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 Volmir Cordeiro:

Volmir Cordeiro: "la littérature m'amène à danser"

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Volmir Cordeiro est un chorégraphe brésilien. Il étudie le théâtre dans son pays natal avant de venir en France en 2011, où il intègre le Centre national d’art contemporain d’Angers. Il se joint cette année au Festival Constellations en tant qu’artiste associé. A cette occasion, il présente deux solos. 

 

En tant qu’artiste associé du Festival Constellations, vous présentez deux projets : Rue et Ciel. Y’a-t-il une cohésion ou bien des divergences entre les deux ?
Ciel est le premier solo que j’ai réalisé en 2012, dans le cadre de mon master à Angers. Puis, j’en ai fait un deuxième, Inès. Par la suite, j’ai travaillé sur le solo Rue. J’ai conçu ces trois solos comme une sorte de triptyque initial qui a lancé le début de ma recherche chorégraphique. Cela m’a permis de développer des outils de travail et de commencer à faire des pièces de groupe. Ciel et Rue sont vraiment connectés pour moi, car ils m’ont aidé à construire une pensée singulière. Pourtant, d’un côté symbolique, Ciel est un solo très aérien sur la suspension du corps alors que Rue est au contraire plus pesant et lié au sol, à la terre. Le rapport au public est aussi très différent. Rue était une commande du Louvre pour une performance à l’intérieur du musée. Le solo a donc été conçu au départ dans le musée mais il est adaptable. A chaque fois, la performance se place différemment selon l’endroit où je la joue. Pour Ciel, en revanche, je ne fais jamais de concession et il y a toujours un rapport très frontal avec le public. Le spectateur est dans l’observation alors que dans Rue, il est plus plus impliqué.


Il vous arrive donc de jouer « Rue » au contact des passants, dans la rue ?
Totalement. Dans la rue, sur des parkings, dans une chapelle désaffectée, sur des places mais aussi au Musée Georges Pompidou... C’est un solo que j’aime adapter différemment puisqu’il a été conçu avec cette pensée là. Dans Rue, le public est primordial et devient matière. Ce qui m’intéresse, c’est ce que ça génère. Je veux voir comment les gens se rassemblent, se divisent, sont écartés par mes danses selon mes positions et celles du percussionniste qui m’accompagne. Le public est concerné car c’est une histoire de partage d’espace.


Vous avez étudié le théâtre avant de vous tourner vers la danse. Est-ce que vous diriez que ce parcours théâtral vous aide, aujourd’hui, à élaborer vos performances ?
Complètement. C’était une bonne formation de base, déjà très physique et investie corporellement, même si on travaillait plus sur le texte. Le rapport à la parole dans mes créations est très présent et représentatif de cette notion théâtrale. Cela peut s’exprimer par des chuchotements et des cris ou bien carrément du texte, comme dans Rue, où je prononce des poèmes de Bertold Brecht au milieu de la pièce. La source de mes danses vient du texte : c’est la littérature qui m’amène à danser. Je pense que c’est un héritage de mes expériences théâtrales.


Vous travaillez actuellement sur une thèse portant sur les figures de la marginalité dans la danse contemporaine. Qu’est-ce qui vous a mené à travailler sur ce sujet ?
Dès ma création de Ciel, j’ai commencé à développer une réflexion sur les gestes des personnes en marge comme les mendiants, les prostituées, les fous... A partir de là, je me suis questionné sur le processus d’hybridation de ces corps, c’est-à-dire comment danser, par exemple, avec les jambes d’une prostituée ou les bras d’un mendiant. Je me suis mis à mélanger les références gestuelles, à inventer des corps et leur trouver des histoires. J’ai élaboré le projet de thèse en parallèle. C’est donc à partir de ma création que je me suis intéressé à une recherche plus théorique. Ce n’est pas une thèse seulement savante puisqu’elle m’aide aussi dans la pratique. Je veux voir comment la danse que je crée se rapproche des corps marginaux. J’aimerais qu’elle se connecte avec cette parcelle d’humanité, ces personnes dévalorisées. Maya Trufaut

 

Il sera présent le 15 septembre à 19:30 à la Tour Royale pour son spectacle "Rue"
il sera également le 16 septembre à 17:00 à l'Ecole Supérieure d'Art et de Design TPM pour son numéro "Ciel".

 

Vous pouvez visiter ici son site web.

 

Téléchargez Cité des Arts hors-série spécial Constellations


Discipline: Articles, Sur les planches, Initiatives, Événements,

Ville: Toulon

Date: 15 septembre 2018.

Date de fin: 16 septembre 2018.



Catégories : Articles, Sur les planches, Initiatives, Événements,

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Volmir Cordeiro est un chorégraphe brésilien. Il étudie le théâtre dans son pays natal avant de venir en France en 2011, où il intègre le Centre national d’art contemporain d’Angers. Il se joint cette année au Festival Constellations en tant qu’artiste associé. A cette occasion, il présente deux solos. 

 

En tant qu’artiste associé du Festival Constellations, vous présentez deux projets : Rue et Ciel. Y’a-t-il une cohésion ou bien des divergences entre les deux ?
Ciel est le premier solo que j’ai réalisé en 2012, dans le cadre de mon master à Angers. Puis, j’en ai fait un deuxième, Inès. Par la suite, j’ai travaillé sur le solo Rue. J’ai conçu ces trois solos comme une sorte de triptyque initial qui a lancé le début de ma recherche chorégraphique. Cela m’a permis de développer des outils de travail et de commencer à faire des pièces de groupe. Ciel et Rue sont vraiment connectés pour moi, car ils m’ont aidé à construire une pensée singulière. Pourtant, d’un côté symbolique, Ciel est un solo très aérien sur la suspension du corps alors que Rue est au contraire plus pesant et lié au sol, à la terre. Le rapport au public est aussi très différent. Rue était une commande du Louvre pour une performance à l’intérieur du musée. Le solo a donc été conçu au départ dans le musée mais il est adaptable. A chaque fois, la performance se place différemment selon l’endroit où je la joue. Pour Ciel, en revanche, je ne fais jamais de concession et il y a toujours un rapport très frontal avec le public. Le spectateur est dans l’observation alors que dans Rue, il est plus plus impliqué.


Il vous arrive donc de jouer « Rue » au contact des passants, dans la rue ?
Totalement. Dans la rue, sur des parkings, dans une chapelle désaffectée, sur des places mais aussi au Musée Georges Pompidou... C’est un solo que j’aime adapter différemment puisqu’il a été conçu avec cette pensée là. Dans Rue, le public est primordial et devient matière. Ce qui m’intéresse, c’est ce que ça génère. Je veux voir comment les gens se rassemblent, se divisent, sont écartés par mes danses selon mes positions et celles du percussionniste qui m’accompagne. Le public est concerné car c’est une histoire de partage d’espace.


Vous avez étudié le théâtre avant de vous tourner vers la danse. Est-ce que vous diriez que ce parcours théâtral vous aide, aujourd’hui, à élaborer vos performances ?
Complètement. C’était une bonne formation de base, déjà très physique et investie corporellement, même si on travaillait plus sur le texte. Le rapport à la parole dans mes créations est très présent et représentatif de cette notion théâtrale. Cela peut s’exprimer par des chuchotements et des cris ou bien carrément du texte, comme dans Rue, où je prononce des poèmes de Bertold Brecht au milieu de la pièce. La source de mes danses vient du texte : c’est la littérature qui m’amène à danser. Je pense que c’est un héritage de mes expériences théâtrales.


Vous travaillez actuellement sur une thèse portant sur les figures de la marginalité dans la danse contemporaine. Qu’est-ce qui vous a mené à travailler sur ce sujet ?
Dès ma création de Ciel, j’ai commencé à développer une réflexion sur les gestes des personnes en marge comme les mendiants, les prostituées, les fous... A partir de là, je me suis questionné sur le processus d’hybridation de ces corps, c’est-à-dire comment danser, par exemple, avec les jambes d’une prostituée ou les bras d’un mendiant. Je me suis mis à mélanger les références gestuelles, à inventer des corps et leur trouver des histoires. J’ai élaboré le projet de thèse en parallèle. C’est donc à partir de ma création que je me suis intéressé à une recherche plus théorique. Ce n’est pas une thèse seulement savante puisqu’elle m’aide aussi dans la pratique. Je veux voir comment la danse que je crée se rapproche des corps marginaux. J’aimerais qu’elle se connecte avec cette parcelle d’humanité, ces personnes dévalorisées. Maya Trufaut

 

Il sera présent le 15 septembre à 19:30 à la Tour Royale pour son spectacle "Rue"
il sera également le 16 septembre à 17:00 à l'Ecole Supérieure d'Art et de Design TPM pour son numéro "Ciel".

 

Vous pouvez visiter ici son site web.

 

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