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Régine Chopinot, « mon fil est attaché à Toulon ». Régine Chopinot, « mon fil est attaché à Toulon ».
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Régine Chopinot, « mon fil est attaché à Toulon ».

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Régine Chopinot vit à Toulon depuis 2011. Cette immense chorégraphe, qui dirigea de 1986 à 2008 le Centre Chorégraphique National de la Rochelle, présentera cette année deux de ses créations dans notre ville. Entre envies, projets, désirs, présent, passé, futur, elle nous raconte son amour pour Toulon.

 

Depuis ses débuts, Régine Chopinot n’a cessé de multiplier les créations et d’accumuler les prix et distinctions du plus haut rang : Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Grand Prix National de la Danse, Officier des Arts et Lettres, Présidente de l’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux, parmi tant d’autres. Très jeune elle s’est longtemps associée au créateur de mode Jean-Paul Gaultier, mais dès le début des années 90, elle confronte son art, la danse contemporaine, aux éléments, aux rythmes naturels, à la pratiques de sciences du corps anciennes, telles le Yoga. Dès 2002, avec le
« Triptyque de la Fin des Temps », elle s’interroge sur le temps, la mémoire, le présent, le futur.
Après le CCN de la Rochelle elle crée en 2009 sa structure Cornucopiae (qui évoque la Corne d’Abondance, emblème de la fécondité), et s’intéresse au lien entre pouvoir du corps et force de la parole, surtout auprès de cultures organisées autour de la transmission orale dans le Pacifique, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Japon.


Que recherchez-vous à travers votre art ?


Mon art n’est pas un choix. La passion vous attrape tout simplement. Je danse depuis l’âge de cinq ans. A force d’écrans, de tablettes, de communication virtuelle, les gens ne savent même plus aujourd’hui où est leur colonne vertébrale. La danse est l’art de la relation dans toute sa splendeur. Il est essentiel de danser. La danse est avant tout la relation à l’autre.
Depuis le temps que je danse, aujourd’hui je ne raisonne plus en termes de professionnels ou d’amateurs, on peut trouver des professionnels à côté de la plaque, et des amateurs géniaux. Je cherche à faire les choses avant tout avec légèreté, humour, ouverture et envie.


Quels sont vos projets au Port des Créateurs ?


Aujourd’hui c’est un acte artistique, politique et de société d’être au cœur de ville. Nous voyons revivre cette ville de Toulon qui avait tellement besoin de retrouver sa place, enfermée entre Aix-Marseille et Nice. Depuis cinq ans, je sens que tout se met en place, et aujourd’hui ça se concrétise. Cela permet de donner de l’espace aux jeunes, mais aussi à l’ensemble des habitants.
Ma rencontre avec Julien Carbone du Port des Créateurs a été magnifique. Aujourd’hui je suis artiste associée à la structure. De nombreuses choses peuvent être accomplies : organiser des workshops, des rencontres, monter des créations… Citons par exemple les trois week-ends « ateliers de recherche musique et danse » avec Jean-Marc Montera du GMEM Marseille, les 21 et 22 octobre 2017, 9 et 10 décembre 2017 et 24 et 25 février 2018, qui sont ouverts aux amateurs et professionnels. Depuis la création de ma structure Cornucopiae, je m’intéresse à la relation entre le corps en mouvement et la force de la parole. Dans ce sens nous proposons de nombreux ateliers et formations spécifiques, autour de la parole, de la danse, du rythme, mais aussi de pratiques telles le yoga. Les possibilités sont grandes. Le centre-ville est le cœur mais aussi le poumon d’une ville, on peut y reprendre son souffle.
J’ai pratiqué le très grand pendant plus de trente ans, aujourd’hui j’ai plaisir à revenir dans une cité à taille humaine, pour y faire d’autres choses. C’est un bonheur sans nom. C’est un ensemble de petites initiatives qui font que l’on avance. J’ai pour habitude de m’attacher au petit, aux détails, car c’est ce qui fait la qualité.


Quelles seront vos prochaines représentations à Toulon ?


Les 3 et 4 octobre prochains à Châteauvallon Scène Nationale, nous présentons « Piécette au carré», avec deux danseurs et un musicien. C’est la force du petit.
Le 3 avril au Liberté Scène Nationale, nous donnons « Pacifikmeltingpot ». Là, c’est l’attrait du grand. Dans le Pacifique, les artistes savent tout faire, chanter, danser, jouer de la musique, alors qu’ici, nous sommes des spécialistes. Cette pièce montre comment toutes ces disciplines sont liées. A une époque, moi aussi, j’étais une spécialiste, intéressée par la danse. Actuellement, ce qui m’attire c’est l’énergie, le rythme, tout est créé en même temps. J’aime l’énergie des gens qui voyagent et qui bougent. Dans le Pacifique, vivant dans des îles, tout le monde est navigateur. Les habitants ont une pensée « liquide », qui me fait beaucoup penser à celle des tribus nomades, ils sont tout le temps en mouvement, comme une chorégraphe. La danse est une perpétuelle recherche entre l’équilibre et le déséquilibre. Ces populations ont une force d’adaptation impressionnante, intégrée à leur manière de vivre. C’est aussi pour ça que je me sens bien à Toulon, c’est une ville de navigateurs et de voyages, un melting-pot.


Quel regard portez-vous sur votre carrière ?


Il y a un noyau qui ne change pas. Le temps passe, mais l’énergie perdure. Il ne faut jamais lâcher. Quand un non arrive, il faut continuer. Je ne peux pas dissocier le passé du présent. Je me rends compte que j’ai fait des millions de choses, mais mon intérêt est aujourd’hui. Je trouve ça passionnant de vivre, et encore plus parce que ce n’est pas facile. Il faut garder la flamme, l’énergie, souffler sur les braises.
Ma création préférée est celle qui me reste à faire. Il y a peu, je suis allée voir une rétrospective de Mikio Naruse, un cinéaste japonais. Je me suis dit : « Chopinot, t’as encore du travail, t’as pas encore tout bien dit ». Et pourtant c’était un film des années 60. Quand on voit des créations fortes, dans n’importe quel domaine, même un bon repas, ça donne de l’espoir sur le pouvoir de l’être humain. Dans le Pacifique, en tant que voyageurs, les populations ont la métaphore du « cerf-volant ». Comme un cerf-volant, tu peux voyager partout, tu peux voir le monde, tu peux découvrir, mais n’oublie jamais où ton fil est attaché. Moi, mon fil est attaché à Toulon .

Cornucopiae

 


Discipline: Articles, Sur les planches



Catégories : Articles, Sur les planches

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Régine Chopinot vit à Toulon depuis 2011. Cette immense chorégraphe, qui dirigea de 1986 à 2008 le Centre Chorégraphique National de la Rochelle, présentera cette année deux de ses créations dans notre ville. Entre envies, projets, désirs, présent, passé, futur, elle nous raconte son amour pour Toulon.

 

Depuis ses débuts, Régine Chopinot n’a cessé de multiplier les créations et d’accumuler les prix et distinctions du plus haut rang : Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Grand Prix National de la Danse, Officier des Arts et Lettres, Présidente de l’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux, parmi tant d’autres. Très jeune elle s’est longtemps associée au créateur de mode Jean-Paul Gaultier, mais dès le début des années 90, elle confronte son art, la danse contemporaine, aux éléments, aux rythmes naturels, à la pratiques de sciences du corps anciennes, telles le Yoga. Dès 2002, avec le
« Triptyque de la Fin des Temps », elle s’interroge sur le temps, la mémoire, le présent, le futur.
Après le CCN de la Rochelle elle crée en 2009 sa structure Cornucopiae (qui évoque la Corne d’Abondance, emblème de la fécondité), et s’intéresse au lien entre pouvoir du corps et force de la parole, surtout auprès de cultures organisées autour de la transmission orale dans le Pacifique, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Japon.


Que recherchez-vous à travers votre art ?


Mon art n’est pas un choix. La passion vous attrape tout simplement. Je danse depuis l’âge de cinq ans. A force d’écrans, de tablettes, de communication virtuelle, les gens ne savent même plus aujourd’hui où est leur colonne vertébrale. La danse est l’art de la relation dans toute sa splendeur. Il est essentiel de danser. La danse est avant tout la relation à l’autre.
Depuis le temps que je danse, aujourd’hui je ne raisonne plus en termes de professionnels ou d’amateurs, on peut trouver des professionnels à côté de la plaque, et des amateurs géniaux. Je cherche à faire les choses avant tout avec légèreté, humour, ouverture et envie.


Quels sont vos projets au Port des Créateurs ?


Aujourd’hui c’est un acte artistique, politique et de société d’être au cœur de ville. Nous voyons revivre cette ville de Toulon qui avait tellement besoin de retrouver sa place, enfermée entre Aix-Marseille et Nice. Depuis cinq ans, je sens que tout se met en place, et aujourd’hui ça se concrétise. Cela permet de donner de l’espace aux jeunes, mais aussi à l’ensemble des habitants.
Ma rencontre avec Julien Carbone du Port des Créateurs a été magnifique. Aujourd’hui je suis artiste associée à la structure. De nombreuses choses peuvent être accomplies : organiser des workshops, des rencontres, monter des créations… Citons par exemple les trois week-ends « ateliers de recherche musique et danse » avec Jean-Marc Montera du GMEM Marseille, les 21 et 22 octobre 2017, 9 et 10 décembre 2017 et 24 et 25 février 2018, qui sont ouverts aux amateurs et professionnels. Depuis la création de ma structure Cornucopiae, je m’intéresse à la relation entre le corps en mouvement et la force de la parole. Dans ce sens nous proposons de nombreux ateliers et formations spécifiques, autour de la parole, de la danse, du rythme, mais aussi de pratiques telles le yoga. Les possibilités sont grandes. Le centre-ville est le cœur mais aussi le poumon d’une ville, on peut y reprendre son souffle.
J’ai pratiqué le très grand pendant plus de trente ans, aujourd’hui j’ai plaisir à revenir dans une cité à taille humaine, pour y faire d’autres choses. C’est un bonheur sans nom. C’est un ensemble de petites initiatives qui font que l’on avance. J’ai pour habitude de m’attacher au petit, aux détails, car c’est ce qui fait la qualité.


Quelles seront vos prochaines représentations à Toulon ?


Les 3 et 4 octobre prochains à Châteauvallon Scène Nationale, nous présentons « Piécette au carré», avec deux danseurs et un musicien. C’est la force du petit.
Le 3 avril au Liberté Scène Nationale, nous donnons « Pacifikmeltingpot ». Là, c’est l’attrait du grand. Dans le Pacifique, les artistes savent tout faire, chanter, danser, jouer de la musique, alors qu’ici, nous sommes des spécialistes. Cette pièce montre comment toutes ces disciplines sont liées. A une époque, moi aussi, j’étais une spécialiste, intéressée par la danse. Actuellement, ce qui m’attire c’est l’énergie, le rythme, tout est créé en même temps. J’aime l’énergie des gens qui voyagent et qui bougent. Dans le Pacifique, vivant dans des îles, tout le monde est navigateur. Les habitants ont une pensée « liquide », qui me fait beaucoup penser à celle des tribus nomades, ils sont tout le temps en mouvement, comme une chorégraphe. La danse est une perpétuelle recherche entre l’équilibre et le déséquilibre. Ces populations ont une force d’adaptation impressionnante, intégrée à leur manière de vivre. C’est aussi pour ça que je me sens bien à Toulon, c’est une ville de navigateurs et de voyages, un melting-pot.


Quel regard portez-vous sur votre carrière ?


Il y a un noyau qui ne change pas. Le temps passe, mais l’énergie perdure. Il ne faut jamais lâcher. Quand un non arrive, il faut continuer. Je ne peux pas dissocier le passé du présent. Je me rends compte que j’ai fait des millions de choses, mais mon intérêt est aujourd’hui. Je trouve ça passionnant de vivre, et encore plus parce que ce n’est pas facile. Il faut garder la flamme, l’énergie, souffler sur les braises.
Ma création préférée est celle qui me reste à faire. Il y a peu, je suis allée voir une rétrospective de Mikio Naruse, un cinéaste japonais. Je me suis dit : « Chopinot, t’as encore du travail, t’as pas encore tout bien dit ». Et pourtant c’était un film des années 60. Quand on voit des créations fortes, dans n’importe quel domaine, même un bon repas, ça donne de l’espoir sur le pouvoir de l’être humain. Dans le Pacifique, en tant que voyageurs, les populations ont la métaphore du « cerf-volant ». Comme un cerf-volant, tu peux voyager partout, tu peux voir le monde, tu peux découvrir, mais n’oublie jamais où ton fil est attaché. Moi, mon fil est attaché à Toulon .

Cornucopiae