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Patrice Laisney - Nous allons mettre du temps à nous en remettre

Patrice Laisney - Nous allons mettre du temps à nous en remettre

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SPECTACLE VIVANT
Le Pôle


Le Pôle gère trois saisons culturelles très importantes dans notre région, la Saison Cirque Méditerranée, la Saison Jeune Public, et la Saison Gatti, à la bibliothèque de théâtre Armand Gatti. Nous avons demandé à Patrice, son directeur comment il réussissait à s’adapter en ces temps incertains. 

Comment le Pôle s’est-il adapté à cette crise qui s’allonge ?
Dès fin avril j’avais décidé de ne pas faire de vrai début de saison et de reporter tous les spectacles, au profit des résidences d’artistes. Nous avions tout de même maintenu notre événement de rentrée, le Festival des Arts de la Rue de la Crau, et nous avons pu le faire ! Ca s’est très bien déroulé, même avec une fréquentation réduite par rapport à la normale à cause des restrictions. Quant aux résidences au Pôle, nous en avons eu en moyenne une par semaine. Nous avons aussi essayé de communiquer le plus possible via les réseaux sociaux. Jusqu’au mois de décembre, nous avions l’espoir de pouvoir attaquer la saison avec notre festival « Clowns not dead ». Mais nous avons dû le reporter intégralement à 2021. Tous les spectacles sont reprogrammés, ça me tenait à cœur parce que ce sera la première édition féminine. Dans l’équipe, on a pu maintenir une activité assez forte, même si pour la grande majorité, on est en télétravail. Les équipes techniques ont beaucoup travaillé sur site pour les résidences. Nous avons aussi eu la chance de pouvoir rouvrir la bibliothèque de théâtre Armand Gatti, et notre chapiteau école, avec les cours de cirque du Conservatoire et de l’association Tout fou to fly. On a donc réussi à animer les trois sites, même sans public.

Vous continuez l’Education Artistique et Culturelle ?
C’est notre principale activité en ce moment. Nous sommes tous les jours dans les établissements scolaires. Avec nos partenariats habituels, tels le Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public ou le Prix de l’éloquence, mais aussi des spectacles. On a un planning chargé jusqu’à mai et j’espère que les classes vont rester ouvertes. La nouveauté est d’avoir décidé de faire tourner des spectacles. Certains étaient prévus, mais on en a rajouté.

Comment vois-tu la reprise ?
Je fais partie du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) et de Tribu, réseau jeune public que je préside. On est en contact avec la Ministre avec qui nous discutons d’un plan de reprise, avec des niveaux d’alerte, un peu comme les plans Vigipirate. A chaque niveau ses possibilités d’ouverture, de public et des protocoles qui vont avec. Dans Tribu, nous sommes treize professionnels de la région qui accompagnent et coproduisent des spectacles jeune public. Certains dans le réseau tablent sur une année blanche, pour pouvoir faire autre chose, comme ces tournées dans les établissements scolaires. D’autres espèrent jouer. De notre côté, nous avons un grand rendez-vous cirque en avril, je ne sais pas si je vais pouvoir le maintenir. Certains pensent qu’à la réouverture, ce sera la ruée sur les salles. Je suis plus réservé. Je ne suis pas certain que le public sera rassuré, alors qu’on nous assimile aux restaurants ou aux stations de ski, même si nous communiquons sur le fait qu’il n’y a pas eu de cluster dans les théâtres. Quel que soit le niveau où l’on sera quand nous pourrons rouvrir, en termes de billetterie, ce sera une catastrophe. Surtout, ce sont des arts où le public participe au spectacle, à la chaleur. Je me pose la question de savoir jusqu’où on est prêt à aller pour reprendre. Je pense au concert des Wackids, programmé dans le cadre de La Belle Z, où d’habitude tout le monde est debout, c’est la fête… Quatre-vingt personnes… Masquées… Ce n’est pas du tout la même chose. Y renonce-t-on ou s’adapte-t-on ? A force d’adapter, on perd l’essence de la création. Personnellement, je n’ai pas envie de faire de spectacles covido-compatibles. Certains peuvent se jouer car ils s’y prêtent, d’autres pas du tout. Nous savons que nous ne reprendrons pas dans des conditions normales avant longtemps, et nous mettrons tous beaucoup de temps à nous en remettre, artistes, équipes, public…

Site internet du Pôle


Discipline: Articles, Sur les planches



Catégories : Articles, Sur les planches

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Le Pôle gère trois saisons culturelles très importantes dans notre région, la Saison Cirque Méditerranée, la Saison Jeune Public, et la Saison Gatti, à la bibliothèque de théâtre Armand Gatti. Nous avons demandé à Patrice, son directeur comment il réussissait à s’adapter en ces temps incertains. 

Comment le Pôle s’est-il adapté à cette crise qui s’allonge ?
Dès fin avril j’avais décidé de ne pas faire de vrai début de saison et de reporter tous les spectacles, au profit des résidences d’artistes. Nous avions tout de même maintenu notre événement de rentrée, le Festival des Arts de la Rue de la Crau, et nous avons pu le faire ! Ca s’est très bien déroulé, même avec une fréquentation réduite par rapport à la normale à cause des restrictions. Quant aux résidences au Pôle, nous en avons eu en moyenne une par semaine. Nous avons aussi essayé de communiquer le plus possible via les réseaux sociaux. Jusqu’au mois de décembre, nous avions l’espoir de pouvoir attaquer la saison avec notre festival « Clowns not dead ». Mais nous avons dû le reporter intégralement à 2021. Tous les spectacles sont reprogrammés, ça me tenait à cœur parce que ce sera la première édition féminine. Dans l’équipe, on a pu maintenir une activité assez forte, même si pour la grande majorité, on est en télétravail. Les équipes techniques ont beaucoup travaillé sur site pour les résidences. Nous avons aussi eu la chance de pouvoir rouvrir la bibliothèque de théâtre Armand Gatti, et notre chapiteau école, avec les cours de cirque du Conservatoire et de l’association Tout fou to fly. On a donc réussi à animer les trois sites, même sans public.

Vous continuez l’Education Artistique et Culturelle ?
C’est notre principale activité en ce moment. Nous sommes tous les jours dans les établissements scolaires. Avec nos partenariats habituels, tels le Prix de la Pièce de théâtre contemporain pour le Jeune Public ou le Prix de l’éloquence, mais aussi des spectacles. On a un planning chargé jusqu’à mai et j’espère que les classes vont rester ouvertes. La nouveauté est d’avoir décidé de faire tourner des spectacles. Certains étaient prévus, mais on en a rajouté.

Comment vois-tu la reprise ?
Je fais partie du Syndicat des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) et de Tribu, réseau jeune public que je préside. On est en contact avec la Ministre avec qui nous discutons d’un plan de reprise, avec des niveaux d’alerte, un peu comme les plans Vigipirate. A chaque niveau ses possibilités d’ouverture, de public et des protocoles qui vont avec. Dans Tribu, nous sommes treize professionnels de la région qui accompagnent et coproduisent des spectacles jeune public. Certains dans le réseau tablent sur une année blanche, pour pouvoir faire autre chose, comme ces tournées dans les établissements scolaires. D’autres espèrent jouer. De notre côté, nous avons un grand rendez-vous cirque en avril, je ne sais pas si je vais pouvoir le maintenir. Certains pensent qu’à la réouverture, ce sera la ruée sur les salles. Je suis plus réservé. Je ne suis pas certain que le public sera rassuré, alors qu’on nous assimile aux restaurants ou aux stations de ski, même si nous communiquons sur le fait qu’il n’y a pas eu de cluster dans les théâtres. Quel que soit le niveau où l’on sera quand nous pourrons rouvrir, en termes de billetterie, ce sera une catastrophe. Surtout, ce sont des arts où le public participe au spectacle, à la chaleur. Je me pose la question de savoir jusqu’où on est prêt à aller pour reprendre. Je pense au concert des Wackids, programmé dans le cadre de La Belle Z, où d’habitude tout le monde est debout, c’est la fête… Quatre-vingt personnes… Masquées… Ce n’est pas du tout la même chose. Y renonce-t-on ou s’adapte-t-on ? A force d’adapter, on perd l’essence de la création. Personnellement, je n’ai pas envie de faire de spectacles covido-compatibles. Certains peuvent se jouer car ils s’y prêtent, d’autres pas du tout. Nous savons que nous ne reprendrons pas dans des conditions normales avant longtemps, et nous mettrons tous beaucoup de temps à nous en remettre, artistes, équipes, public…

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