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Rhys Chatham, En résidence au conservatoire TPM Rhys Chatham, En résidence au conservatoire TPM
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Rhys Chatham, En résidence au conservatoire TPM Rhys Chatham, En résidence au conservatoire TPM

Rhys Chatham, En résidence au conservatoire TPM

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Transmission - De janvier à mars - Conservatoire TPM

 

Rhys Chatham, multi-instrumentiste, est l’un des fondateurs de la musique minimaliste à New-York, dans les années 70, et a notamment co-fondé le mythique club The Kitchen à Manhattan. Régis Laugier, au nom du Conservatoire TPM, l’a invité à être en résidence à Toulon. Pendant trois mois, il va donner des Masterclass et des concerts avec les élèves du Conservatoire, et va influencer sa direction musicale.

 

Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette invitation ?
C’est la première fois que je suis en résidence dans un Conservatoire, et le Conservatoire TPM est le plus grand de France en nombre d’élèves. J’ai dit oui tout de suite ! J’avais déjà travaillé avec diverses écoles, comme le California Institutes of Arts, et j’en avais un très bon souvenir. Les musiciens sont sérieux, et savent lire la musique, ce n’est pas toujours le cas en musique rock.

On vous a invité à donner différentes masterclass, et des concerts...
Je travaille avec les musiciens du Conservatoire. Dans celle que je viens de donner nous avons travaillé sur mon morceau « Guitar Trio », avec quinze jeunes guitaristes, un batteur et un bassiste, Dorian et Antoine (du groupe punk-rock The Spitters cf. CDA 14). J’ai divisé le groupe en trois, avec un professeur du conservatoire à la tête de chaque groupe. Chaque section peut choisir de jouer un thème, et les autres répondent avec le thème correspondant, c’est donc de la semi-improvisation. A la fin des années 70, je jouais ce morceau avec Glenn Branca, et Nina Canal, comme un vrai trio. Ces Masterclass vont donner lieu à des concerts avec différents morceaux. Nous allons jouer « Waterloo n°2 », un morceau pour cuivres. C’est un mélange de musique martiale et de musique à la Terry Riley (un des fondateurs de la musique minimaliste ndlr). Nous allons avoir aussi un autre concert autour de « Guitar Trio », mais agrémenté des œuvres que le plasticien Robert Longo a réalisées pour ce morceau.

Vous êtes issu de la musique contemporaine, pourquoi avoir décidé d’allier musique minimaliste et Rock ?
A la fin des années 60, je faisais de la musique comme Pierre Boulez, c’est-à-dire comme tout le monde, c’était notre formation. Puis, j’ai entendu un concert de Terry Riley. Il faisait de la musique tonale et moi, de l’atonale. C’était dégoûtant, je voulais que l’on me rembourse. Mais comme ils ont refusé, je suis revenu. Après plusieurs essais, cela m’a plu, et ce jour-là, je suis devenu minimaliste. J’ai rencontré Eliane Radigue, une compositrice française qui a travaillé avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry. J’ai imité ce qu’elle faisait. A l’époque on n’appelait pas cela de la musique minimaliste, pour nous, on faisait de la longue durée. Au milieu des années 70, j’ai commencé à étudier avec La Monte Young, le fondateur du minimalisme. Mais il fallait que je trouve ma propre voix. Nous étions en 76, et un ami m’a amené voir The Ramones, au CBGBs. Ca a changé ma vie. Un ami m’a prêté une Telecaster et m’a appris à faire des barrés. J’ai répété, répété, mes doigts saignaient. Après un an, j’étais prêt :
« Guitar Trio » est né, j’avais trouvé ma voie.

Vous êtes célèbre pour vos concerts avec des centaines de guitare : comment cette idée est-elle nait ?
J’ai commencé avec trois guitares, puis six. A la fin des années 80, je me suis marié avec une danseuse française, à New-York. Elle m’a parlé du 1% culturel français. Nous avons déménagé ! J’ai réalisé une commande pour la ville de Lille, pour cent guitares : ce fut « An angel moves too fast to see ». En 2005, dans le cadre de la Nuit Blanche, j’ai eu une commande similaire de la ville de Paris. Je devais jouer de la musique de 19h à 7h, devant le Sacré Cœur, et là j’ai utilisé quatre cent guitares, ce fut « The Crimson Grail ». Mais avec seulement quinze guitares on a déjà un très bon son. Ce qui est étonnant c’est que le son de cent guitares est plus doux que celui de quinze, et avec cent amplis, on n’a plus besoin de sonorisation générale !

 

Site Web du Conservatoire TPM

Site Officiel de Rhys Chatham

Chaîne Youtube Officielle de Rhys Chatam


Discipline: Articles, Musique



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Rhys Chatham, multi-instrumentiste, est l’un des fondateurs de la musique minimaliste à New-York, dans les années 70, et a notamment co-fondé le mythique club The Kitchen à Manhattan. Régis Laugier, au nom du Conservatoire TPM, l’a invité à être en résidence à Toulon. Pendant trois mois, il va donner des Masterclass et des concerts avec les élèves du Conservatoire, et va influencer sa direction musicale.

 

Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette invitation ?
C’est la première fois que je suis en résidence dans un Conservatoire, et le Conservatoire TPM est le plus grand de France en nombre d’élèves. J’ai dit oui tout de suite ! J’avais déjà travaillé avec diverses écoles, comme le California Institutes of Arts, et j’en avais un très bon souvenir. Les musiciens sont sérieux, et savent lire la musique, ce n’est pas toujours le cas en musique rock.

On vous a invité à donner différentes masterclass, et des concerts...
Je travaille avec les musiciens du Conservatoire. Dans celle que je viens de donner nous avons travaillé sur mon morceau « Guitar Trio », avec quinze jeunes guitaristes, un batteur et un bassiste, Dorian et Antoine (du groupe punk-rock The Spitters cf. CDA 14). J’ai divisé le groupe en trois, avec un professeur du conservatoire à la tête de chaque groupe. Chaque section peut choisir de jouer un thème, et les autres répondent avec le thème correspondant, c’est donc de la semi-improvisation. A la fin des années 70, je jouais ce morceau avec Glenn Branca, et Nina Canal, comme un vrai trio. Ces Masterclass vont donner lieu à des concerts avec différents morceaux. Nous allons jouer « Waterloo n°2 », un morceau pour cuivres. C’est un mélange de musique martiale et de musique à la Terry Riley (un des fondateurs de la musique minimaliste ndlr). Nous allons avoir aussi un autre concert autour de « Guitar Trio », mais agrémenté des œuvres que le plasticien Robert Longo a réalisées pour ce morceau.

Vous êtes issu de la musique contemporaine, pourquoi avoir décidé d’allier musique minimaliste et Rock ?
A la fin des années 60, je faisais de la musique comme Pierre Boulez, c’est-à-dire comme tout le monde, c’était notre formation. Puis, j’ai entendu un concert de Terry Riley. Il faisait de la musique tonale et moi, de l’atonale. C’était dégoûtant, je voulais que l’on me rembourse. Mais comme ils ont refusé, je suis revenu. Après plusieurs essais, cela m’a plu, et ce jour-là, je suis devenu minimaliste. J’ai rencontré Eliane Radigue, une compositrice française qui a travaillé avec Pierre Schaeffer et Pierre Henry. J’ai imité ce qu’elle faisait. A l’époque on n’appelait pas cela de la musique minimaliste, pour nous, on faisait de la longue durée. Au milieu des années 70, j’ai commencé à étudier avec La Monte Young, le fondateur du minimalisme. Mais il fallait que je trouve ma propre voix. Nous étions en 76, et un ami m’a amené voir The Ramones, au CBGBs. Ca a changé ma vie. Un ami m’a prêté une Telecaster et m’a appris à faire des barrés. J’ai répété, répété, mes doigts saignaient. Après un an, j’étais prêt :
« Guitar Trio » est né, j’avais trouvé ma voie.

Vous êtes célèbre pour vos concerts avec des centaines de guitare : comment cette idée est-elle nait ?
J’ai commencé avec trois guitares, puis six. A la fin des années 80, je me suis marié avec une danseuse française, à New-York. Elle m’a parlé du 1% culturel français. Nous avons déménagé ! J’ai réalisé une commande pour la ville de Lille, pour cent guitares : ce fut « An angel moves too fast to see ». En 2005, dans le cadre de la Nuit Blanche, j’ai eu une commande similaire de la ville de Paris. Je devais jouer de la musique de 19h à 7h, devant le Sacré Cœur, et là j’ai utilisé quatre cent guitares, ce fut « The Crimson Grail ». Mais avec seulement quinze guitares on a déjà un très bon son. Ce qui est étonnant c’est que le son de cent guitares est plus doux que celui de quinze, et avec cent amplis, on n’a plus besoin de sonorisation générale !

 

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