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Peter Orins - Apporter un nouveau regard.

Peter Orins - Apporter un nouveau regard.

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15.11 - 20h30 - Théâtre Le Rocher, La Garde.

 

Progressif, psychédélique, allant du rock expérimental au jazz hardcore, TOC puise ses influences de Stravinsky à Sonic Youth. C’est avec une effusion de liberté et d’audace que le trio accompagne un des films clefs de l’histoire du cinéma : Le Dernier des hommes réalisé par F.W Murnau. Le batteur, Peter Orins, nous donne les clefs de l’approche du groupe pour ce projet.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir la batterie ?

Je m’étais orienté dans un premier temps vers la trompette mais, très vite, j’ai eu envie d’aller vers les percussions. Attiré très jeune par le jazz, j’aimais la possibilité d’être libre. C’est le cas à la batterie. En même temps on a un rôle de soutien, de fondation. Et les possibilités sont infinies, je n’ai toujours pas fini d’expérimenter et de découvrir de nouvelles possibilités...

TOC construit un rock expérimental, avec des influences très diverses, pourquoi ce parti pris ?

Nous nous sommes rencontrés au département jazz du conservatoire de Lille. Nous étions déjà attirés par l’improvisation libre et le fait d’expérimenter la matière sonore. Le son du groupe nous tire forcément vers le rock, tendance 70s, avec le Rhodes et la guitare électrique. Avec de l’improvisation, une démarche basée sur l’énergie, et un goût pour toutes sortes de musique, du post-rock à la musique contemporaine en passant par les musiques électroniques, on a, petit à petit, construit une musique qui nous ressemblait, en essayant le plus possible de ne pas se fixer de limite, de garder une liberté et un goût de l’aventure. C’est aussi pourquoi on joue toujours de l’improvisation avec ce trio.

Vous affectionnez particulièrement l’exercice du ciné-concert…

On nous a souvent dit que notre musique évoquait des images, ce qui nous a assez naturellement amenés vers l’exercice du ciné-concert. L’origine de ce travail vient d’une commande faite par une association lilloise, Hors Cadre, et du Goethe Institut, qui nous ont proposé de travailler sur un premier film il y a quelques années : « Variété », film allemand de E.A Dupont de 1925. Nous n’avions pas forcément l’habitude de travailler sur une forme prédéfinie, et encore moins de suivre un fil narratif. On a pris le parti de ne pas forcément suivre l’action du film, mais plutôt d’essayer de fournir aux spectateurs une autre grille de lecture, un autre angle de compréhension. Notre musique est très progressive et se construit sur un temps long, à contrario d’un film où le découpage est beaucoup plus resserré. C’est ce qui nous semble intéressant dans cette démarche, étirer le temps et construire une trame parallèle qui va permettre d’avoir un nouveau regard sur les films.

Comment avez-vous travaillé sur ce film en particulier ?

Nous l’avons créé il y a déjà quelques années, toujours avec Hors Cadre et le Goethe Institut. Le film, avec ses plans audacieux, son côté très psychédélique, une histoire incroyable, et un retournement final, correspond finalement assez bien à notre démarche. Concrètement, nous redécoupons le film, sans forcément suivre le découpage initial, afin de bâtir de plus longues parties, où développer notre musique. Nous établissons une structure, avec quelques directions esthétiques et musicales, dans laquelle nous allons bâtir nos improvisations. Nous ne voulons pas souligner la narration, mais plutôt décaler le regard et amplifier certains effets.

Vous avez étudié l’improvisation et la composition, avez-vous une préférence ?

Les deux se nourrissent constamment. Ces dernières années, je pratique plus l’improvisation. J’ai l’occasion de travailler avec des compositeurs dont la démarche permet de créer une musique ouverte et encourage l’expérimentation. Je pense qu’on peut trouver cette liberté dans les deux formes. Mais c’est vrai que j’apprécie particulièrement l’improvisation en collectif et cette possibilité de créer ensemble. C’est fascinant.

 

Type de musique :

Avant-kraut / Jazz core

Membres du groupe :

Jérémie Ternoy (fender rhodes)

Ivann Cruz (guitare)

Peter Orins (batterie)

Souvenir de concert : 

Des souvenirs de concerts, il y en a énormément… Le dernier en date, peut être en avril dernier : nous jouions à Baltimore avec un groupe complètement fou, qui a terminé son concert avec une déchiqueteuse amplifiée, déchiquetant des portraits de Trump et criant « F*ck Trump »…. Un autre chouette souvenir était lors d’un concert dans le sud-ouest, où le seul moyen d’emmener notre matériel à la scène était la remorque d’un tracteur…

 

                                                                          

LE DERNIER DES HOMMES

DE FRIEDRICH WILHELM MURNAU

Film muet - Noir & Blanc - Allemagne - 1924 - 100 min. avec Emil Jannings, Hermann Valentin, Maly Delschaft.

Le portier du Grand Hôtel Atlantic est un homme important et admiré de tous, ainsi qu’en atteste la magnifique livrée dont il est revêtu. Mais un jour, le directeur de l’hôtel décide que le vieux portier a fait son temps et lui annonce sans ménagement que le moment est venu pour lui de céder la place. Il le dépouille de la livrée qui est toute sa raison d’être et le relègue à l’entretien des toilettes. Abattu, humilié, le pauvre homme revient le soir même pour s’emparer en cachette du vêtement et s’en revêtir afin de ne pas paraître diminué devant les gens de son quartier.


Discipline: Articles, Musique, Cinéma,



Catégories : Articles, Musique, Cinéma,

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15.11 - 20h30 - Théâtre Le Rocher, La Garde.

 

Progressif, psychédélique, allant du rock expérimental au jazz hardcore, TOC puise ses influences de Stravinsky à Sonic Youth. C’est avec une effusion de liberté et d’audace que le trio accompagne un des films clefs de l’histoire du cinéma : Le Dernier des hommes réalisé par F.W Murnau. Le batteur, Peter Orins, nous donne les clefs de l’approche du groupe pour ce projet.

 

Qu’est-ce qui vous a amené à choisir la batterie ?

Je m’étais orienté dans un premier temps vers la trompette mais, très vite, j’ai eu envie d’aller vers les percussions. Attiré très jeune par le jazz, j’aimais la possibilité d’être libre. C’est le cas à la batterie. En même temps on a un rôle de soutien, de fondation. Et les possibilités sont infinies, je n’ai toujours pas fini d’expérimenter et de découvrir de nouvelles possibilités...

TOC construit un rock expérimental, avec des influences très diverses, pourquoi ce parti pris ?

Nous nous sommes rencontrés au département jazz du conservatoire de Lille. Nous étions déjà attirés par l’improvisation libre et le fait d’expérimenter la matière sonore. Le son du groupe nous tire forcément vers le rock, tendance 70s, avec le Rhodes et la guitare électrique. Avec de l’improvisation, une démarche basée sur l’énergie, et un goût pour toutes sortes de musique, du post-rock à la musique contemporaine en passant par les musiques électroniques, on a, petit à petit, construit une musique qui nous ressemblait, en essayant le plus possible de ne pas se fixer de limite, de garder une liberté et un goût de l’aventure. C’est aussi pourquoi on joue toujours de l’improvisation avec ce trio.

Vous affectionnez particulièrement l’exercice du ciné-concert…

On nous a souvent dit que notre musique évoquait des images, ce qui nous a assez naturellement amenés vers l’exercice du ciné-concert. L’origine de ce travail vient d’une commande faite par une association lilloise, Hors Cadre, et du Goethe Institut, qui nous ont proposé de travailler sur un premier film il y a quelques années : « Variété », film allemand de E.A Dupont de 1925. Nous n’avions pas forcément l’habitude de travailler sur une forme prédéfinie, et encore moins de suivre un fil narratif. On a pris le parti de ne pas forcément suivre l’action du film, mais plutôt d’essayer de fournir aux spectateurs une autre grille de lecture, un autre angle de compréhension. Notre musique est très progressive et se construit sur un temps long, à contrario d’un film où le découpage est beaucoup plus resserré. C’est ce qui nous semble intéressant dans cette démarche, étirer le temps et construire une trame parallèle qui va permettre d’avoir un nouveau regard sur les films.

Comment avez-vous travaillé sur ce film en particulier ?

Nous l’avons créé il y a déjà quelques années, toujours avec Hors Cadre et le Goethe Institut. Le film, avec ses plans audacieux, son côté très psychédélique, une histoire incroyable, et un retournement final, correspond finalement assez bien à notre démarche. Concrètement, nous redécoupons le film, sans forcément suivre le découpage initial, afin de bâtir de plus longues parties, où développer notre musique. Nous établissons une structure, avec quelques directions esthétiques et musicales, dans laquelle nous allons bâtir nos improvisations. Nous ne voulons pas souligner la narration, mais plutôt décaler le regard et amplifier certains effets.

Vous avez étudié l’improvisation et la composition, avez-vous une préférence ?

Les deux se nourrissent constamment. Ces dernières années, je pratique plus l’improvisation. J’ai l’occasion de travailler avec des compositeurs dont la démarche permet de créer une musique ouverte et encourage l’expérimentation. Je pense qu’on peut trouver cette liberté dans les deux formes. Mais c’est vrai que j’apprécie particulièrement l’improvisation en collectif et cette possibilité de créer ensemble. C’est fascinant.

 

Type de musique :

Avant-kraut / Jazz core

Membres du groupe :

Jérémie Ternoy (fender rhodes)

Ivann Cruz (guitare)

Peter Orins (batterie)

Souvenir de concert : 

Des souvenirs de concerts, il y en a énormément… Le dernier en date, peut être en avril dernier : nous jouions à Baltimore avec un groupe complètement fou, qui a terminé son concert avec une déchiqueteuse amplifiée, déchiquetant des portraits de Trump et criant « F*ck Trump »…. Un autre chouette souvenir était lors d’un concert dans le sud-ouest, où le seul moyen d’emmener notre matériel à la scène était la remorque d’un tracteur…

 

                                                                          

LE DERNIER DES HOMMES

DE FRIEDRICH WILHELM MURNAU

Film muet - Noir & Blanc - Allemagne - 1924 - 100 min. avec Emil Jannings, Hermann Valentin, Maly Delschaft.

Le portier du Grand Hôtel Atlantic est un homme important et admiré de tous, ainsi qu’en atteste la magnifique livrée dont il est revêtu. Mais un jour, le directeur de l’hôtel décide que le vieux portier a fait son temps et lui annonce sans ménagement que le moment est venu pour lui de céder la place. Il le dépouille de la livrée qui est toute sa raison d’être et le relègue à l’entretien des toilettes. Abattu, humilié, le pauvre homme revient le soir même pour s’emparer en cachette du vêtement et s’en revêtir afin de ne pas paraître diminué devant les gens de son quartier.