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Yvon Lemoine, voyage sur le Styx à l’Abbaye de la Celle. Yvon Lemoine, voyage sur le Styx à l’Abbaye de la Celle.
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Yvon Lemoine, voyage sur le Styx à l’Abbaye de la Celle.

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Voyage sur le Styx - jusqu’au 16 septembre - Abbaye de la Celle

 

Yvon est archéologue, responsable de l’espace de valorisation du patrimoine qu’est l’Abbaye de la Celle. C’est un archéologue antiquisant spécialiste de la sculpture romaine et qui fut gestionnaire des collections archéologiques départementales pendant dix ans. Il nous fait découvrir cette exposition d’objets funéraires de la région.

 

 

Pourquoi avoir choisi l’angle funéraire pour mettre en avant les vestiges romains de notre département ?

 

Notre idée est de présenter chaque année une exposition inédite. En 2016 nous étions dans l’eau, 2017 dans l’air, là, nous sommes en terre, et en 2019 nous serons dans le feu. Je suis co-commissaire de l’exposition qui a été conçue avec Chérine Gébara, qui, dans les années 80, a réalisé, avec son équipe, les fouilles à Fréjus de la plupart des objets présentés.

 

 

Quelles sont les pièces notables ?


Nous présentons les plus beaux morceaux choisis d’œuvres antiques trouvées dans le Var. Ils sont prêtés par les villes de Toulon et Draguignan, le Musée Granet d’Aix en Provence, le Ministère de la culture, et le Service Régional d’Archéologie de la Drac Paca. Ils proviennent du Forum Julii, ancien nom de Fréjus, chef-lieu de l’époque, du Forum Voconii (le Cannet de Maures) et de Matavo (Cabasse). Ces villes étaient en ce temps-là des stations sur la route principale de l’époque, la Via Aurelia. Fréjus était un port de guerre et de commerce important. On importait de l’huile d’olive de Tunisie et d’Espagne, du vin italien, du garum (huile de poisson salée) … Il y avait deux nécropoles à Fréjus, et des cimetières au Cannet et à Cabasse. Dans la mythologie on traversait le Styx, fleuve des enfers, qui allait jusqu’aux Champs Elysées, la demeure de Pluton, en s’acquittant d’un droit de péage à Charron avec une obole dans la bouche. Nous présentons la dépouille de la Grande Coquette, avec des offrandes des familles, dont des miroirs, qui montrent le quotidien de la vie d’un romain. Aux premier et deuxième siècles, on brulait les morts, à partir du troisième, on les inhume. Une des pièces principales est une urne en marbre vert, découverte en 1620 à Brignoles, offerte par Gaius à sa fille. Les familles, à l’époque recyclaient les amphores pour en faire des sépultures. J’ai ce coup de cœur pour le couteau : un objet provenant de la nécropole des Termes au Cannet, découvert en 2008. Il fait sept centimètres de long, a un manche sculpté dans un os des pattes du bœuf, présentant le portrait d’un homme, une lame en fer, et une virole en bronze. Il date du deuxième siècle après JC, et était dans la même tombe qu’un lot de jetons d’un jeu ancêtre du backgammon, en os, ce qui indique qu’il appartenait à une personne de la haute société. Nous avons aussi un superbe masque acrotère funéraire, qui devait chasser les esprits malfaisants, et gisait au-dessus d’un mausolée tour de quinze mètres de haut. Cela témoigne de la hiérarchie de l’époque : ceux qui finissent dans une amphore, et ceux dont un bloc de cinq cent kilos n’est qu’une toute petite partie de la sépulture.

 


Comment évoluent les fouilles de l’Abbaye de la Celle ?


La fouille actuelle porte sur 250 m2 au sol sur environ cinq mètres de profondeur. Elle est réalisée par les archéologues du Département du Var et s’achèvera fin juillet. Ensuite, nous allons rénover et construire, jusqu’en 2021 pour permettre de retrouver le bâtiment à l’identique des volumes médiévaux. L’architecture était belle, ouverte, baignée de lumière. Nous trouvons beaucoup de tombes de nonnes. Elles avaient fait vœu de pauvreté, et avaient uniquement un pegau pour manger et boire, et leur tenue. Nous avons un bon retour du public, il y a peu de musées archéologiques dans le secteur. La configuration de l’abbaye d’aujourd’hui n’est visible que depuis 2016. En 2010, nous avions 5000 visiteurs par an et en 2017, 23000 entre mai et octobre. Nous montrons des expositions d’archéologie au printemps et en été, et d’art contemporain en automne, avec des pièces prêtées par l’Hôtel des Arts. L’Abbaye, propriété du Département, propose un accès gratuit à la culture toute l’année. Le programme est réalisé en collaboration avec les Compagnons de Castellane.


Discipline: Articles, Événements,



Catégories : Articles, Événements,

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Voyage sur le Styx - jusqu’au 16 septembre - Abbaye de la Celle

 

Yvon est archéologue, responsable de l’espace de valorisation du patrimoine qu’est l’Abbaye de la Celle. C’est un archéologue antiquisant spécialiste de la sculpture romaine et qui fut gestionnaire des collections archéologiques départementales pendant dix ans. Il nous fait découvrir cette exposition d’objets funéraires de la région.

 

 

Pourquoi avoir choisi l’angle funéraire pour mettre en avant les vestiges romains de notre département ?

 

Notre idée est de présenter chaque année une exposition inédite. En 2016 nous étions dans l’eau, 2017 dans l’air, là, nous sommes en terre, et en 2019 nous serons dans le feu. Je suis co-commissaire de l’exposition qui a été conçue avec Chérine Gébara, qui, dans les années 80, a réalisé, avec son équipe, les fouilles à Fréjus de la plupart des objets présentés.

 

 

Quelles sont les pièces notables ?


Nous présentons les plus beaux morceaux choisis d’œuvres antiques trouvées dans le Var. Ils sont prêtés par les villes de Toulon et Draguignan, le Musée Granet d’Aix en Provence, le Ministère de la culture, et le Service Régional d’Archéologie de la Drac Paca. Ils proviennent du Forum Julii, ancien nom de Fréjus, chef-lieu de l’époque, du Forum Voconii (le Cannet de Maures) et de Matavo (Cabasse). Ces villes étaient en ce temps-là des stations sur la route principale de l’époque, la Via Aurelia. Fréjus était un port de guerre et de commerce important. On importait de l’huile d’olive de Tunisie et d’Espagne, du vin italien, du garum (huile de poisson salée) … Il y avait deux nécropoles à Fréjus, et des cimetières au Cannet et à Cabasse. Dans la mythologie on traversait le Styx, fleuve des enfers, qui allait jusqu’aux Champs Elysées, la demeure de Pluton, en s’acquittant d’un droit de péage à Charron avec une obole dans la bouche. Nous présentons la dépouille de la Grande Coquette, avec des offrandes des familles, dont des miroirs, qui montrent le quotidien de la vie d’un romain. Aux premier et deuxième siècles, on brulait les morts, à partir du troisième, on les inhume. Une des pièces principales est une urne en marbre vert, découverte en 1620 à Brignoles, offerte par Gaius à sa fille. Les familles, à l’époque recyclaient les amphores pour en faire des sépultures. J’ai ce coup de cœur pour le couteau : un objet provenant de la nécropole des Termes au Cannet, découvert en 2008. Il fait sept centimètres de long, a un manche sculpté dans un os des pattes du bœuf, présentant le portrait d’un homme, une lame en fer, et une virole en bronze. Il date du deuxième siècle après JC, et était dans la même tombe qu’un lot de jetons d’un jeu ancêtre du backgammon, en os, ce qui indique qu’il appartenait à une personne de la haute société. Nous avons aussi un superbe masque acrotère funéraire, qui devait chasser les esprits malfaisants, et gisait au-dessus d’un mausolée tour de quinze mètres de haut. Cela témoigne de la hiérarchie de l’époque : ceux qui finissent dans une amphore, et ceux dont un bloc de cinq cent kilos n’est qu’une toute petite partie de la sépulture.

 


Comment évoluent les fouilles de l’Abbaye de la Celle ?


La fouille actuelle porte sur 250 m2 au sol sur environ cinq mètres de profondeur. Elle est réalisée par les archéologues du Département du Var et s’achèvera fin juillet. Ensuite, nous allons rénover et construire, jusqu’en 2021 pour permettre de retrouver le bâtiment à l’identique des volumes médiévaux. L’architecture était belle, ouverte, baignée de lumière. Nous trouvons beaucoup de tombes de nonnes. Elles avaient fait vœu de pauvreté, et avaient uniquement un pegau pour manger et boire, et leur tenue. Nous avons un bon retour du public, il y a peu de musées archéologiques dans le secteur. La configuration de l’abbaye d’aujourd’hui n’est visible que depuis 2016. En 2010, nous avions 5000 visiteurs par an et en 2017, 23000 entre mai et octobre. Nous montrons des expositions d’archéologie au printemps et en été, et d’art contemporain en automne, avec des pièces prêtées par l’Hôtel des Arts. L’Abbaye, propriété du Département, propose un accès gratuit à la culture toute l’année. Le programme est réalisé en collaboration avec les Compagnons de Castellane.