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Yves Jamait - Théâtre Marelios - 20h30

Yves Jamait - Théâtre Marelios - 20h30

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Le groupe dijonnais Jamait libère sur scène une énergie poétique et réaliste servie par une musique tantôt java, rock ou musette. Ils sont pour deux semaines à Paris.

Le groupe dégage un tel enthousiasme sur scène que l'on peine à croire qu'il ne compte derrière lui que quatre petites années d'existence. Et pourtant : en 1997, Yves Jamait, ancien tourneur- fraiseur, monte un premier groupe au nom de " De verre en vers " avec un pote d'usine, le bassiste Marc Descloitres au look gothique, et un guitariste professionnel, Laurent Delort. Un trio donc jusqu'à l'arrivée, peu après, du batteur Hervé Faisandaz (qui, soit dit en passant, n'excelle pas par sa finesse) et celle de l'excellent accordéoniste Christophe Marozzi. Avec une basse, une batterie, un accordéon et une guitare, le groupe trouve son équilibre et prend le nom du chanteur : Jamait. Sur la petite scène du Méry, à Paris, l'ambiance est à l'intimité : une vielle lampe de salon orangé posée sur une petite table ronde en bois, une chaise et une loupiote à côté de chaque musicien. Lorsqu'il entre dans ce décor, le chanteur Yves Jamait, la quarantaine, assure une présence indéniable. Avec un air à la Gainsbourg, oreilles décollées et casquette irlandaise sur la tête, il interprète le prolo parisien endimanché, costume noir à rayures et bretelles. Ce petit gavroche n'a pas la voix dans sa poche. Dès les premières chansons, sa voix rauque et éraillée se détache et prend du large sur la musique. Son goût pour le théâtre ne passe pas inaperçu. Un brin canaille et effronté, Yves Jamait joue sur scène, danse, mime les histoires qu'il raconte, bref il y croit et nous aussi. Toute la mise en scène a d'ailleurs été soigneusement réfléchie à l'aide du comédien et metteur en scène Didier Grebot. Les textes parfois très romantiques, avec des histoires d'amour tristes et drôles à la fois, parfois plus révoltés, évoquent les tourments de la vie et ses petits moments de bonheur au bal ou au bistrot. Les chansons oscillent entre textes légers, que la musique sert fort bien, et textes plus violents, plus tourmentés, qui font oublier le reste comme ce Dimanche à la gueule moche. La Fleur de l'âge rappelle dès les premières notes un air connu, celui des Copains d'abord de Brassens. Mais le sujet de la chanson est tout autre. Rassurant la femme d'âge mûre qui doute de ses charmes, il lui dit ceci : " Ne cherche pas à vouloir arrêter le temps, j'aime la beauté dont il te pare et dont je suis l'amant. " Dans un registre plus " lutte des classes ", Jamait parle de son expérience vécue à l'usine, avec un relent de révolte et d'injustice : " Il a les fringues toujours impec / Les mains propres et jamais tachées / Moi, mes paluches, je bosse avec / Et mes neurones sont élimés / Combien de temps va-t-on encore se laisser faire /Combien de temps encore, sans rien faire ? " Une autre chanson raconte " l'histoire d'un copain qu'on n'a pas vu depuis longtemps et, peu à peu, on s'aperçoit qu'il est très con. Ça arrive. " " Il pourrait s'appeler par exemple Ernest ou Antoine, au hasard ", dit-il, ironique. Dans la salle, explosion de rire. Visiblement le courant passe. Avec tout ça, Yves Jamait a beau dire qu'il n'est " pas un chanteur engagé ", on n'y croit pas une seconde. Pour l'accompagner et selon l'humeur, valse musette, swing, java et rock. Depuis quelques années, ils enchaînent les festivals et des premières parties : les Têtes Raides, Renaud, Thomas Fersen, Mano Solo et d'autres. Un CD sorti en juin 2003, intitulé comme leur premier nom de groupe De verre en vers, rassemble la plupart de leurs chansons et tout cela valait bien deux semaines à eux tous seuls dans une salle parisienne. Ixchel Delaporte Jusqu'au 14 mars au théâtre Le Méry, 7, place Clichy, Paris (17e). Infos : 01 45 22 03 06. CD De verre en vers, 2003, chez Créon Music - EMI.


https://www.humanite.fr/node/301880


Discipline: Agenda, Musique,

Ville: La Valette-du-Var

Date: 13 mars 2021.



Catégories : Agenda, Musique,

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Le groupe dijonnais Jamait libère sur scène une énergie poétique et réaliste servie par une musique tantôt java, rock ou musette. Ils sont pour deux semaines à Paris. Le groupe dégage un tel enthousiasme sur scène que l'on peine à croire qu'il ne compte derrière lui que quatre petites années d'existence. Et pourtant : en 1997, Yves Jamait, ancien tourneur- fraiseur, monte un premier groupe au nom de " De verre en vers " avec un pote d'usine, le bassiste Marc Descloitres au look gothique, et un guitariste professionnel, Laurent Delort. Un trio donc jusqu'à l'arrivée, peu après, du batteur Hervé Faisandaz (qui, soit dit en passant, n'excelle pas par sa finesse) et celle de l'excellent accordéoniste Christophe Marozzi. Avec une basse, une batterie, un accordéon et une guitare, le groupe trouve son équilibre et prend le nom du chanteur : Jamait. Sur la petite scène du Méry, à Paris, l'ambiance est à l'intimité : une vielle lampe de salon orangé posée sur une petite table ronde en bois, une chaise et une loupiote à côté de chaque musicien. Lorsqu'il entre dans ce décor, le chanteur Yves Jamait, la quarantaine, assure une présence indéniable. Avec un air à la Gainsbourg, oreilles décollées et casquette irlandaise sur la tête, il interprète le prolo parisien endimanché, costume noir à rayures et bretelles. Ce petit gavroche n'a pas la voix dans sa poche. Dès les premières chansons, sa voix rauque et éraillée se détache et prend du large sur la musique. Son goût pour le théâtre ne passe pas inaperçu. Un brin canaille et effronté, Yves Jamait joue sur scène, danse, mime les histoires qu'il raconte, bref il y croit et nous aussi. Toute la mise en scène a d'ailleurs été soigneusement réfléchie à l'aide du comédien et metteur en scène Didier Grebot. Les textes parfois très romantiques, avec des histoires d'amour tristes et drôles à la fois, parfois plus révoltés, évoquent les tourments de la vie et ses petits moments de bonheur au bal ou au bistrot. Les chansons oscillent entre textes légers, que la musique sert fort bien, et textes plus violents, plus tourmentés, qui font oublier le reste comme ce Dimanche à la gueule moche. La Fleur de l'âge rappelle dès les premières notes un air connu, celui des Copains d'abord de Brassens. Mais le sujet de la chanson est tout autre. Rassurant la femme d'âge mûre qui doute de ses charmes, il lui dit ceci : " Ne cherche pas à vouloir arrêter le temps, j'aime la beauté dont il te pare et dont je suis l'amant. " Dans un registre plus " lutte des classes ", Jamait parle de son expérience vécue à l'usine, avec un relent de révolte et d'injustice : " Il a les fringues toujours impec / Les mains propres et jamais tachées / Moi, mes paluches, je bosse avec / Et mes neurones sont élimés / Combien de temps va-t-on encore se laisser faire /Combien de temps encore, sans rien faire ? " Une autre chanson raconte " l'histoire d'un copain qu'on n'a pas vu depuis longtemps et, peu à peu, on s'aperçoit qu'il est très con. Ça arrive. " " Il pourrait s'appeler par exemple Ernest ou Antoine, au hasard ", dit-il, ironique. Dans la salle, explosion de rire. Visiblement le courant passe. Avec tout ça, Yves Jamait a beau dire qu'il n'est " pas un chanteur engagé ", on n'y croit pas une seconde. Pour l'accompagner et selon l'humeur, valse musette, swing, java et rock. Depuis quelques années, ils enchaînent les festivals et des premières parties : les Têtes Raides, Renaud, Thomas Fersen, Mano Solo et d'autres. Un CD sorti en juin 2003, intitulé comme leur premier nom de groupe De verre en vers, rassemble la plupart de leurs chansons et tout cela valait bien deux semaines à eux tous seuls dans une salle parisienne. Ixchel Delaporte Jusqu'au 14 mars au théâtre Le Méry, 7, place Clichy, Paris (17e). Infos : 01 45 22 03 06. CD De verre en vers, 2003, chez Créon Music - EMI. https://www.humanite.fr/node/301880