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Régis Laugier - Hifiklub célèbre une artiste française. Régis Laugier - Hifiklub célèbre une artiste française.
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Régis Laugier - Hifiklub célèbre une artiste française.

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MUSIQUE
Album "Press Color" avec Eugène Chadbourne
Sortie vendredi 12 mars

L’incontournable groupe toulonnais Hifiklub multiplie les sorties cette année. Cette fois, il s’agit en quelques sortes d’une double collaboration. Eugène Chadbourne, multi-intrumentiste improvisateur, leur prête sa voix, sa guitare et son banjo, dans un album qui célèbre la chanteuse française Lizzy Mercier Descloux, en réinterprétant l’intégralité de l’album Color Press.

Qui est Eugène Chadbourne et pourquoi avoir décidé de collaborer avec lui ?

C’est un compositeur multi-instrumentiste et écrivain américain. C’est un des très grands spécialistes et pionniers de l’improvisation libre aux Etats-Unis. C’est un artiste solo, mais il est connu également pour ses collaborations, notamment avec Zu, un groupe italien, et Sun Watchers, deux collaborations que j’ai toujours appréciées. Notre sollicitation s’inscrit dans le prolongement de son œuvre avec ces artistes-là.

Qu’est-ce qui vous a intéressés dans cet album de Lizzy Mercier Descloux ?

Déjà l’album en lui-même, c’est mon album préféré d’une artiste française, d’une originalité fracassante à l’époque. Du côté de l’artiste, c’est la seule française qui s’est inscrite dans le mouvement New-Yorkais No Wave. Elle était extrêmement libre, avec une musique inédite et innovante, avec des éléments à la fois empruntés au punk, à la pop, au jazz, ou aux musiques traditionnelles. Sa musique est très liée à ses voyages, notamment en Afrique du Sud. Elle me touche par son côté totalement insaisissable. Elle déroutait son auditoire à chaque sortie qu’elle proposait. Pour la petite histoire l’album a été enregistré très spontanément autour d’une question qu’Eugene m’a posée : mon chanteur français préféré, et quand je lui ai répondu, il a eu la curiosité d’aller voir de plus près encore plus car sa fille s’appelle également Lizzy.

Vous avez enregistré l’album en deux jours à la Villa Tamaris, comment se sont passées les sessions ?

C’était très spontané. On avait relevé en amont les structures de base de cet album, et à l’heure de l’enregistrement, on s’est accordé deux ou trois prises par morceau avec Eugène. Le but était d’avoir une ligne artistique précise, sans s’user à trouver la prise parfaite, pour garder cette fraicheur qu’avait l’album originel. Ce qui est très touchant dans cet album, ce sont ces petites imperfections qui peuvent aller parfois jusqu’à l’absence de justesse et qui font que c’est un album fondamental. Ce qui était par contre complètement inattendu, c’étaient les réactions des uns vis-à-vis des autres : quant aux durées des morceaux, et à notre capacité à réagir aux improvisations d’Eugène Chadbourne, qui improvisait quasi totalement. Nous nous sommes adaptés, ce qui a donné des morceaux plus longs ou plus courts que prévu. La musique a été enregistrée en live, sur une journée avec Eugène à la guitare et au banjo, puis ses voix le lendemain.

Alors, vos albums vont tous être détruits ?

Moi, j’ai découvert ça en arrivant au milieu de la session de prise de voix, en retard. Pour la reprise de « Mission Impossible », Eugène a complètement écrit un texte qui évoque sa venue à Toulon. Il commence son intervention en disant que sa mission était de venir à Toulon, pour récupérer les bandes originales de tous nos albums pour les détruire. Mais c’était vraiment mission impossible !

Peux-tu nous parler de l’artwork d’Hildegarde Laszak ?

Depuis le début du groupe la question de l’artwork a toujours été essentielle pour nous. On s’est toujours plu à solliciter un artiste de cœur pour intervenir sur nos pochettes. Là, nous avons donné carte blanche à Hildegarde. Instinctivement, on se disait que son approche collerait parfaitement avec la folie d’Eugène Chadbourne. Force est de constater que ça marche parfaitement. Elle a créé une série de personnages qui renvoie à chaque membre du groupe, Eugène inclus, avec une approche japonisante, ce qui nous a beaucoup surpris au départ. Tut comme la musique d’Eugène Chadbourne est pleine de surprises permanentes. Ça nous a autant surpris qu’un de ses albums de Free Jazz !

Mars 2021


Discipline: Articles, Musique



Catégories : Articles, Musique

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MUSIQUE
Album "Press Color" avec Eugène Chadbourne
Sortie vendredi 12 mars

L’incontournable groupe toulonnais Hifiklub multiplie les sorties cette année. Cette fois, il s’agit en quelques sortes d’une double collaboration. Eugène Chadbourne, multi-intrumentiste improvisateur, leur prête sa voix, sa guitare et son banjo, dans un album qui célèbre la chanteuse française Lizzy Mercier Descloux, en réinterprétant l’intégralité de l’album Color Press.

Qui est Eugène Chadbourne et pourquoi avoir décidé de collaborer avec lui ?

C’est un compositeur multi-instrumentiste et écrivain américain. C’est un des très grands spécialistes et pionniers de l’improvisation libre aux Etats-Unis. C’est un artiste solo, mais il est connu également pour ses collaborations, notamment avec Zu, un groupe italien, et Sun Watchers, deux collaborations que j’ai toujours appréciées. Notre sollicitation s’inscrit dans le prolongement de son œuvre avec ces artistes-là.

Qu’est-ce qui vous a intéressés dans cet album de Lizzy Mercier Descloux ?

Déjà l’album en lui-même, c’est mon album préféré d’une artiste française, d’une originalité fracassante à l’époque. Du côté de l’artiste, c’est la seule française qui s’est inscrite dans le mouvement New-Yorkais No Wave. Elle était extrêmement libre, avec une musique inédite et innovante, avec des éléments à la fois empruntés au punk, à la pop, au jazz, ou aux musiques traditionnelles. Sa musique est très liée à ses voyages, notamment en Afrique du Sud. Elle me touche par son côté totalement insaisissable. Elle déroutait son auditoire à chaque sortie qu’elle proposait. Pour la petite histoire l’album a été enregistré très spontanément autour d’une question qu’Eugene m’a posée : mon chanteur français préféré, et quand je lui ai répondu, il a eu la curiosité d’aller voir de plus près encore plus car sa fille s’appelle également Lizzy.

Vous avez enregistré l’album en deux jours à la Villa Tamaris, comment se sont passées les sessions ?

C’était très spontané. On avait relevé en amont les structures de base de cet album, et à l’heure de l’enregistrement, on s’est accordé deux ou trois prises par morceau avec Eugène. Le but était d’avoir une ligne artistique précise, sans s’user à trouver la prise parfaite, pour garder cette fraicheur qu’avait l’album originel. Ce qui est très touchant dans cet album, ce sont ces petites imperfections qui peuvent aller parfois jusqu’à l’absence de justesse et qui font que c’est un album fondamental. Ce qui était par contre complètement inattendu, c’étaient les réactions des uns vis-à-vis des autres : quant aux durées des morceaux, et à notre capacité à réagir aux improvisations d’Eugène Chadbourne, qui improvisait quasi totalement. Nous nous sommes adaptés, ce qui a donné des morceaux plus longs ou plus courts que prévu. La musique a été enregistrée en live, sur une journée avec Eugène à la guitare et au banjo, puis ses voix le lendemain.

Alors, vos albums vont tous être détruits ?

Moi, j’ai découvert ça en arrivant au milieu de la session de prise de voix, en retard. Pour la reprise de « Mission Impossible », Eugène a complètement écrit un texte qui évoque sa venue à Toulon. Il commence son intervention en disant que sa mission était de venir à Toulon, pour récupérer les bandes originales de tous nos albums pour les détruire. Mais c’était vraiment mission impossible !

Peux-tu nous parler de l’artwork d’Hildegarde Laszak ?

Depuis le début du groupe la question de l’artwork a toujours été essentielle pour nous. On s’est toujours plu à solliciter un artiste de cœur pour intervenir sur nos pochettes. Là, nous avons donné carte blanche à Hildegarde. Instinctivement, on se disait que son approche collerait parfaitement avec la folie d’Eugène Chadbourne. Force est de constater que ça marche parfaitement. Elle a créé une série de personnages qui renvoie à chaque membre du groupe, Eugène inclus, avec une approche japonisante, ce qui nous a beaucoup surpris au départ. Tut comme la musique d’Eugène Chadbourne est pleine de surprises permanentes. Ça nous a autant surpris qu’un de ses albums de Free Jazz !

Mars 2021