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William Simpson - Tout l'art de Game of Thrones. William Simpson - Tout l'art de Game of Thrones.
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William Simpson - Tout l'art de Game of Thrones. William Simpson - Tout l'art de Game of Thrones.

William Simpson - Tout l'art de Game of Thrones.

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Game of Thrones - Les storyboards

Nous avons rencontré William sur le stand de notre partenaire la Librairie Falba à la Fête du Livre du Var. Après une brillante carrière dans la BD, notamment pour Marvel et DC Comics, il s’est intéressé à la réalisation de storyboard. Pendant huit ans, il a créé l’univers visuel et pensé de nombreuses scènes de la mythique série Game of Thrones.

 

Pourquoi cette décision en 2000 de passer des Comics au storyboard…

C’était plutôt un accident. Il y a longtemps, à Londres, j’ai rencontré un type qui m’a proposé de travailler sur le storyboard d’un film. Je me suis dit que ce ne devait pas être très compliqué, et j’ai accepté. C’était donc une opportunité, et le besoin d’argent aussi (rires). En fait, j’ai continué à travailler dans la bande-dessinée, notamment dans la société que j’ai avec mon frère : Rogue Rocket.

Quelles sont les différences entre les deux disciplines ?

La page d’un comic book est une oeuvre finie. On s’interroge sur la structure de la page, l’impact que l’on souhaite mettre dans notre dessin, et à la fin cela donne une oeuvre complète. Dans un storyboard, chaque case est de la même taille, elle représente l’écran. On ne travaille pas sur toutes les scènes, uniquement celles qui paraissent compliquées au réalisateur. Il faut aussi penser à l’endroit où la caméra va être placée. Mais c’est un travail qui n’est pas fini, et qui ne le sera qu’une fois porté à l’écran.

En quoi le storyboarder influence-t-il la production ?

Chacun a sa propre façon de raconter des histoires. Vous faites faire d’importants économies à la production. Vous réfléchissez aux façons de rendre votre histoire plus dramatique, mais sur papier, avant que tout le monde aille sur le set ! Et c’est un confort pour le réalisateur, il sait qu’il peut s’en écarter mais quand il le souhaite il peut y revenir facilement. Le storyboarder doit trouver à l’avance la meilleure façon de porter le script à l’écran.

Vous donnez beaucoup d’expressions aux personnages dans vos storyboards, c’est la façon habituelle de travailler ?

Tout ce qui a trait aux expressions m’importe. J’essaie de raconter une histoire, donc de mettre le plus d’informations possible dans mon dessin. Certains considèrent qu’il suffit simplement de placer les personnages. Mais si vous voulez réellement inspirer ceux qui vont regarder, vous devez mettre tout ce que vous pouvez dans votre dessin.

Au départ, vous ne saviez pas sur quel projet on vous demandait de travailler, mais avez-vous senti que la série allait avoir un tel succès ?

Au départ, j’ai fait ce que l’on m’a demandé, en prenant du plaisir à travailler sur ce type d’univers. Puis on m’a dit que ça avait été réalisé et on m’a demandé de travailler sur l’univers de la série : les armes, les armures, les marcheurs blancs… J’étais l’artiste de la série : mon travail est devenu la base de ce que l’on a vu plus tard à l’écran. J’ai travaillé sur le pilote, qui n’a jamais été vu, mais a posé les bases du premier épisode et de la première saison. A la fin de la première saison, on s’est dit qu’on s’était bien amusé, que c’était fou, et génial ! Quand j’ai vu le premier teaser de vingt minutes en ligne, j’ai réalisé que tout mon travail y était, notamment cette première scène avec les Marcheurs Blancs. Ça aurait tout aussi bien pu être un échec, mais il y avait une équipe brillante derrière, et de très bons jeunes acteurs.

Quels étaient vos personnages préférés à dessiner ?

Mes personnages préférés dans la série sont Tyrion et Daenerys. Je les trouve fun à dessiner, et peux investir beaucoup d’émotions en eux. Mais le but est que vous vous investissiez de la même façon dans chacun des personnages. Vous essayez de dessiner le mieux possible ce que vous avez à dessiner : un dragon, un bateau, Jaime Lannister qui perd sa main…Et aussi à la place des caméras et à vos interactions avec les différents réalisateurs.


Discipline: Articles, Arts graphiques,



Catégories : Articles, Arts graphiques,

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Game of Thrones - Les storyboards

Nous avons rencontré William sur le stand de notre partenaire la Librairie Falba à la Fête du Livre du Var. Après une brillante carrière dans la BD, notamment pour Marvel et DC Comics, il s’est intéressé à la réalisation de storyboard. Pendant huit ans, il a créé l’univers visuel et pensé de nombreuses scènes de la mythique série Game of Thrones.

 

Pourquoi cette décision en 2000 de passer des Comics au storyboard…

C’était plutôt un accident. Il y a longtemps, à Londres, j’ai rencontré un type qui m’a proposé de travailler sur le storyboard d’un film. Je me suis dit que ce ne devait pas être très compliqué, et j’ai accepté. C’était donc une opportunité, et le besoin d’argent aussi (rires). En fait, j’ai continué à travailler dans la bande-dessinée, notamment dans la société que j’ai avec mon frère : Rogue Rocket.

Quelles sont les différences entre les deux disciplines ?

La page d’un comic book est une oeuvre finie. On s’interroge sur la structure de la page, l’impact que l’on souhaite mettre dans notre dessin, et à la fin cela donne une oeuvre complète. Dans un storyboard, chaque case est de la même taille, elle représente l’écran. On ne travaille pas sur toutes les scènes, uniquement celles qui paraissent compliquées au réalisateur. Il faut aussi penser à l’endroit où la caméra va être placée. Mais c’est un travail qui n’est pas fini, et qui ne le sera qu’une fois porté à l’écran.

En quoi le storyboarder influence-t-il la production ?

Chacun a sa propre façon de raconter des histoires. Vous faites faire d’importants économies à la production. Vous réfléchissez aux façons de rendre votre histoire plus dramatique, mais sur papier, avant que tout le monde aille sur le set ! Et c’est un confort pour le réalisateur, il sait qu’il peut s’en écarter mais quand il le souhaite il peut y revenir facilement. Le storyboarder doit trouver à l’avance la meilleure façon de porter le script à l’écran.

Vous donnez beaucoup d’expressions aux personnages dans vos storyboards, c’est la façon habituelle de travailler ?

Tout ce qui a trait aux expressions m’importe. J’essaie de raconter une histoire, donc de mettre le plus d’informations possible dans mon dessin. Certains considèrent qu’il suffit simplement de placer les personnages. Mais si vous voulez réellement inspirer ceux qui vont regarder, vous devez mettre tout ce que vous pouvez dans votre dessin.

Au départ, vous ne saviez pas sur quel projet on vous demandait de travailler, mais avez-vous senti que la série allait avoir un tel succès ?

Au départ, j’ai fait ce que l’on m’a demandé, en prenant du plaisir à travailler sur ce type d’univers. Puis on m’a dit que ça avait été réalisé et on m’a demandé de travailler sur l’univers de la série : les armes, les armures, les marcheurs blancs… J’étais l’artiste de la série : mon travail est devenu la base de ce que l’on a vu plus tard à l’écran. J’ai travaillé sur le pilote, qui n’a jamais été vu, mais a posé les bases du premier épisode et de la première saison. A la fin de la première saison, on s’est dit qu’on s’était bien amusé, que c’était fou, et génial ! Quand j’ai vu le premier teaser de vingt minutes en ligne, j’ai réalisé que tout mon travail y était, notamment cette première scène avec les Marcheurs Blancs. Ça aurait tout aussi bien pu être un échec, mais il y avait une équipe brillante derrière, et de très bons jeunes acteurs.

Quels étaient vos personnages préférés à dessiner ?

Mes personnages préférés dans la série sont Tyrion et Daenerys. Je les trouve fun à dessiner, et peux investir beaucoup d’émotions en eux. Mais le but est que vous vous investissiez de la même façon dans chacun des personnages. Vous essayez de dessiner le mieux possible ce que vous avez à dessiner : un dragon, un bateau, Jaime Lannister qui perd sa main…Et aussi à la place des caméras et à vos interactions avec les différents réalisateurs.