous éclairer ?
Giovanni Pierluigi da Palestrina :
L’antiphonie est comme son nom l’indique l’opposition des sons. Une telle technique d’écriture musicale est héritée de la pratique liturgique dans les monastères où un groupe de moines répond à un autre groupe de moines en alternance. Dans une écriture à six voix, on peut aisément opposer les voix trois contre trois. Le contre-point quant à lui nous vient directement de l’art des Franco-flamands qui à la suite de Josquin des Près diffusèrent cette technique musicale dans l’ensemble de l’Europe et en particulier à Rome. Ici les voix sont traitées individuellement avec une même importance et chacune dialogue avec les autres. Les partitions riches en notes (points) ressemblent à un jeu subtil de points et de contrepoints…
D’autres musiques viennent compléter ce concert ?
Tomás Luis de Victoria :
Vous entendrez d’autres de nos plus fameux motets… vous savez, ces petites pièces qui accompagnent le propre des offices et sont caractéristiques du temps liturgique.
Ainsi vous entendrez des motets pour la Nativité, la Passion ou l’Assomption. Vous vous demandez comment sonnait la Chapelle Sixtine dans la seconde partie du XVIe siècle ? Et bien… ainsi !

Juillet 2021