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Raymond Roche:

Raymond Roche: "la vitesse, c’est grisant."

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Raymond Roche est un ancien pilote de moto, promu champion du monde d’endurance moto en 1981 et champion du monde de Superbike en 1990. Le 12 septembre, à Ollioules, la performance « Premier Podium », mise en scène par Kubilai Khan Investigations, rendra hommage à cet homme et à son intrépide parcours. Il nous parle aujourd’hui de sa carrière dangereuse.

 

Qu’est-ce que ça représentait la course pour vous ?
J’ai voulu faire de la compétition depuis tout petit. Au départ, c’étaient juste la vitesse et la mécanique qui m’intéressaient. C’est vite devenu une passion qui m’a poussé à en faire mon métier. J’ai pu gagner ma vie en faisant ce qui me plaisait. Je suis passé du statut de glandeur à un statut professionnel et sérieux avec des partenariats et des enjeux au quotidien. J’étais obligé de devenir sérieux car c’est un métier dangereux.Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de sécurité mais à l’époque c’était moins encadré et on prenait plus de risques.
Est-ce que ça vous est arrivé de chuter au point de douter de vous remettre en selle ?
Chuter oui, bien sur, mais douter, pas vraiment. Je me suis pris des grosses chutes mais je m’y remettais le plus vite possible. Il m’arrivait de me fracturer et de rouler la semaine d’après. Je ne suis pas le seul car la plupart des pilotes que j’ai connus le faisaient aussi et le font encore. Je me souviens de l’américain Baldwin, on jouait le titre tous les deux sur une course en Allemagne. Il s’était cassé une clavicule le samedi, il a mis une broche le jour même et il a participé à la compétition le lendemain. Maintenant ce genre de choses n’est plus possible, c’est plus contrôlé et il y a des médecins qui surveillent. On était inconscients à l’époque. Il y avait de l’appréhension malgré tout mais toujours de l’excitation et une sorte de bravoure presque suicidaire qui nous poussaient à continuer ! La vitesse, c’est grisant. Il y a l’adrénaline qui fait qu’on n’arrive pas à être raisonnable.
Vous avez pris votre retraite de Grand Prix de courses en 1991. Qu’est ce qui a fait que vous vous êtes arrêté ?
J’avais une proposition pour faire autre chose et puis je venais d’avoir un enfant que je voulais voir grandir. Il faut dire aussi qu’il y avait eu pas mal d’accidents à ce moment là, de copains entre autres, qui se retrouvaient en fauteuils roulants. Je me suis dit que j’avais assez donné, que j’avais assez joué avec ma vie.
Et maintenant, vous portez quel regard sur votre carrière ?
Je pense que j’aurais pu faire mieux. J’avais les capacités sportives mais j’ai eu pas mal de problèmes physiques dont des tendinites aux bras. A l’époque, je me taisais sinon j’aurais perdu des contrats. Je pense que j’aurais pu gagner beaucoup plus de courses mais je m’en sors plutôt bien. J’ai vécu vraiment dangereusement et on peut dire que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai vécu une belle vie de compétition, j’ai bien rigolé. Je suis content d’avoir vécu ça dans ma jeunesse. Je continue à en faire pour moi mais j’aime moins la vitesse aujourd’hui. Maya Trufaut

 

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Discipline: Articles, Initiatives, Événements,



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Qu’est-ce que ça représentait la course pour vous ?
J’ai voulu faire de la compétition depuis tout petit. Au départ, c’étaient juste la vitesse et la mécanique qui m’intéressaient. C’est vite devenu une passion qui m’a poussé à en faire mon métier. J’ai pu gagner ma vie en faisant ce qui me plaisait. Je suis passé du statut de glandeur à un statut professionnel et sérieux avec des partenariats et des enjeux au quotidien. J’étais obligé de devenir sérieux car c’est un métier dangereux.Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de sécurité mais à l’époque c’était moins encadré et on prenait plus de risques.
Est-ce que ça vous est arrivé de chuter au point de douter de vous remettre en selle ?
Chuter oui, bien sur, mais douter, pas vraiment. Je me suis pris des grosses chutes mais je m’y remettais le plus vite possible. Il m’arrivait de me fracturer et de rouler la semaine d’après. Je ne suis pas le seul car la plupart des pilotes que j’ai connus le faisaient aussi et le font encore. Je me souviens de l’américain Baldwin, on jouait le titre tous les deux sur une course en Allemagne. Il s’était cassé une clavicule le samedi, il a mis une broche le jour même et il a participé à la compétition le lendemain. Maintenant ce genre de choses n’est plus possible, c’est plus contrôlé et il y a des médecins qui surveillent. On était inconscients à l’époque. Il y avait de l’appréhension malgré tout mais toujours de l’excitation et une sorte de bravoure presque suicidaire qui nous poussaient à continuer ! La vitesse, c’est grisant. Il y a l’adrénaline qui fait qu’on n’arrive pas à être raisonnable.
Vous avez pris votre retraite de Grand Prix de courses en 1991. Qu’est ce qui a fait que vous vous êtes arrêté ?
J’avais une proposition pour faire autre chose et puis je venais d’avoir un enfant que je voulais voir grandir. Il faut dire aussi qu’il y avait eu pas mal d’accidents à ce moment là, de copains entre autres, qui se retrouvaient en fauteuils roulants. Je me suis dit que j’avais assez donné, que j’avais assez joué avec ma vie.
Et maintenant, vous portez quel regard sur votre carrière ?
Je pense que j’aurais pu faire mieux. J’avais les capacités sportives mais j’ai eu pas mal de problèmes physiques dont des tendinites aux bras. A l’époque, je me taisais sinon j’aurais perdu des contrats. Je pense que j’aurais pu gagner beaucoup plus de courses mais je m’en sors plutôt bien. J’ai vécu vraiment dangereusement et on peut dire que j’ai eu beaucoup de chance. J’ai vécu une belle vie de compétition, j’ai bien rigolé. Je suis content d’avoir vécu ça dans ma jeunesse. Je continue à en faire pour moi mais j’aime moins la vitesse aujourd’hui. Maya Trufaut

 

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