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Rona Hartner, le temps ne s'achète pas. Rona Hartner, le temps ne s'achète pas.
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Rona Hartner, le temps ne s'achète pas.

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18 mai - Espace des Arts - Le Pradet

 

Rona Hartner, que le public a notamment pu découvrir dans Gadjo Dilo de Tony Gatlif, est une artiste complète, pluri-disciplinaire. Dans son art, elle défend avec ferveur la culture tzigane et les valeurs de la religion catholique. Elle vit en France depuis 1997, et a obtenu notre nationalité en 2010. Aujourd’hui, elle a choisi Toulon comme point d’attache. Elle s’impliquera fortement dans la programmation du Télégraphe, cette nouvelle salle de spectacle toulonnaise qui sera inaugurée le 30 juin.

Rona Hartner se définit elle-même comme une créatrice d’ovnis artistiques. Née à Bucarest, en Roumanie, d’une famille allemande, elle a débuté sa carrière au théâtre et au cinéma. Depuis elle a joué dans trente-sept films, sorti quatorze albums, peint, dansé, écrit… Ses premières années d’artiste ont été marquées par sa rencontre avec Tony Gatlif qui la révéla au monde dans son très remarqué Gadjo dilo, où elle partageait la vedette avec Romain Duris. C’est à cette occasion qu’elle resta plusieurs mois en immersion dans une communauté rom, et embrassa cette culture qu’elle défend aujourd’hui dans le monde entier. Convertie au catholicisme, elle défend également les valeurs de partage et de bienveillance de la religion à travers ses disques, notamment son dernier, Balkanik Gospel, un mélange entre le sacré du Gospel et l’entrain de la musique tzigane, qu’elle nous présentera le 18 mai au Pradet à l’Espace des Arts.
Dans sa longue carrière artistique, elle a travaillé avec de nombreux artistes reconnus : Tony Gatlif, James Ivory, David Lynch, Didier Bourdon, Xavier Deluc, Olivier Dahan, entre autres, et reçu de nombreux prix d’interprétation, et une nomination en tant que meilleure actrice aux Césars.

 

Votre dernier album et votre show s’intitulent Balkanik Gospel, cela résume bien vos influences ?

 

En arrivant en France j’ai eu la révélation qu’il y a un espace où l’on peut affirmer ses origines et ses croyances. C’est un pays laïque, on peut avoir un dialogue plus ou moins piquant, il existe un grand espace de liberté. En arrivant j’ai commencé la peinture, l’écriture. La France m’a permis de faire un chemin initiatique et m’a fait découvrir mon moi profond. J’ai voulu laisser ma tâche de couleur dans le paysage français. Les Balkans ont un trésor caché que l’on n’exploite pas car la région s’est beaucoup américanisée. Il y a des traditions populaires, un rythme. Ce sont des pays avec une tradition agricole où la tradition orale ne s’est pas perdue. Nos rythmes correspondent aux rythmes de l’Europe. Il y a 25 ans que cela envahit le paysage artistique. Nous sommes à la confluence de beaucoup de cultures. J’ai travaillé avec DJ Click, DJ Tagada, j’ai commencé la musique sur l’album de Gadjo Dilo. J’ai voulu proposer de l’éternel nomade. Pour moi, Jésus s’est souvent manifesté comme un voyageur, un tzigane. Il a souvent chéri des peuples nomades. Il est apparu en berger, dans des endroits insolites, il ne s’est jamais vraiment installé. J’ai moi aussi beaucoup voyagé, je suis passée par l’Espagne, la Roumanie, la Yougoslavie. La foi est la seule richesse des nomades, il faut s’accrocher à ce qu’on croit. Et les rythmes du Gospel sont très semblables aux rythmes des Balkans.

Cette année, je sors un nouvel album : Selfish, avec DJ Tagada. Je vais le présenter au Télégraphe, dont je suis un peu la marraine. Je vais y proposer des stages de danse tzigane et roumaine. Nous souhaiterions monter une école de musique à l’oreille, sans partition, avec de la musique tzigane, du flamenco. Je prépare aussi un clip. Selfish sort fin mai, le prochain album Eternity est déjà prêt. Je signe tous les arrangements avec Stéphane Bernard, un artiste local. Selfish est un album engagé qui parle de notre culture de communication où l’on se consume. Nous avons fait un jeu de mots entre Selfies et fish. Nous sommes aujourd’hui comme des sardines, une marchandise qui s’emboite dans un téléphone, qui se met sur le marché. On perd notre vie, notre temps, et le temps ne s’achète pas. Je pensais qu’en France on réalisait plus tout cela, mais ce n’est pas le cas. C’est un album doux-amer : il est pêchu, ça danse, ça chante mais derrière le message est fort. Aujourd’hui, les familles tziganes s’achètent toutes des voitures en vendant leur cheval. Mais c’est un monde entier qui meurt, avec les chevaux, des villages entiers avaient du travail. Je suis également contre la destruction massive des forêts en Roumanie.


Comment va se passer votre spectacle à l’Espace des Arts ?


Il aura trois couleurs : Balkans, Espagne, et Gospel. Mon batteur est mexicain, mon clarinettiste est juif, le tromboniste espagnol, la guitare est flamenco, l’accordéoniste est serbe, et moi je suis roumaine. C’est une plongée dans toutes ces cultures. J’ai travaillé pendant onze ans sur Balkanik Gospel. J’ai écrit les textes avec Claude Lemesle qui a été président de la SACEM. C’est mon complice depuis dix-huit ans, il a travaillé sur mes quatorze albums.


Vous êtes actrice, musicienne, peintre entre autres, comment vivez-vous votre pluridisciplinarité ?


Dans ma carrière de trente-sept films j’ai eu la chance de réaliser que je suis plus une actrice créatrice qu’une fille gentille qui attend qu’on lui propose un rôle. En arrivant ici, je me suis mise à peindre et à écrire. Je me définis comme une créatrice. Un film pour moi c’est de la bijouterie. Un travail ciselé. Dans le dernier auquel j’ai participé, Le Correspondant, j’ai donné la réplique à Charles Berling. C’est un vrai plaisir. J’ai principalement fait des films d’Art et Essai, car j’essaie d’éviter la facilité. Mon avant dernier film était une comédie végétarienne ! Je choisis beaucoup, j’en ai refusé cent et fait trente-sept. J’espère qu’un jour on pourra voir à Toulon une rétrospective de mes films. Mais avant tout, je viens du monde du théâtre et j’ai besoin du contact avec le public. Je pense être une locomotive. Le public attend que je lui présente des ovnis.


Quels sont vos projets à Toulon en ce moment ?

Donc le 18 mai, ce concert à l’Espace des Arts. Le 16 juin, je chante au Pont du Las pour les cent cinquante ans du quartier, le 21 juin, je serai Cours Lafayette, le 30 juin, je participe à l’inauguration du Télégraphe. Le 1er juillet, je fais un apéro Gospel. On a fait venir une scène éclectique, haute en couleur. Au Télégraphe, je ferai des soirées salsa, swing. J’avais pour projet, de récupérer le cinéma Pax, pour en faire un centre Franco-Roumain. Ça ne s’est pas encore fait, mais ça ne m’est pas sorti de la tête. Les Roumains sont trop méconnus. Nous sommes un peuple proche de la terre, des traditions artisanales. J’espère créer ce lien entre la France et la Roumanie.

 

Site web de Rona Hartner

 

 

 


Discipline: Articles, Musique,



Catégories : Articles, Musique,

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18 mai - Espace des Arts - Le Pradet

 

Rona Hartner, que le public a notamment pu découvrir dans Gadjo Dilo de Tony Gatlif, est une artiste complète, pluri-disciplinaire. Dans son art, elle défend avec ferveur la culture tzigane et les valeurs de la religion catholique. Elle vit en France depuis 1997, et a obtenu notre nationalité en 2010. Aujourd’hui, elle a choisi Toulon comme point d’attache. Elle s’impliquera fortement dans la programmation du Télégraphe, cette nouvelle salle de spectacle toulonnaise qui sera inaugurée le 30 juin.

Rona Hartner se définit elle-même comme une créatrice d’ovnis artistiques. Née à Bucarest, en Roumanie, d’une famille allemande, elle a débuté sa carrière au théâtre et au cinéma. Depuis elle a joué dans trente-sept films, sorti quatorze albums, peint, dansé, écrit… Ses premières années d’artiste ont été marquées par sa rencontre avec Tony Gatlif qui la révéla au monde dans son très remarqué Gadjo dilo, où elle partageait la vedette avec Romain Duris. C’est à cette occasion qu’elle resta plusieurs mois en immersion dans une communauté rom, et embrassa cette culture qu’elle défend aujourd’hui dans le monde entier. Convertie au catholicisme, elle défend également les valeurs de partage et de bienveillance de la religion à travers ses disques, notamment son dernier, Balkanik Gospel, un mélange entre le sacré du Gospel et l’entrain de la musique tzigane, qu’elle nous présentera le 18 mai au Pradet à l’Espace des Arts.
Dans sa longue carrière artistique, elle a travaillé avec de nombreux artistes reconnus : Tony Gatlif, James Ivory, David Lynch, Didier Bourdon, Xavier Deluc, Olivier Dahan, entre autres, et reçu de nombreux prix d’interprétation, et une nomination en tant que meilleure actrice aux Césars.

 

Votre dernier album et votre show s’intitulent Balkanik Gospel, cela résume bien vos influences ?

 

En arrivant en France j’ai eu la révélation qu’il y a un espace où l’on peut affirmer ses origines et ses croyances. C’est un pays laïque, on peut avoir un dialogue plus ou moins piquant, il existe un grand espace de liberté. En arrivant j’ai commencé la peinture, l’écriture. La France m’a permis de faire un chemin initiatique et m’a fait découvrir mon moi profond. J’ai voulu laisser ma tâche de couleur dans le paysage français. Les Balkans ont un trésor caché que l’on n’exploite pas car la région s’est beaucoup américanisée. Il y a des traditions populaires, un rythme. Ce sont des pays avec une tradition agricole où la tradition orale ne s’est pas perdue. Nos rythmes correspondent aux rythmes de l’Europe. Il y a 25 ans que cela envahit le paysage artistique. Nous sommes à la confluence de beaucoup de cultures. J’ai travaillé avec DJ Click, DJ Tagada, j’ai commencé la musique sur l’album de Gadjo Dilo. J’ai voulu proposer de l’éternel nomade. Pour moi, Jésus s’est souvent manifesté comme un voyageur, un tzigane. Il a souvent chéri des peuples nomades. Il est apparu en berger, dans des endroits insolites, il ne s’est jamais vraiment installé. J’ai moi aussi beaucoup voyagé, je suis passée par l’Espagne, la Roumanie, la Yougoslavie. La foi est la seule richesse des nomades, il faut s’accrocher à ce qu’on croit. Et les rythmes du Gospel sont très semblables aux rythmes des Balkans.

Cette année, je sors un nouvel album : Selfish, avec DJ Tagada. Je vais le présenter au Télégraphe, dont je suis un peu la marraine. Je vais y proposer des stages de danse tzigane et roumaine. Nous souhaiterions monter une école de musique à l’oreille, sans partition, avec de la musique tzigane, du flamenco. Je prépare aussi un clip. Selfish sort fin mai, le prochain album Eternity est déjà prêt. Je signe tous les arrangements avec Stéphane Bernard, un artiste local. Selfish est un album engagé qui parle de notre culture de communication où l’on se consume. Nous avons fait un jeu de mots entre Selfies et fish. Nous sommes aujourd’hui comme des sardines, une marchandise qui s’emboite dans un téléphone, qui se met sur le marché. On perd notre vie, notre temps, et le temps ne s’achète pas. Je pensais qu’en France on réalisait plus tout cela, mais ce n’est pas le cas. C’est un album doux-amer : il est pêchu, ça danse, ça chante mais derrière le message est fort. Aujourd’hui, les familles tziganes s’achètent toutes des voitures en vendant leur cheval. Mais c’est un monde entier qui meurt, avec les chevaux, des villages entiers avaient du travail. Je suis également contre la destruction massive des forêts en Roumanie.


Comment va se passer votre spectacle à l’Espace des Arts ?


Il aura trois couleurs : Balkans, Espagne, et Gospel. Mon batteur est mexicain, mon clarinettiste est juif, le tromboniste espagnol, la guitare est flamenco, l’accordéoniste est serbe, et moi je suis roumaine. C’est une plongée dans toutes ces cultures. J’ai travaillé pendant onze ans sur Balkanik Gospel. J’ai écrit les textes avec Claude Lemesle qui a été président de la SACEM. C’est mon complice depuis dix-huit ans, il a travaillé sur mes quatorze albums.


Vous êtes actrice, musicienne, peintre entre autres, comment vivez-vous votre pluridisciplinarité ?


Dans ma carrière de trente-sept films j’ai eu la chance de réaliser que je suis plus une actrice créatrice qu’une fille gentille qui attend qu’on lui propose un rôle. En arrivant ici, je me suis mise à peindre et à écrire. Je me définis comme une créatrice. Un film pour moi c’est de la bijouterie. Un travail ciselé. Dans le dernier auquel j’ai participé, Le Correspondant, j’ai donné la réplique à Charles Berling. C’est un vrai plaisir. J’ai principalement fait des films d’Art et Essai, car j’essaie d’éviter la facilité. Mon avant dernier film était une comédie végétarienne ! Je choisis beaucoup, j’en ai refusé cent et fait trente-sept. J’espère qu’un jour on pourra voir à Toulon une rétrospective de mes films. Mais avant tout, je viens du monde du théâtre et j’ai besoin du contact avec le public. Je pense être une locomotive. Le public attend que je lui présente des ovnis.


Quels sont vos projets à Toulon en ce moment ?

Donc le 18 mai, ce concert à l’Espace des Arts. Le 16 juin, je chante au Pont du Las pour les cent cinquante ans du quartier, le 21 juin, je serai Cours Lafayette, le 30 juin, je participe à l’inauguration du Télégraphe. Le 1er juillet, je fais un apéro Gospel. On a fait venir une scène éclectique, haute en couleur. Au Télégraphe, je ferai des soirées salsa, swing. J’avais pour projet, de récupérer le cinéma Pax, pour en faire un centre Franco-Roumain. Ça ne s’est pas encore fait, mais ça ne m’est pas sorti de la tête. Les Roumains sont trop méconnus. Nous sommes un peuple proche de la terre, des traditions artisanales. J’espère créer ce lien entre la France et la Roumanie.

 

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