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Renan Luce  -  Intime et poignant.

Renan Luce - Intime et poignant.

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01.02 Théâtre Jules Verne - Bandol

Le quatrième disque de Renan Luce est directement lié à sa rupture avec Lolita Séchan, la fille de Renaud. Dans cet album aux texte intimes et poétiques, l’auteur de « La Lettre » s’éloigne des sonorités folk pop pour se dévoiler plus, accompagné par un orchestre.

Renan Luce est un artisan des mots. Depuis son premier album « Repenti » (2006) dans lequel on retrouve ses premiers succès comme « La lettre » ou « Les voisines », on lui reconnaît ce style “mélancomique” bien à lui. Les tournées s’enchaînent, les disques aussi. De son deuxième album, « Le Clan des miros » (2009) est extrait le générique du film « Le Petit Nicolas ». Un troisième album sort en 2014, « D’une tonne à un tout petit poids ». Depuis, il sillonne les routes et monte des spectacle avec son frère. Cette année, Renan Luce revient avec un quatrième album éponyme qui relate les bouleversements survenus dans sa vie. Au son des flûtes, hautbois, clarinette, basson et harpe, le guitariste chanteur examine en profondeur ses sentiments et nous les dévoile dans un album touchant aux allures de confidences. Non sans rappeler les grands noms de la chanson française des années soixante, on découvre dans ces onze chansons un autre visage de Renan Luce : une mise à nu sincère et poétique.

Votre précédent album est sortie il y cinq ans. C’est un album mûrement réfléchi que vous sortez aujourd’hui.

J’ai écrit cet album en deux ans à peu près. Il a suivi une période de chamboulements dans ma vie. Je pense qu’il m’a fallu avoir du recul sur les émotions que j’ai éprouvées pour trouver la manière de les aborder musicalement. Je sentais que j’avais besoin d’en faire quelque chose. Cette forme très intime de chanson, c’est une porte que je n’avais encore jamais ouverte. Jusque là, j’écrivais en faisant plutôt appel à mon imagination. Là, j’avais à coeur de regarder bien en face ces sentiments qui me traversaient.

Cet album est-il devenu une sorte de thérapie pour vous ?

Je n’irais pas jusqu’à dire une thérapie. Les chansons ne sont malheureusement pas des remèdes magiques pour leur auteur. Mais elles ont la faculté de me reconnecter à un métier que j’aime plus que tout, de me permettre de m’exprimer, en étant le plus vrai possible, de révéler des émotions, parfois sombres, et d’y apporter de la lumière. Je souhaite explorer de nouvelles sonorités et m’étonner. C’est pourquoi je suis allé vers un genre musical que je n’avais pas encore exploité.

Vous avez choisi de vous entourer d’un orchestre comme les chanteurs d’antan que vous affectionnez particulièrement...

Je voulais que ma musique fasse écho à celle que j’ai le plus écouté, qu’elle soit un prolongement de ce qui me correspond le plus. Les 33 tours de Jacques Brel, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour ont beaucoup tourné sur mes platines. Je pense que l’orchestre me permet d’exprimer au mieux toute la diversité de mes sentiments. La beauté d’un orchestre nous transporte. J’avais aussi le désir de travailler avec un orchestrateur, être dans une recherche précise et méticuleuse de l’arrangement. Il faut trouver lequel va le mieux mettre en images sonores les émotions que j’exprime dans chacune des chansons. J’avais à coeur de vivre ces moments de studio avec une telle formation. C’était magique de voir grandir ces chansons, et de pouvoir tourner avec l’ensemble des musiciens. A ce propos, comment s’est articulé le travail de composition et d’arrangement avec l’orchestre ? C’était un dialogue avec l’orchestrateur, Romain Trouillet. On a cherché pendant plusieurs mois le bon équilibre pour préserver une forme d’intimité, tout en favorisant une orchestration et une interprétation flamboyante. L’orchestre autour du chanteur a cette faculté, non pas d’écraser le chanteur, mais au contraire de resserrer la tension sur lui, comme un joueur de foot au milieu du stade. Avec tous ses instruments, l’orchestre ne devient qu’un seul corps. Sur scène c’est comme si on était deux.

Vous avez donné votre nom à ce quatrième album…

C’est marrant parce que souvent on me dit que je lui ai donné mon nom, alors que j’ai l’impression de ne pas lui avoir donné de nom. Pour moi, un album est un instantané d’un moment. Un album éponyme, on ne peut le faire qu’une fois dans sa carrière. Je me suis dit que cette thématique, l’expression de mes sentiments qui dévoile qui je suis, le justifiait.

 

 


Discipline: Articles, Musique,



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01.02 Théâtre Jules Verne - Bandol

Le quatrième disque de Renan Luce est directement lié à sa rupture avec Lolita Séchan, la fille de Renaud. Dans cet album aux texte intimes et poétiques, l’auteur de « La Lettre » s’éloigne des sonorités folk pop pour se dévoiler plus, accompagné par un orchestre.

Renan Luce est un artisan des mots. Depuis son premier album « Repenti » (2006) dans lequel on retrouve ses premiers succès comme « La lettre » ou « Les voisines », on lui reconnaît ce style “mélancomique” bien à lui. Les tournées s’enchaînent, les disques aussi. De son deuxième album, « Le Clan des miros » (2009) est extrait le générique du film « Le Petit Nicolas ». Un troisième album sort en 2014, « D’une tonne à un tout petit poids ». Depuis, il sillonne les routes et monte des spectacle avec son frère. Cette année, Renan Luce revient avec un quatrième album éponyme qui relate les bouleversements survenus dans sa vie. Au son des flûtes, hautbois, clarinette, basson et harpe, le guitariste chanteur examine en profondeur ses sentiments et nous les dévoile dans un album touchant aux allures de confidences. Non sans rappeler les grands noms de la chanson française des années soixante, on découvre dans ces onze chansons un autre visage de Renan Luce : une mise à nu sincère et poétique.

Votre précédent album est sortie il y cinq ans. C’est un album mûrement réfléchi que vous sortez aujourd’hui.

J’ai écrit cet album en deux ans à peu près. Il a suivi une période de chamboulements dans ma vie. Je pense qu’il m’a fallu avoir du recul sur les émotions que j’ai éprouvées pour trouver la manière de les aborder musicalement. Je sentais que j’avais besoin d’en faire quelque chose. Cette forme très intime de chanson, c’est une porte que je n’avais encore jamais ouverte. Jusque là, j’écrivais en faisant plutôt appel à mon imagination. Là, j’avais à coeur de regarder bien en face ces sentiments qui me traversaient.

Cet album est-il devenu une sorte de thérapie pour vous ?

Je n’irais pas jusqu’à dire une thérapie. Les chansons ne sont malheureusement pas des remèdes magiques pour leur auteur. Mais elles ont la faculté de me reconnecter à un métier que j’aime plus que tout, de me permettre de m’exprimer, en étant le plus vrai possible, de révéler des émotions, parfois sombres, et d’y apporter de la lumière. Je souhaite explorer de nouvelles sonorités et m’étonner. C’est pourquoi je suis allé vers un genre musical que je n’avais pas encore exploité.

Vous avez choisi de vous entourer d’un orchestre comme les chanteurs d’antan que vous affectionnez particulièrement...

Je voulais que ma musique fasse écho à celle que j’ai le plus écouté, qu’elle soit un prolongement de ce qui me correspond le plus. Les 33 tours de Jacques Brel, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour ont beaucoup tourné sur mes platines. Je pense que l’orchestre me permet d’exprimer au mieux toute la diversité de mes sentiments. La beauté d’un orchestre nous transporte. J’avais aussi le désir de travailler avec un orchestrateur, être dans une recherche précise et méticuleuse de l’arrangement. Il faut trouver lequel va le mieux mettre en images sonores les émotions que j’exprime dans chacune des chansons. J’avais à coeur de vivre ces moments de studio avec une telle formation. C’était magique de voir grandir ces chansons, et de pouvoir tourner avec l’ensemble des musiciens. A ce propos, comment s’est articulé le travail de composition et d’arrangement avec l’orchestre ? C’était un dialogue avec l’orchestrateur, Romain Trouillet. On a cherché pendant plusieurs mois le bon équilibre pour préserver une forme d’intimité, tout en favorisant une orchestration et une interprétation flamboyante. L’orchestre autour du chanteur a cette faculté, non pas d’écraser le chanteur, mais au contraire de resserrer la tension sur lui, comme un joueur de foot au milieu du stade. Avec tous ses instruments, l’orchestre ne devient qu’un seul corps. Sur scène c’est comme si on était deux.

Vous avez donné votre nom à ce quatrième album…

C’est marrant parce que souvent on me dit que je lui ai donné mon nom, alors que j’ai l’impression de ne pas lui avoir donné de nom. Pour moi, un album est un instantané d’un moment. Un album éponyme, on ne peut le faire qu’une fois dans sa carrière. Je me suis dit que cette thématique, l’expression de mes sentiments qui dévoile qui je suis, le justifiait.