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Pascal Elbé - On a besoin des autres. Pascal Elbé - On a besoin des autres.
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Pascal Elbé - On a besoin des autres.

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On est fait pour s'entendre - sortie le 17 novembre 2021

Rencontré lors de l'avant-première au Pathé Toulon, Pascal nous a fait le plaisir de nous présenter son troisième film en tant que réalisateur, dans lequel il met en scène sa propre infirmité, une surdité partielle. Il s'est aussi prêté au jeu de notre interview #ESSENTIEL.

Pourquoi avoir voulu faire un film sur votre handicap ?
Je ne l’ai pas fait dans un but précis. Je trouvais que ce personnage-là pouvait être un beau personnage de film. Je voulais épouser tous les points de vue et faire un film drôle et touchant, avec des thèmes qui me sont chers, dont la transmission. Nous ne sommes pas sourds ou non-voyants, mais ça bouleverse tout de même le quotidien. Beaucoup de français sont touchés par un handicap, on doit apprendre à garder une certaine distance. J’avais lu un livre de David Lodge, « La vie en sourdine », sur ce thème, qui m’avait apaisé. Je me suis dit qu’un film pouvait faire ça aussi. Des gens peuvent se retrouver dans cette histoire, avoir enfin l’impression d’être entendus.

En quoi votre personnage est-il proche de vous ?
C’est un personnage : dès qu'on commence à l’écrire, il nous échappe. Ce n’est pas autobiographique, mais j’ai vécu les mêmes étapes, cette forme de déni…

Pourquoi passer par le biais de la comédie ?
Je trouvais ça impudique de l’aborder par le drame. On n’est pas dans la surdité profonde. La comédie permet de maintenir à distance le handicap, d’en parler avec pudeur. Tout le monde souffre aujourd’hui et tout le monde essaie d’aller mieux. C’est peut-être plus facile de tirer des larmes que de faire rire, mais je trouve que l’on partage mieux par le rire, plutôt que par le doigt pointé et la leçon.

Votre personnage passe par plusieurs étapes, déni, honte, faire semblant… Est-ce le schéma classique ?
Oui. On est souvent dans un travail d’équilibriste, on ne veut pas passer pour quelqu’un de têtu, de rabat-joie ou de bête, alors on fait semblant. Mais ça fatigue, on est obligé de tendre l’oreille. C’est une gymnastique quotidienne, et on peut s’isoler, bien que je ne sois pas gêné par les instants avec soi-même, qui permettent de mieux profiter des autres.
Vous avez souhaité faire une comédie romantique ?
Je n’ai pas le même budget que les comédies romantiques à l’américaine ! (rires). Je voulais éviter le côté glamour un peu kitsch, les codes ultra-esthétiques, ou c’est parfois désincarné, loin de la réalité. Je voulais que ça reste un film à la française, même si j’ai beaucoup aimé certaines comédies romantiques américaines : « Quand Harry rencontre Sally » ou « Quatre mariages et un enterrement ». Je me suis fait plaisir avec la bande-son aussi, que j’ai vraiment pu choisir en fonction de mes goûts.

Est-ce qu’il faut parler de son handicap ?
Oui, il faut aller vers l’autre, dire ce que l’on a sur le cœur, sinon on finit par rester chez soi, sur les réseaux sociaux. C’est un effort, mais c’est aussi pour cela qu’on apprécie l’autre. J’ai rencontré des gens qui ont lâché prise, se sont extraits de la vie pendant dix ou vingt ans. A un moment le personnage hésite : c’est rassurant de rester chez soi. Je vois sur les réseaux des gens qui ont des idées très arrêtées. Si "l’enfer c’est les autres", comme a écrit Sartre, moi, je préfère l’enfer car j’ai besoin de l’autre.

Vous travaillez sur un prochain film ?
On travaille toujours au prochain, on est comme des chercheurs d’or. Un projet va nous occuper pendant trois ans alors il vaut mieux bien y réfléchir. On a l’occasion de jouer avec ce formidable joujou qu’est le cinéma, alors on serait fou de ne pas y jouer. C’est un peu comme si vous etiez fan de Formule 1 et qu’on vous donne les clés du Paul Ricard !
On est la version sophistiquée du conteur. Est-ce que l’on est confiant à propos de l’histoire que l’on écrit ? Je suis malheureux quand je tombe sur des films qui ne racontent pas bien leur histoire. J’ai écrit un scénario qui risque de rester dans les tiroirs. On a une idée, et il faut la faire accepter par beaucoup de gens. Bien sûr si votre film précédent a été un succès, c’est plus facile !

Fabrice Lo Piccolo

Novembre 2021

https://www.cinemaspathegaumont.com/cinemas/cinema-pathe-toulon 

https://www.facebook.com/Pascal-Elb%C3%A9-994345177284993 


Discipline: Articles, Cinéma



Catégories : Articles, Cinéma

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On est fait pour s'entendre - sortie le 17 novembre 2021

Rencontré lors de l'avant-première au Pathé Toulon, Pascal nous a fait le plaisir de nous présenter son troisième film en tant que réalisateur, dans lequel il met en scène sa propre infirmité, une surdité partielle. Il s'est aussi prêté au jeu de notre interview #ESSENTIEL.

Pourquoi avoir voulu faire un film sur votre handicap ?
Je ne l’ai pas fait dans un but précis. Je trouvais que ce personnage-là pouvait être un beau personnage de film. Je voulais épouser tous les points de vue et faire un film drôle et touchant, avec des thèmes qui me sont chers, dont la transmission. Nous ne sommes pas sourds ou non-voyants, mais ça bouleverse tout de même le quotidien. Beaucoup de français sont touchés par un handicap, on doit apprendre à garder une certaine distance. J’avais lu un livre de David Lodge, « La vie en sourdine », sur ce thème, qui m’avait apaisé. Je me suis dit qu’un film pouvait faire ça aussi. Des gens peuvent se retrouver dans cette histoire, avoir enfin l’impression d’être entendus.

En quoi votre personnage est-il proche de vous ?
C’est un personnage : dès qu'on commence à l’écrire, il nous échappe. Ce n’est pas autobiographique, mais j’ai vécu les mêmes étapes, cette forme de déni…

Pourquoi passer par le biais de la comédie ?
Je trouvais ça impudique de l’aborder par le drame. On n’est pas dans la surdité profonde. La comédie permet de maintenir à distance le handicap, d’en parler avec pudeur. Tout le monde souffre aujourd’hui et tout le monde essaie d’aller mieux. C’est peut-être plus facile de tirer des larmes que de faire rire, mais je trouve que l’on partage mieux par le rire, plutôt que par le doigt pointé et la leçon.

Votre personnage passe par plusieurs étapes, déni, honte, faire semblant… Est-ce le schéma classique ?
Oui. On est souvent dans un travail d’équilibriste, on ne veut pas passer pour quelqu’un de têtu, de rabat-joie ou de bête, alors on fait semblant. Mais ça fatigue, on est obligé de tendre l’oreille. C’est une gymnastique quotidienne, et on peut s’isoler, bien que je ne sois pas gêné par les instants avec soi-même, qui permettent de mieux profiter des autres.
Vous avez souhaité faire une comédie romantique ?
Je n’ai pas le même budget que les comédies romantiques à l’américaine ! (rires). Je voulais éviter le côté glamour un peu kitsch, les codes ultra-esthétiques, ou c’est parfois désincarné, loin de la réalité. Je voulais que ça reste un film à la française, même si j’ai beaucoup aimé certaines comédies romantiques américaines : « Quand Harry rencontre Sally » ou « Quatre mariages et un enterrement ». Je me suis fait plaisir avec la bande-son aussi, que j’ai vraiment pu choisir en fonction de mes goûts.

Est-ce qu’il faut parler de son handicap ?
Oui, il faut aller vers l’autre, dire ce que l’on a sur le cœur, sinon on finit par rester chez soi, sur les réseaux sociaux. C’est un effort, mais c’est aussi pour cela qu’on apprécie l’autre. J’ai rencontré des gens qui ont lâché prise, se sont extraits de la vie pendant dix ou vingt ans. A un moment le personnage hésite : c’est rassurant de rester chez soi. Je vois sur les réseaux des gens qui ont des idées très arrêtées. Si "l’enfer c’est les autres", comme a écrit Sartre, moi, je préfère l’enfer car j’ai besoin de l’autre.

Vous travaillez sur un prochain film ?
On travaille toujours au prochain, on est comme des chercheurs d’or. Un projet va nous occuper pendant trois ans alors il vaut mieux bien y réfléchir. On a l’occasion de jouer avec ce formidable joujou qu’est le cinéma, alors on serait fou de ne pas y jouer. C’est un peu comme si vous etiez fan de Formule 1 et qu’on vous donne les clés du Paul Ricard !
On est la version sophistiquée du conteur. Est-ce que l’on est confiant à propos de l’histoire que l’on écrit ? Je suis malheureux quand je tombe sur des films qui ne racontent pas bien leur histoire. J’ai écrit un scénario qui risque de rester dans les tiroirs. On a une idée, et il faut la faire accepter par beaucoup de gens. Bien sûr si votre film précédent a été un succès, c’est plus facile !

Fabrice Lo Piccolo

Novembre 2021

https://www.cinemaspathegaumont.com/cinemas/cinema-pathe-toulon 

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