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Sarah Lamour - D’un genre à l’autre.

Sarah Lamour - D’un genre à l’autre.

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Le Poisson Belge 28.04 & 29.04 - Espace Comedia - Toulon

« Noir. Respiration sifflante. Soubresauts dans l’eau. Battements de coeur des fonds marins. » Les didascalies de Léonore Confino au début de « Le Poisson Belge ». Après deux résidences pour monter cette pièce à l’Espace des Arts du Pradet et au Liberté Scène Nationale de Toulon, Sarah, co-directrice de la Compagnie L’Etreinte, vous livre Petit Fille et Grande Monsieur, les personnages de son dernier coup de coeur. Plongée dans une mise en scène.

 

Qu’est ce qui t’a fait choisir ce texte ?

Un coup de foudre ! J’étais sur la plage et je l’ai lu trois fois de suite. J’ai eu tout de suite les images, les couleurs, les musiques, les acteurs. Je savais que j’avais trouvé ma création de l’année suivante, car je monte une pièce tous les deux ans. Cela correspond également à une période de ma vie. On y aborde, de façon très fine, le thème du deuil, et je venais d’en vivre un difficile. C’était bien pour moi d’en parler grâce au langage du théâtre. Autre thème, celui du genre. Qu’est-ce qu’être un homme ? Qu’est-ce qu’être une femme ? Ce sont des questionnements très actuels, et ils sont traités de façon très simple et très fine.

Comment as-tu choisi tes acteurs ?

La pièce montre la rencontre entre Petit fille et Grande Monsieur. J’ai choisi Pauline Rollet qui jouait déjà dans ma pièce précédente « Tartuffe » pour incarner Petit Fille. Elle a trente ans mais sait incarner les traits de l’enfance, sans les clichés ridicules, avec une finesse de jeu. On oublie vite que ce n’est pas une enfant. C’est un vrai choix de mise en scène. J’avais envie de travailler avec une adulte, comédienne professionnelle. Pour un acteur, c’est formidable de retrouver en soi les attitudes de l’adolescence, en essayant de ne pas être dans le cliché, de trouver les attitudes physiques, les façons de regarder. Grande Monsieur, c’est Thierry Belnet, qui est dans la région depuis quelques années. Il a énormément de talent. Il exprime un mélange de force, de subtilité, de virilité… Il y a quelques parties chorégraphiées également. Pauline et Thierry ne sont pas des danseurs mais ils abordent très bien le langage du corps. Cette pièce, c’est à la fois un thriller, un conte de fées, et un drame contemporain. C’est intéressant de passer d’un genre à l’autre.

La mise en scène, cette fois-ci, est très éloignée de celle de ta précédente création, « Tartuffe »... « Tartuffe »

était une formidable expérience chorale, collective. Là c’est extrêmement esthétique et très intimiste. J’ai été fortement inspirée par la bande dessinée. J’ai voulu que le plateau ressemble à l’esquisse d’une peinture. J’ai utilisé trois couleurs : le bleu, le noir et le blanc, avec quelques pointes de rouge. Le thème de l’eau est très récurrent. Au fil de la pièce, elle se répand sur le plateau. Au départ, tout est sec. Grande Monsieur mange même des plats lyophilisés ! Au contact de cet enfant, il va se réhydrater. Et on voit l’eau se répandre, par reflets. La scénographie est signée Sonia Mikowsky, avec Nicolas Augias aux lumières. Louis-Emmanuel Blanc, co-directeur de la compagnie, m’assiste sur le côté coaching d’acteur. C’est la réunion de nos deux visions, et la première fois que nous mettons en scène ensemble. Nous avons aussi intégré Isabelle Girod, qui va proposer des créations sonores en direct, avec notamment ces bruits d’eau, qui nous projettent dans l’intimité de cet appartement. On a travaillé autour du jazz également, avec des morceaux de Nina Simone, qui sonnent très juste par rapport à l’ambiance mystérieuse, féérique et sensuelle de cette pièce.

Quelles sont les activités de la compagnie en ce moment ?

Cet été, nous présenterons une création, « On dirait qu’on a vécu » au festival d’Avignon, au théâtre Isle80. Nous proposons toujours nos ateliers et stages à l’année, et tournons les spectacles « Membres », avec nos acteurs, et la lecture « Love Letters ». Vous retrouvez tout cela sur notre site www.letreinte.fr.


Discipline: Articles, Sur les planches,



Catégories : Articles, Sur les planches,

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Le Poisson Belge 28.04 & 29.04 - Espace Comedia - Toulon

« Noir. Respiration sifflante. Soubresauts dans l’eau. Battements de coeur des fonds marins. » Les didascalies de Léonore Confino au début de « Le Poisson Belge ». Après deux résidences pour monter cette pièce à l’Espace des Arts du Pradet et au Liberté Scène Nationale de Toulon, Sarah, co-directrice de la Compagnie L’Etreinte, vous livre Petit Fille et Grande Monsieur, les personnages de son dernier coup de coeur. Plongée dans une mise en scène.

 

Qu’est ce qui t’a fait choisir ce texte ?

Un coup de foudre ! J’étais sur la plage et je l’ai lu trois fois de suite. J’ai eu tout de suite les images, les couleurs, les musiques, les acteurs. Je savais que j’avais trouvé ma création de l’année suivante, car je monte une pièce tous les deux ans. Cela correspond également à une période de ma vie. On y aborde, de façon très fine, le thème du deuil, et je venais d’en vivre un difficile. C’était bien pour moi d’en parler grâce au langage du théâtre. Autre thème, celui du genre. Qu’est-ce qu’être un homme ? Qu’est-ce qu’être une femme ? Ce sont des questionnements très actuels, et ils sont traités de façon très simple et très fine.

Comment as-tu choisi tes acteurs ?

La pièce montre la rencontre entre Petit fille et Grande Monsieur. J’ai choisi Pauline Rollet qui jouait déjà dans ma pièce précédente « Tartuffe » pour incarner Petit Fille. Elle a trente ans mais sait incarner les traits de l’enfance, sans les clichés ridicules, avec une finesse de jeu. On oublie vite que ce n’est pas une enfant. C’est un vrai choix de mise en scène. J’avais envie de travailler avec une adulte, comédienne professionnelle. Pour un acteur, c’est formidable de retrouver en soi les attitudes de l’adolescence, en essayant de ne pas être dans le cliché, de trouver les attitudes physiques, les façons de regarder. Grande Monsieur, c’est Thierry Belnet, qui est dans la région depuis quelques années. Il a énormément de talent. Il exprime un mélange de force, de subtilité, de virilité… Il y a quelques parties chorégraphiées également. Pauline et Thierry ne sont pas des danseurs mais ils abordent très bien le langage du corps. Cette pièce, c’est à la fois un thriller, un conte de fées, et un drame contemporain. C’est intéressant de passer d’un genre à l’autre.

La mise en scène, cette fois-ci, est très éloignée de celle de ta précédente création, « Tartuffe »... « Tartuffe »

était une formidable expérience chorale, collective. Là c’est extrêmement esthétique et très intimiste. J’ai été fortement inspirée par la bande dessinée. J’ai voulu que le plateau ressemble à l’esquisse d’une peinture. J’ai utilisé trois couleurs : le bleu, le noir et le blanc, avec quelques pointes de rouge. Le thème de l’eau est très récurrent. Au fil de la pièce, elle se répand sur le plateau. Au départ, tout est sec. Grande Monsieur mange même des plats lyophilisés ! Au contact de cet enfant, il va se réhydrater. Et on voit l’eau se répandre, par reflets. La scénographie est signée Sonia Mikowsky, avec Nicolas Augias aux lumières. Louis-Emmanuel Blanc, co-directeur de la compagnie, m’assiste sur le côté coaching d’acteur. C’est la réunion de nos deux visions, et la première fois que nous mettons en scène ensemble. Nous avons aussi intégré Isabelle Girod, qui va proposer des créations sonores en direct, avec notamment ces bruits d’eau, qui nous projettent dans l’intimité de cet appartement. On a travaillé autour du jazz également, avec des morceaux de Nina Simone, qui sonnent très juste par rapport à l’ambiance mystérieuse, féérique et sensuelle de cette pièce.

Quelles sont les activités de la compagnie en ce moment ?

Cet été, nous présenterons une création, « On dirait qu’on a vécu » au festival d’Avignon, au théâtre Isle80. Nous proposons toujours nos ateliers et stages à l’année, et tournons les spectacles « Membres », avec nos acteurs, et la lecture « Love Letters ». Vous retrouvez tout cela sur notre site www.letreinte.fr.