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Simon Mimoun - Redécouvrir Boris Vian

Simon Mimoun - Redécouvrir Boris Vian

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29.04 - Debout sur le Zinc chante Vian - Théâtre Jules Verne - Bandol

Debout sur le Zinc est un groupe de rock littéraire composé de six musiciens qui jouent d’une quinzaine d’instruments. C’est à travers des arrangements subtils, des compositions originales, et une mise en scène remplie d’émotions qu’ils nous font redécouvrir l’univers de l’auteur de l’« Ecume des jours ».

Comment le groupe s’est-il formé et a-t-il évolué ?

Le groupe s’est formé il y a vingt-cinq ans. Des sept membres d’origines, il en reste quatre. La musique a évolué avec nos âges, nos centres d’intérêt et l’air du temps tout simplement. Nous avons réalisé essentiellement des albums de compositions. Entre deux albums, il nous arrive souvent de faire des projets annexes, histoire de changer d’air et d’explorer de nouveaux horizons. Mais des projets comme « DSLZ chante Vian » sont assez uniques… C’est la première fois que l’on fait un tribute à un artiste.

Comment ce projet est-il né ?

C’est une commande, car cette année marque le centième anniversaire de la naissance de Boris Vian. Nous sommes amis avec Françoise Canetti, la fille de Jacques Canetti, l’éditeur de Brel, Brassens, Gainsbourg, d’une grande partie de la chanson française... Elle nous a proposé de composer un album à cette occasion, et nous aimions déjà tous le personnage. Un de mes albums de chevet dans mon adolescence était le premier album d’Higelin qui déjà chantait Vian. Boris Vian a écrit six cent chansons, en quatre ans ! Dans ce vaste répertoire, il y avait des chansons que l’on voulait absolument jouer, parce qu’on les écoutait quand on était enfant, dans la voiture de nos parents. Nous avons également eu accès aux archives de Jacques Canetti dans lesquelles nous avons trouvé des chansons et des textes inédits, dont nous avons donc composé la musique.

Vous êtes inspirés par le rock, le blues, le jazz, la musique klezmer… Comment s’articulent ces différents styles ?

Nous avons tous pratiqué ces musiques. Les instruments dont on joue viennent aussi de ces différents horizons. Notre musique est la somme de ces styles, mais elle est aussi plus que cela. Nous ne cherchons pas à les mélanger, ils constituent tout simplement notre son, ce qui le rend unique. Notre musique se savoure en fonction de l’heure, du temps, de l’humeur...

Boris Vian était un musicien et chanteur de jazz. Ici, vous vous appropriez vraiment sa musique...

Nous ne sommes pas un groupe de jazz. Nous nous sommes demandés comment faire vivre les chansons à notre manière, modestement. Sans dire qu’on les modernise, car ce serait faire insulte au jazz, on les réactualise, avec nos propres critères, avec un vent de fraîcheur : nous proposons quelque chose de très respectueux de son oeuvre tout en étant novateur.

Qu’est ce qui vous fascine chez Boris Vian ?

Le fait qu’il n’était pas du tout misogyne était incroyable car à l’époque la misogynie était banalisée. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que c’était un profond pacifiste. Il savait qu’il allait mourir jeune. Ça le mettait hors de lui que l’on mette fin à des vies de manière prématurée, il trouvait cela excessivement injuste. En ce moment, la violence est présente partout. Vian n’aurait pas du tout apprécié cette atmosphère. Il avait beaucoup de recul sur la vie, qu’il pensait précieuse, et détestait toutes les formes de violence.


Discipline: Articles, Musique,



Catégories : Articles, Musique,

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29.04 - Debout sur le Zinc chante Vian - Théâtre Jules Verne - Bandol

Debout sur le Zinc est un groupe de rock littéraire composé de six musiciens qui jouent d’une quinzaine d’instruments. C’est à travers des arrangements subtils, des compositions originales, et une mise en scène remplie d’émotions qu’ils nous font redécouvrir l’univers de l’auteur de l’« Ecume des jours ».

Comment le groupe s’est-il formé et a-t-il évolué ?

Le groupe s’est formé il y a vingt-cinq ans. Des sept membres d’origines, il en reste quatre. La musique a évolué avec nos âges, nos centres d’intérêt et l’air du temps tout simplement. Nous avons réalisé essentiellement des albums de compositions. Entre deux albums, il nous arrive souvent de faire des projets annexes, histoire de changer d’air et d’explorer de nouveaux horizons. Mais des projets comme « DSLZ chante Vian » sont assez uniques… C’est la première fois que l’on fait un tribute à un artiste.

Comment ce projet est-il né ?

C’est une commande, car cette année marque le centième anniversaire de la naissance de Boris Vian. Nous sommes amis avec Françoise Canetti, la fille de Jacques Canetti, l’éditeur de Brel, Brassens, Gainsbourg, d’une grande partie de la chanson française... Elle nous a proposé de composer un album à cette occasion, et nous aimions déjà tous le personnage. Un de mes albums de chevet dans mon adolescence était le premier album d’Higelin qui déjà chantait Vian. Boris Vian a écrit six cent chansons, en quatre ans ! Dans ce vaste répertoire, il y avait des chansons que l’on voulait absolument jouer, parce qu’on les écoutait quand on était enfant, dans la voiture de nos parents. Nous avons également eu accès aux archives de Jacques Canetti dans lesquelles nous avons trouvé des chansons et des textes inédits, dont nous avons donc composé la musique.

Vous êtes inspirés par le rock, le blues, le jazz, la musique klezmer… Comment s’articulent ces différents styles ?

Nous avons tous pratiqué ces musiques. Les instruments dont on joue viennent aussi de ces différents horizons. Notre musique est la somme de ces styles, mais elle est aussi plus que cela. Nous ne cherchons pas à les mélanger, ils constituent tout simplement notre son, ce qui le rend unique. Notre musique se savoure en fonction de l’heure, du temps, de l’humeur...

Boris Vian était un musicien et chanteur de jazz. Ici, vous vous appropriez vraiment sa musique...

Nous ne sommes pas un groupe de jazz. Nous nous sommes demandés comment faire vivre les chansons à notre manière, modestement. Sans dire qu’on les modernise, car ce serait faire insulte au jazz, on les réactualise, avec nos propres critères, avec un vent de fraîcheur : nous proposons quelque chose de très respectueux de son oeuvre tout en étant novateur.

Qu’est ce qui vous fascine chez Boris Vian ?

Le fait qu’il n’était pas du tout misogyne était incroyable car à l’époque la misogynie était banalisée. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que c’était un profond pacifiste. Il savait qu’il allait mourir jeune. Ça le mettait hors de lui que l’on mette fin à des vies de manière prématurée, il trouvait cela excessivement injuste. En ce moment, la violence est présente partout. Vian n’aurait pas du tout apprécié cette atmosphère. Il avait beaucoup de recul sur la vie, qu’il pensait précieuse, et détestait toutes les formes de violence.